Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis

l'esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées

L'homme OCCIDENTAL

«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG

Mai

DiLuMaMeJeVeSa
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031   

science, tech, singularity

Coran-Islam

quantum relativity

    Album

    JE SUIS LE MESSIE annoncé par les Ecritures Saintes | 26 mai 2006

    Pas de panique ! le titre ci dessus est une provocation à vocation humoristique, destinée à attirer de nouveaux lecteurs.

    Je signalerai tout de même que du temps où je fréquentais les librairies spécialisées dans "l'ésotérisme" (je les fréquente toujours d'ailleurs, car les médecins recommandent de se payer une bonne crise de fou rire de temps en temps), il existait un livre titré "Je suis le Messie attendu", par un auteur au nom hindou (qui devait donc être tout sauf hindou), et qui faisait un tabac. Ce genre de propos pris au premier degré (ce qu'il ne faut pas faire ici, je le répète) mobilise donc toujours les foules succombant à la fièvre acheteuse. Je rappellerai aussi que le "Maschiakh" du judaïsme n'est quand même pas une notion aussi vulgaire et ridicule , ce ne peut en aucun cas être un individu. Le dernier personnage haut en couleur (mon prédecesseur en quelque sorte) ayant voulu incarner ce rôle a été Shabbataï Tsevi, dit le "Messie apostat de Smyrne" : apostat parce que sommé en 1666  par le sultan turc de prouver ses pouvoirs (en demeurant indemne sous une pluie de flèches tirée par les archers du Sultan) ou de se convertir à l'Islam, il a choisi la conversion, mais il s'est trouvé auprès de lui un "intello", cad un kabbaliste, Nathan de Gaza, pour expliquer que cette conversion n'en était pas vraiment une, que le "Messie" avait choisi de s'abaisser ainsi et de passer pour un imbécile parce qu'il était vraiment le Messie et pour ainsi "sauver les étincelles" (expression kabbalistique voulant dire en gros : ramener les âmes tombées d'Israel vers leur vraie demeure) etc..quand on a mis le pied à l'hopital des frappadingues, il n'y a plus de limites, autant le savoir et en tirer parti pas vrai ? en tout cas les "Shabbataistes" , dont des descendants, appelés les "dunmeh" , existent encore en Turquie et pratiquent des choses aussi sympathiques que le communisme sexuel, ne sont jamais devenus de vrais musulmans, pas plus que les Marranes portugais  n'étaient de bons chrétiens.

    Mais revenons aux choses sérieuses : ce que je veux dire avec ce titre accrocheur, c'est que je considère que la "preuve" que j'ai donnée de l'existence de DIEU considéré comme RAISON ABSOLUE (dont la Raison humaine à l'oeuvre par exemple dans l'arithmétique n'est en aucun cas séparée) est quelque chose d'important, compte tenu du fait que comme je l'ai déjà signalé ailleurs, le MAL RADICAL doit à mon avis exister en ce 21 ème siècle sous la forme d' une alliance entre l'Islamisme le plus violent et les résidus du communisme ainsi que des mouvements d'extrême droite, d'une alliance "rouge-vert-brun" donc,  dont les légions "Waffen SS" musulmanes bosniaques dans les années 40, ou bien les sympathies du mouvement "altermondialiste" pour un Tariq Ramadan, sont des préfigurations encore très lointaines et pouvant sembler peu inquétantes.

    Dans cette perspective, il s'agit, utilisant la terminologie d'un autre mathématicien-philosophe à la réputation sulfureuse, Hoené WRONSKI (1778-1853), créateur du mouvement philosophico-religieux appelé  "MESSIANISME" justement , de "fonder péremptoirement la Vérité sur la Terre et d'accomplir ainsi la religion en PHILOSOPHIE ABSOLUE" : l'accomplir en dissipant toute nostalgie envers l'ancien Dieu des religions, Créateur du ciel et de la Terre, et en démontrant rigoureusement qu'il ne peut y avoir qu'un seul Absolu , la Raison , qui est non seulement la Raison humaine baptisée par Descartes dans les "Regulae" et les "Meditationes" , mais encore la RAISON universelle et absolue. Et comme il ne peut y avoir qu'un seul ABSOLU (ou DIEU), l'existence fondée péremptoirement (par démonstration irréfutable) de ce DIEU prouve aussi que le DIEU des religions n'est qu'une vaine et ridicule superstition.

