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Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis

l'esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées

L'homme OCCIDENTAL

«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG

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    La querelle de l'athéisme : Michel Onfray avec esprit ? | 18 janvier 2006

    Le récent "Traité d'athéologie" de Michel Onfray a connu un fort succès médiatique et soulevé une sorte de "polémique", entrainant notamment la publication en réaction de deux ouvrages prenant la "défense" du christianisme et des religions monothéistes en général : "Dieu avec esprit" par Irène Fernandez, et "Anti-traité d'athéologie" par Mathieu X (j'ai oublié son nom, peu importe d'ailleurs). Mon but n'est pas ici de m'attarder outre mesure ni au livre d'Onfray, qui comme toutes les "productions intellectuelles" de ce monsieur vole assez bas, ni aux deux livres en réaction, certes un peu plus intelligents et surtout un peu moins "convenus", mais entachés par le point de vue réactif de leurs auteurs, ainsi bien sûr que par leur caractère apologétique. Il est quand même assez ahurissant que les "croyants" de diverses obédiences n'aient pas assez de "force d'âme" (et pourtant, quand on a son "Dieu" avec soi, on devrait être paré pour toute épreuve !) pour rester "impassibles" devant les attaques dont ils sont l'objet : je croyais que l'impassibilité était une vertu chrétienne cardinale, voir à ce sujet les légendes hagiographiques à propos des premiers martyrs ("martyr" = témoin) ainsi que la "Philocalie" des orthodoxes.

    Depuis 4 ou 5 siècles , en Occident en tout cas, les rôles se sont inversés, la philosophie n'est décidément plus la servante de la théologie, et la Foi court après la Raison dans le but de grapiller quelques miettes de "reconnaissance". Mais les "hommes de Dieu" devraient quand même garder un peu de dignité ... enfin moi ce que j'en dis !

    Il faut toutefois reconnaitre à nos amis chrétiens, et notamment catholiques, qu'ils se trouvent dans une situation assez embarrassante et humiliante, qui explique et peut être "excuse" (bien que je pratique très peu la moderne "culture de l'excuse") bien des maladresses : alors que l'Eglise depuis les années 60 et Vatican 2 a fait d'énormes efforts de "modernisation" , dans le but de se rendre "sympa" et d'éviter de passer pour "ringarde", alors surtout que l'Islam , lui,  refuse énergiquement la moindre concession à l'esprit démocratique et "pluraliste" du Temps, continuant de se proclamer "seule religion agréée par Dieu pour toute l'humanité", c'est bien contre le christianisme, et surtout le catholicisme, que les petits soldats du genre Onfray, ou, au niveau bien en dessous, les chansonniers et animateurs de plateaux télés comme Baffie ou les "gignols de l'Info", tirent à boulets rouge. Pas un mot contre l'Islam, ou si peu ! c'est d'ailleurs là l'un des reproches les plus fondés du livre d'Irène Fernandez (bien que cela doive se lire en pointillé par crainte du "politiquement incorrect" qui comme on le sait , de nos jours, a pris la place du ridicule et tue bel et bien).

    L'autre reproche bien fondé , commun aux deux livres, consiste à pointer l'extrême indigence intellectuelle et humaine de "l'athéisme" d'Onfray, et plus généralement de tout ce qui se donne de nos jours pour "athée" ou "agnostique" , et qui se borne généralement à vanter les valeurs de "tolérance", de pluralisme démocratique, et d'hédonisme : on a là ce qu'Alain Badiou appelle "matérialisme démocratique", et qu'il oppose à "matérialisme dialectique". L'axiome sur lequel est fondé le premier peut s'énoncer ainsi : "Il n'y a que des corps et des langages". Le second y adjoint des "vérités éternelles", déjà présentes chez Descartes : "Il n 'y a que des corps et des langages, sinon qu'il y a des vérités comme exceptions".

    Irène Fernandez a donc beau jeu de ridiculiser la pensée "ras des pâquerettes" d'Onfray, qui ne peut dépasser le niveau de la simple affirmation péremptoire voire de l'insulte. Il faudrait pour aller au delà "mouiller la chemise", entendez se plonger dans Duns Scot ou la "Somme théologique", ce qu'Onfray fort occupé sans doute à déguster un bon vin ou à trousser une belle trouverait un peu fatiguant. On le comprend.

    Toujours est il que par la force des choses le livre de Fernandez ou l'anti traité d'Athéologie ne rentre pas dans les "sujets qui fâchent", qui leur causeraient sans doute des difficultés insurmontables puisqu'elles n'ont pas été surmontées par leurs illustres ainés champions de la "métaphysique éternelle". Il faudrait notamment expliquer pourquoi la dite "métaphysique" peine à dépasser le niveau de représentations d'un enfant de 10 ans, dont l'univers est celui du réalisme naïf qui était aussi celui de la physique aristotélicienne.

    La "Querelle de l'athéisme" retrace on le sait les mésaventures de Fichte accusé d'athéisme et mis sous surveillance par les autorités politiques de son pays fort sourcilleuses sur ce point. Or Fichte s'est vigoureusement défendu contre cette accusation ; il n'en reste pas moins vrai que sa conception de "Dieu" comme horizon spirituel universel de l'humanité est totalement incompatible avec le stade idolâtrique d'un "Dieu" personnel Tout Puissant et Tout Connaissant qui est celui des religions. Y compris des chrétiens, malgrès les beaux démentis que nous apporte Irène Fernandez, afin de donner de "l'esprit" à Dieu.

    A notre époque, le chemin de pensée d'Alain Badiou transcende la voie heidegerrienne d'un Etre historial et destinal, par le biais de la doctrine soustractive du mathème et de l'ontologie mathématique qui procède par "suture", ainsi que du concept d'évènement "formalisé" par le moyen d'ensembles interdits par l'ontologie cantorienne (i e "s'appartenant à eux mêmes"). Il s'agit dans l'esprit de son auteur d'un athéisme radical ne cédant en rien sur le matérialisme aux modes douteuses de l'époque qui est au retour du "religieux" soft (soft ou hard d'ailleurs).

    Pour ma part j'évoquerai ici brièvement, pour le placer bien au dessus de Badiou, un philosophe bien oublié aujourd'hui : Léon Brunschvicg (1869-1944).

    Ce philosophe français continuateur de Descartes, juif universaliste comme l'époque en produisait encore pour le bonheur de l'Europe (cf aussi Husserl et Cassirer en Allemagne) , opposait une école française, cartésienne, rationaliste et critique, à la lignée mystique et "brumeuse" allemande, allant de Jacob Boehme à Heidegger.

    Il se définissait comme "idéaliste critique", ou encore "spiritualiste", tous mots devenus obscènes aujourd'hui ; mais y a t'il là autre chose qu'un signe de la médiocrité de notre temps?

    En tout cas la spiritualité pure qui est pour Brunschvicg celle de la science à partir de Descartes et Spinoza, c'est à dire la pure intériorité rationnelle par opposition au grossier "réalisme naïf" de l'homo faber ou homme primitif, encore soumis aux prestiges du vital et du sensible, me semble salutaire à remémorer aux hommes d'aujourd'hui.

    Publié par topos à 11:03:29 dans Religions | Commentaires (3) |

    1|

    Moi

    qui pourrait  mieux parler de moi que  moi ? mais qui pourrait mieux parler de moi que n'importe quel autre, qui me voit en face à face ?


    une fourmi noire, 


    dans la nuit noire,


    sur la terre noire,


    sous une pierre noire,


    D-ieu seul la voit


    et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?

    Notre CREDO

    "le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG

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