    Cette preuve que j'ai présentée, et qui est je le répète irréfutable car réalisant l'identité de l'Essence de de l'Existence que les métaphysiciens appellent "Dieu", n'est rien de nouveau. Elle est essentiellement une répétition et une extension du cogito cartésien , ce qu'il est aisé de montrer brièvement : ouvrons par exemple la seconde "méditation métaphysique", Descartes pratique une sorte d'exercice spirituel du "doute hyperbolique", allant jusqu'à imaginer l'hypothèse extrême du "Malin génie", un dieu trompeur qui le confondrait et lui ferait prendre pour des vérités (mathématiques ou autres) ce que n'est qu'erreur et confusion. Mais c'est ici qu'intervient le retournement qui permet à Descartes d'accéder à une (première) vérité absolument apodictique : "si je puis être trompé, encroe faut il que je pense, et donc que je sois". Mais je partage ici l'avis de Husserl dans les "Méditations cartésiennes" : Descartes n'a pas exploité avec assez d'audace sa formidable découverte, un peu comme Christophe Colomb qui n'était pas conscient au début d'avoir découvert un "nouveau monde", il a manqué l'orientation transcendantale selon les termes husserliens. Je préfère pour ma part éviter de parler de l'Ego transcendantal, et croiser au large du continent phénoménologique, dont certaines brumes mystico-philosophiques (signalées par Janicaud dans "Le tournant théologique de la phénoménologie française") me semblent peu engageantes.

    Qui'est ce donc que Descartes a manqué (ou pas suffisamment éclairci), et qui est complété ici  ? c'est qu'il n'y a aucune raison de s'arrêter à la subjectivité individuelle. Si "je puis être trompé", il faut certes que je pense et que je sois réellement, mais il faut encore et surtout que je pense selon le vrai et le faux, donc que je pense rationnellement. Car n'oublions pas (comme le montre les réponses qu'il fait aux objections) que Descartes inclut dans la "pensée" des choses fort diverses comme sensations, sentiments, pulsions... non, ici c'est la pensée pouvant être vraie ou fausse, donc le jugement, qui est prouvé comme existant de manière indubitable, et il n'y a aucune raison pour limiter la validité de cette existence à la sphère individuelle : la "vérité" est d'emblée intersubjective et universelle , et le nouveau domaine d'existence découvert, celui de la Raison, ou de la "conscience intellectuelle" de Brunschvicg, dépasse (et contient) tout ce qui est d'ordre individuel. Je suis ici aussi (une fois n'est pas coutume) de l'avis de Sartre (dans la "Transcendance de l'Ego") : le "moi" est un objet du monde, comme les autres objets mondains (tables, maisons, outils,...) manipulés, c'est à dire conçus par la Raison (cad Dieu).

    Nous avons donc ici une première "Vérité" absolue qui , bien plus que "Je pense, je suis", peut se dire : "La Raison est, Dieu est, c'est à dire pense en mon esprit comme en celui de tout être se vouant à la Raison".

    La Raison est ici fondée péremptoirement et "forcée" en quelque sorte à exister, ce qui peut se dire aussi "Dieu prend naissance" (mais pas dans une étable !). Pourquoi ? parce que l'Essence devient ici existence ! il s'agit en somme d'un argument ontologique, mais échappant aux critiques qui ont été légitimement adressées à ce type d'argument pas Kant et Frege notamment. "Cent thalers" réels et "cent thalers imaginaires" sont la même notion, l'existence n'est pas une propriété qui s'ajoute aux autres propriétés ou caractéritiques définissant une essence. Ou encore : l'existence n'est pas une propriété de l'objet, mais du concept définissant l'objet. "Les tables existent" veut dire  "le concept de table est tel qu'il en existe au moins un exemple".

    Mais soit l'essence de Dieu comme Raison, comme pensée rationnelle : alors pour la penser, pour examiner si elle existe ou non, il faut...penser rationnellement. Il faut donc que la Raison opère pour vérifier si l'essence (nominale, proposée à titre de projet scientifique)  de la Raison conduit à une existence réelle. La pensée doit exister (comme opération) pour penser la pensée.  L'essence coïncide donc ici , selon une évidence apodictique,  avec l'existence. Ou encore, pour le dire autrement, à la manière de Lequier : la recherche (par le débat rationnel) d'une première vérité absolue conduit immédiatement (sans médiation par une inférence ou dérivation) à une première vérité : c'est à dire que "je cherche une vérité" (ou encore : "nous cherchons, nous la communauté des hommes qui de par un choix libre nous vouons à la Raison et refusons le dogme, l'autorité et la violence, une vérité").

    Ce n'est rien d'autre à mon avis que le SENS absolu (rationnel)du la maxime évangélique : "Cherchez et vous trouverez". Le futur n'est ici plus de mise. Celui qui cherche trouve immédiatement la vérité qui est : "qu'il cherche", et qui contient aussi bien d'autres choses, notamment que pour chercher, il doit reconnaitre la validité de la raison, la possibilité de penser selon le vrai et le faux, la possibilité de juger infailliblement (sans lisières dirait Hegel) si l'on pense le vrai ou le faux, etc..etc.. : bref tous les attributs de Dieu, c'est à dire de la RAISON.

    On trouve aussi dans cette preuve l'identité de l'Etre et du Savoir réclamée par Schelling ou Wronski pour faire naitre l'Absolu, l'Inconditionné.. Ou, en termes hégéliens : "La raison prend ici conscience d'être toute réalité". Mais je préfère à toutes ces formulations celles de Brunschvicg, qui est pour moi l'indépassable Sage qui a habité parmi nous:

    Le Dieu de la sagesse qui renvoie à l'enfance, celui des contes de nourrices, cède la place au Dieu entièrement spirituel qui est la source de la Vérité , et donc de l'Amour spirituel entre les hommes.

    Les hommes et aussi les femmes, bien entendu !

    J'appelle ce Dieu : RAISON. Il est bien Créateur, mais créateur des "vérités éternelles", comme le souligne Descartes avec sa théorie bien connue. Quant au monde, arrêtons de nous en soucier : le monde ne vaut pas une seule vérité ! Ce DIEU, qui est le seul DIEU, n'est pas l'objet d'une croyance mais d'un SAVOIR absolu.

    Tous les faux dieux des idolâtres qui se dénomment "croyants" doivent maintenant être confondus et détruits par la lumière rationnelle de ce DIEU-RAISON fondé ici péremptoirement. Ainsi seulement, l'apparition d'un MAL RADICAL , auprès duquel le nazisme du 20 ème siècle ou le stalinisme feraient figure d'aimables romans à l'eau de rose, sera évitée.

     

    Publié par topos à 11:45:22 dans Religions | Commentaires (0) |

    journée sur Jean Hyppolite à l'ENS ULM | 23 mai 2006

      (rectification importante : l'intervention de Badiou se déroulera à 11 h 30 )

    Centre International d'Etude de la Philosophie Française Contemporaine (ENS)

    Série : « Passeurs »

    Journée d'études organisée par G.Bianco et F.Worms

    Jean Hyppolite. Entre structure et existence

    Samedi 27 mai 2006

    Salle des Actes

    Ecole Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris

     

    9h30 : Ouverture de la journée

     

    9h45 : Pierre Macherey (Lille 3)

    Le Hegel de Jean Hyppolite entre philosophie et histoire de la philosophie.

     

    10h30 : Jérôme Lèbre (Lycée Camille Vernet, Valence)

    Un hégélianisme sans refuge : la pensée de l'aliénation chez Jean Hyppolite.

     

    11h 30 : Stefanos Geroulatos (John Hopkins University)

    L'antihumanisme hégélien de Jean Hyppolite.

     

     

    14h : Giuseppe Bianco (Lille 3, Universita di Trieste)

    Tu quoque Brute, mi fili ? Hyppolite & sons.

     

    14h 45 : Leonard Lawlor (University of Memphis)

    L'immanence est complète. L'héritage de Jean Hyppolite.

     

    15h30 : Alain Badiou (CIEPFC) (Ecole Normale Supérieure)

    Jean Hippolyte, un style philosophique.

     

    16h15 Projection de l'entretien entre Jean Hyppolite et Alain Badiou :

     La philosophie et son histoire.

     

    16h45 Table ronde avec notamment Etienne Balibar (Paris 10) et F.Worms (Lille 3) (CIEPFC).

     

    Pour plus d'informations :

     http//ciepfc.rhapsodyk.net, bepz@liberto.it, f.worms@wanadoo.fr

    Publié par topos à 15:11:31 dans Philosophie | Commentaires (0) |

    DIEU existe : en voici une démonstration irréfutable | 18 mai 2006

    J'ai longtemps hésité sur l'attitude à prendre vis à vis des diverses superstitions que l'on nomme "religions" ou "sectes" (ces deux termes étant à mon avis interchangeables) : faut il leur laisser la notion de "Dieu" sous la forme grotesque qu'elles en ont formées depuis 2000 ou 3000 ans (celle, tout à fait anthropomorphique et restée en arrière au niveau de la mentalité infantile des âges et sociétés pré-scientifiques, d'un Dieu personnel et législateur, un "Père" qui récompense et qui punit) ? ou bien faut il prendre à bras le corps philosophiquement le "problème de Dieu" et en former une notion toute différente , comme par exemple l'a fait Spinoza dans l'Ethique avec la "Substance", le "Deus sive Natura" (Dieu, ou encore la Nature) ?

    Chacune des deux branches de cette alternative (de ce "point" à traiter selon la terminologie de Badiou) possède ses inconvénients : celui de la seconde est évidemment le risque de confusion entre les deux notions chez des esprits non éclairés (ou voulant, pour toutes sortes de raisons, rester dans la pénombre des "concepts flous"), mais cela n'est il pas déjà le cas avec des mots (qui devraient être plus que des mots !) comme "Amour" ou "esprit" (justement brocardé par Derrida) ? or devons nous laisser "Amour Maitre des cieux" aux chanteurs de variétés ? le chemin de Damas de  Saint Paul mène t'il en dernière instance  à Johnny Hallyday et pas un pouce plus loin ? vous dites ? Mireille Mathieu peut être ?

    La première alternative est celle de l'athéisme philosophique c'est à dire radical (donc n'ayant rien à voir avec le "nihilisme soft" du "sea sex and sun et après moi le déluge nucléaire" que l'on qualifie souvent ainsi). Mais là encore les dangers de confusion, de glissements et de chochottements sont nombreux. C'est ainsi qu'il semble tout à fait oiseux de s'attacher encore aujourd'hui à démontrer la non existence de Dieu (le Dieu des religions) ou bien la non pertinence des différentes preuves (ontologique, cosmologique, ...) qui ont été données de son existence. Ce n'est guère qu'un exercice de logique, et encore... quant aux orientations et aboutissements positifs des différentes philosophies se clamant haut et fort athées, le moins qu'on puisse dire est qu'ils sont mitigés, pour rester poli : le Sartre de "Etre et néant" de 1943 finit  30 ans plus tard en papy gâteau des cortèges gauchistes puis en vieillard gâteux tombé dans les griffes de Benny Lévy alias Pierre Victor, qui lui est passé en quelques années du gauchisme à la Torah et au Talmud. Ce "petit rabbin" (dixit Badiou) doit d'ailleurs avoir une "forte personalité" (accompagnée d'une grande culture) puisque dans ses entretiens avec Finkielkraut ("Le Livre et les livres") ce dernier, qui pourtant n'est pas né de la dernière pluie en matière de philosophie,  prend en quelque sorte la posture de la sainte nitouche rougissante et se laisse violer sans trop protester (il en aurait eu des occasions, par exemple quand Benny Lévy assène des évidences comme : "l'universel c'est le juif").

    Autre exemple de philosophe se réclamant explicitement de l'athéisme : Alexandre Kojève, qui interprète le système hégélien dans une perspective athée radicale. Comment finit il après la guerre ? comme haut fonctionnaire du Quai Branly et discutailleur éminent des réunions et conférences organisant le marché commun européen. On aurait rêvé mieux pour un tel homme qu'un destin de technocrate. Car que l'on ne se méprenne pas, je ne nie pas du tout le génie philosophique (et scientifique car c'était un touche à tout) fascinant de Kojève.

    Sans aller chercher aussi haut, ni rester dans le caniveau évoqué plus haut de l'hédonisme bobo contemporain, on peut se demander si l'athéisme revendiqué d'Onfray ouvre vraiment sur des plus vastes perspectives ? j'ai déjà répondu dans un article précédent. Mais revenant d'ailleurs au caniveau, peut on s'empêcher d'être pris d'une hilarité irrésistible au spectacle de ces "athées" , anciens bouffeurs de curés des années 70, dissertant gravement sur l'islamophobie ? ou bien à celui de Mouloud Aounit, se revendiquant "athée et laïc", et comparant une des caricatures (celle présentant Mahomet avec une bombe sur son turban) aux dessins antisémites des années 30 ?

    Ce qui fait défaut à ces différents athéismes, c'est l'affrontement au problème de la Valeur inconditionnelle. Toute existence humaine doit "traiter ce point", sous peine de régresser dans les "au delà religieux" , ou bien dans le matérialisme démocratique (ou la Valeur inconditionnelle est tenue par l'idéologie des droits de l'homme). Tout le sens de l'oeuvre de Badiou s'éclaire à la lumière de sa doctrine des vérités éternelles. Pour prendre un autre exemple, le sceptique radical Marcel Conche nie Dieu en s'appuyant sur la souffrance des enfants : c'est cela, pour lui, l'inconditionnel, le point d'Archimède  qui le propulse dans l'athéisme. Pour faire court, nous en arrivons ici aux problèmes de la fondation.

    C'est ici que nous devons présenter notre option, dont on se rendra vite compte qu'elle est "forcée" (et on le démontrera) mais pour ce faire je prendrai le détour du spinozisme de Constantin Brunner tel qu'il est présenté sur un ensemble de sites gérés par la même personne  : "Philosophie contre superstition", cf par exemple:

    http://groups.msn.com/PhilosophieetSuperstition

    dont j'extrais ceci :

    " L'analyse des facultés de notre entendement humain par le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), développant celle de Spinoza dans Éthique II, proposition XL, scolie II, distingue trois genres de connaissance :

    - l'entendement pratique,

    - le penser spirituel ou penser de l’Esprit,

    - le penser superstitieux ou penser de Analogon de l'Esprit

    A ces trois facultés de l'entendement humain correspondent trois « réalités » - ou vérités –, pensées spécifiquement par chacune d’elles. Ce sont respectivement :

    - la réalité ou vérité « relative » de l'entendement pratique

    - la réalité ou Vérité « absolue » du penser spirituel

    - la réalité ou vérité « superstitieuse » de l'Analogon de l'Esprit, ou vérité relative « absolutisée »

    Chez Brunner, l' « entendement pratique » regroupe l'expérience des sens ou penser en images représentatives, source des concepts génériques (Homme, cheval, etc.), correspondant à l' « imaginatio » spinoziste, et le penser des abstractions (langage, causalité, mathématiques, et autres constructions auxiliaires, théorie des atomes, par exemple), équivalant à la « ratio » chez Spinoza. Ce penser pratique nous sert uniquement à vivre et à nous orienter dans notre monde des choses, pas à « philosopher » ! "

    Cette personne, qui gère aussi un groupe "philosophie contre superstition" sur Yahoo, fait du bon boulot en intervenant sur divers sites et en écrivant systématiquement aux différentes "élites médiatiques" (journalistes, hommes politiques, "philosophes", etc..), on s'en rendra compte en tapant par exemple sur Google les mots clés : "Brunner Spinoza Allah" et en lisant sur le groupe Google de philo : http://groups.google.com.bo/group/af.philo?hl=es les envois où il a démasqué le tentatives de récupération du spinozisme par l'Islam (par Abdelwahhab Meddeb en particulier), ainsi que ceux où il dénonce les autres superstitions idéologiques se donnant libre cours dans notre pays.

    Mais la solution que nous proposons ici, qui est celle de Léon Brunschvicg, est entièrement différente, en ce qu'elle refuse de cantonner la raison scientifique au domaine de l'entendement pratique et relatif (aux intérêts biologiques spécifiquement humains). Nous refusons parallèlement la tentative très analogue, chez les idéalistes que sont Hegel ou Hamelin, d'inventer une raison dialectique supérieure à la raison scientifique et s'émancipant pour cela des exigences de la vérification qui sont celles que l'humanité a introduites dans l'histoire de la pensée lors de la naissance de la civilisation il y a 4 siècles en Europe (renaissance plutôt, après la longue éclipse du christianisme suite à l'étouffement de la première civilisation, celle d'Athènes, par les Macédoniens et les sectes asiatiques).

    C'est donc ici que nous donnons notre définition de ce que nous appelons "Dieu" : c'est ce que Brunschivcg appelle la "conscience intellectuelle", à savoir ce qui fait qu'il y a quelque chose comme des vérités , dont les conditions ont été strictement délimitées par la mutation scientifique moderne, et ce qui fait que tous les hommes peuvent être unis dans un même effort d'intelligence. L'amour (spirituel, non pas sexuel) vient donc après et sous condition du travail intellectuel en commun, c'est une différence majeure d'avec le christianisme. Mais encore une fois, aucune obsession puritaine ici, il me suffit de rappeler le bel exemple d'Héloïse et Abélard. Cette "conscience intellectuelle" qui spiritualise l'étendue mondaine dans un réseau de plus en plus serré de rapports intelligibles (d'équations, ou de morphismes dans des catégories), je l'appellerai tout simplement RAISON, ou encore DIEU ("Deus sive ratio") ce que ne fait pas Brunschvicg qui limite la raison à la logique déductive qui ne fait que trouver ce qu'il y a dans les prémisses (les axiomes) , mais chacun est libre de sa terminologie, et la logique de l'invention (qui détermine les "bons" axiomes) est la même RAISON ou DIEU sous sa face analytique (inductive) unie à son autre face synthétique ou déductive.

    Nous connaissons alors sans aucun résidu d'inintelligibilité l'essence de DIEU en prenant part au processus de la RAISON en acte, par exemple dans l'élaboration des mathématiques mais aussi dans le travail philosophique, si du moins la philosophie redevient fidèle à sa vraie nature, celle du mathème et de la mathesis universalis, plutôt que celle des langages (des logoï, privilégiés par Jean Hyppolite dans son commentaire de la Logique hégélienne). C'est même la seule connaissance absolument totale et certaine (par coïncidence) que nous puissions avoir : DIEU comme immanence radicale, comme "transcendance vers l'intérieur" selon la belle formule de Pierre Thévenaz. On y reconnaitra aussi l'essence du cogito cartésien. Assez donc pour l'Essence de Dieu, qui est la chose la moins mystérieuse et la plus transparente que l'on puisse imaginer, puisque la RAISON en acte est intériorité radicale à elle-même. Passons maintenant à la preuve promise de l'existence de DIEU.

    Preuve irréfutable de l'existence de Dieu.

    J'aurais pu arguer de l'existence évidente de la connaissance mathématique comme exemple de la Raison en acte, qui est DIEU. Mais tous ceux qui sont rebutés par ces domaines de connaissance auraient contesté la validité de cette preuve. Mais la démonstration promise est bien plus simple et évidente.  En effet, la solution au problème philosophique de DIEU sera trouvée au terme d'une recherche et d'une discussion argumentée et rationnelle. Depuis la rupture moderne cartésienne, galiléenne et copernicienne d'avec la Scolastique, qui coïncide avec la naissance de la civilisation, il est devenu impensable d'asséner dogmatiquement la solution à ce problème. Même le thomisme en sera incapable : il affirme bien sûr que la doctrine de Thomas d'Aquin est la Vérité, mais s'estime en mesure de démontrer à chacun cette thèse de manière rationnelle. Or quelle est la précondition à une telle discussion ? c'est bien que la faculté humaine de raison et d'argumentation rationnelle existe et soit valide. Donc quiconque s'engage dans la recherche à propos du problème philosophique de Dieu reconnait déjà, par définition, que la Raison existe et est à l'oeuvre. Si donc je définis Dieu comme la Raison, il est évident que la preuve de l'existence de DIEU est donnée du même coup, en ce que toute personne qui nierait cette existence tiendrait un discours auto-réfutant. Et par le même type d'argument il s'agit d'une démonstration irréfutable par principe, puisque là encore toute personne entendant la réfuter s'engagerait dans une recherche rationnelle de la vérité, donc reconnaitrait qu'il existe une faculté, la RAISON, apte à déterminer de manière absolue les vérités. "Si vous reconnaissez ma démonstration, vous la reconnaissez ; si vous la réfutez, vous dites que sa conclusion est vraie, donc vous la reconnaissez. Dans tous les cas vous êtes forcé de reconnaitre que mon argument est valide."

    Unicité de DIEU.

    Il ne peut exister deux Absolus, la démonstration en est donnée par exemple dans l'Ethique de Spinoza. Il ne peut y avoir qu'une seule RAISON absolument universelle, car imaginons qu'il y en ait deux. Pour les reconnaitre comme différentes mais valides en tant que RAISONS, il y aurait besoin d'un cadre supérieur unique, qui jouerait le rôle de LA RAISON, donc ces deux Raisons prétendues apparaitrait alors comme deux instances locales et limitées.

    Je tiens que ma définition de Dieu est la seule adéquate. En effet imaginons qu'il y ait un autre DIEU qui ne soit pas la RAISON : pour en dire quoi que ce soit qui ait une valeur de vérité, vous devriez employer la RAISON, qui apparait donc comme condition préalable à la moindre thèse sur ce prétendu Dieu. Car s'il n'y avait pas la RAISON, qui est le seul Dieu véritable, vous ne pourriez rien dire qui ait une valeur de vérité sur votre prétendu Dieu, qui serait ainsi un Néant, un nuage inconsistant, une flatulence de votre cerveau malade. La Raison est donc en position de condition pour tout autre qu'elle : c'est bien l'Absolu, ou DIEU.

    Et comme il ne peut y avoir qu'un seul Absolu, et que j'ai démontré de manière irréfutable que la Raison existe et est cet Absolu, j'ai démontré par là même que le prétendu Dieu des religions est un faux dieu, et que les religions ne sont que des impostures. Il n'y a qu'un seul Dieu, le dieu des philosophes et des savants, qui est la RAISON.

    Il me reste enfin à répondre aux objections "sentimentales" de la foule des déçus, de ceux qui regretteront le bon vieux Dieu, le "Bon Dieu" comme disait Victor Hugo, le bon papa sur l'épaule de qui on peut toujours s'épancher aux heures difficiles. Ce Dieu, qui a été démontré irréfutablement FAUX, était d'abord le Dieu créateur du monde : mais pourquoi voulez vous que le monde ait un créateur ? ou une cause ? le principe de causalité ne joue que pour les phénomènes intra-mondains, c'est le faire sortir de son domaine de validité que d'en faire un tel emploi. Et pour que le monde prouve son créateur comme "l'horloge prouve l'horloger", encore faudrait il démontrer que le monde est une oeuvre d'art. Conception anthropomorphique dépassée par quatre siècles de science.

    passons au "Bon Dieu" .... mais que veut dire "Bon" ? Spinoza là encore, dans un passage célèbre du livre 1 de l'Ethique, a bien mis en évidence l'origine des dieux de la foule, ceux que l'on prie pour qu'il nous envoient des occurrences favorables et envoient à nos ennemis des occurrences défavorables. Mais comment un tel dieu pourra t'il être universel ? ce dieu et tous les faux dieux de sa sorte trouve son origine dans l'intérêt biologique individuel ou ethnique.  Mais comment ne pas voir que toutes ces luttes pour la possession des ressources, des terres, des femmes, de l'argent, ne mènent qu'à la vanité et au malheur universel et que ce "Dieu", s'il n'était radicalement imaginaire, jouerait le rôle du diable ? un diable donc imaginaire, mais aux effets bien réels, en témoignent les massacres du 11 septembre, ou bien  ceux du Darfour.

    Il existe une voie hors de tout ce cloaque, c'est celle de ce que Brunschvicg appelait la "conversion véritable", par opposition aux fausses conversions qui sont les conversions religieuses : la conversion à l'intériorité de l'Esprit, de la pensée spirituelle, en un mot au DIEU qui est la RAISON, qui ne doit pas faire l'objet de croyances ou de prières mais se trouve (se rencontre, dirait Frossard, nous n'avons pas pu résister à ce clin d'oeil) immanquablement  dans l'inversion de l'orientation , du monde extérieur qui est "là devant" vers l'idéalité intériorisante de la mathesis.

     

     

     

     

     

     

    Publié par topos à 12:02:51 dans Philosophie | Commentaires (3) |

    Judaïsme et mathesis | 09 mai 2006

    Dans son passionant livre "Talmud, science et philosophie" Jean-Michel Salanskis, qui est à la fois mathématicien et philosophe, (ainsi que juif appartenant à la tendance des mithnaggedim, mettant donc le Talmud au centre de leur étude) nous livre ses analyses sur le rapprochement entre fait mathématique et fait juif : l'approche négative (soustractive, dirait Badiou) de l'infini et de l'Etre (dans les axiomatiques cantoriennes) est l'un de ces rapprochemùents qui sautent aux yeux; la recherche de la Présence (ou de l'intuition) y cède la place à la notion de Loi (dans la torah comme dans la mathématique des ensembles).

    Mais c'est avec la définition de l'idolâtrie (centrale en judaïsme) qu'il donne les indications les plus intéressantes, tout au moins pour nous qui nous occupons de mathesis et aucunement de judaïsme. Le fait juif se définit non pas par le monothéisme ou par la transcendance ou encore par l'élection, mais par l'interdiction stricte des idoles. Selon Salanskis l'idolâtrie a deux acceptions :

    -le premier sens consiste en la surestimation non scientifique d'un étant (comme par exemple l'adoration d'un astre comme supra-sensible). Il s'agit donc de la fausse conscience par défaut de science. Tout à fait compatible donc avec l'approche scientifique occidentale moderne, pour ne pas dire plus.

    - dans la seconde acception, on vise le "pacte avec les forces de ce monde, qui en tant que profondes, secrètes et inaccessibles à la science, singent en quelque sorte la transcendance" : pour prendre un exemple plus précis, l'idolâtrie peut consister, en ce second sens, à se laisser emporter par sa colère pour en tirer plus de puissance. (On pourrait aussi songer au sexe ici). Dixit Salanskis : "Il y a dans le réel des forces secrètes, qui n'ont rien de surnaturel...mais avec lesquelles nous avons un rapport analogue à la transcendance...se produisant dans la vie humaine d'une manière qui n'entre pas dans la compétence de la science : c'est être idolâtre que de s'en servir".

    On peut donc être idolâtre par bêtise, ou bien par ruse (on songe aussi au vers de Celan : "un homme est assis dans la maison, il joue avec les serpents") dans Todesfuge.

    Nous ne retiendrons que la première acception, et soulignerons que la science moderne, cad aussi la philosophie si elle est considérée dans son sens unitaire de mathesis universalis, est en fait la réalisation , l'acomplissement de l'attitude juive si celle ci consiste à refuser tout compromis idolâtre. Mais bien évidemment, le judaïsme comme tout autre religion doit être purifié de ses éléments anthropomorphiques (Loi, commandements, Torah, mythologies, coutumes culturelles etc..) ; il est cependant le plus proche de la mathesis par rapport aux autres religions.

     

    Publié par topos à 18:04:30 dans Philosophie | Commentaires (0) |

    1|

    Moi

    qui pourrait  mieux parler de moi que  moi ? mais qui pourrait mieux parler de moi que n'importe quel autre, qui me voit en face à face ?


    une fourmi noire, 


    dans la nuit noire,


    sur la terre noire,


    sous une pierre noire,


    D-ieu seul la voit


    et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?

    Notre CREDO

    "le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG

    Rechercher

    Compteur

    Depuis le 25-10-2005 :
    119417 visiteurs
    Depuis le début du mois :
    10801 visiteurs
    Billets :
    160 billets

    Tags

       Ahriman   Aristote   Blavatsky   Brunschvicg   Caroline Fourest   Descartes   Dieu   Dieu des philosophes   Dieu des philosophes et des savants   EVANGILE   Eric Zemmour   FINKIELKRAUT   Geert Wilders   Goethe   Guénon   Islam des Lumieres   Islam des philosophes et des savants   Knuth   Mathesis universalis   Mayas   Niqab   Occident   Pascal   Penrose   Philosophie   Platon   Polanski   Pythagore   Rifka Bary   Rifqa Bary   Sanaa   Schelling   Thales   Waraqa Bin Nawfal   Wittgenstein   allah   ange   anthroposophie   antifascisme   antisémitisme   archimède   athéisme   balzac   barbarie   bataille   bible   burqa   choc des civilisations   christ   christianisme   christianisme de philosophes   christianophobie   conversion   coran   einstein   exponentiation   fanatisme   fascisme   fin du monde   football   féminisme   groupe multiplicatif   hitler   houris   hyperopérations   islam   islamophobie   islamophobophobie   judaïsme   mahomet   mécanique   nazisme   nombre d'or   nombres   nombres premiers   occultisme   orphisme   pentanacci   physique   racine primitive   racisme   religion   religions   sauvagerie   science   sectes   sexe   sexisme   sodomie   spinoza   terrorisme   tetranacci   torah   viol   violence   voile   voile islamique   érotisme   2012  
    • RSS
    • RSS
    • Podcast
    • atom 03