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Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis

l'esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées

L'homme OCCIDENTAL

«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG

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    Démonstration rigoureuse de l'imposture du CORAN | 23 juin 2006

     pour une critique partant de bases (religieuses) différentes des nôtres (qui sont purement logiques), voir le blog "Mensonge du Coran" :

    http://www.blogg.org/blog-55966.html#1089790

    L'une des thèses islamiques fondamentales, qui est en quelque sorte en Islam un axiome, et qui se trouve d'ailleurs dans le Coran lui même (par exemple : sourate 11 , verset 1) est celle de la perfection absolue  ainsi que de la non contradiction du Coran, qui, lui et lui seul, représente la Vérité ultime et immuable adressée par Dieu à l'ensemble de l'humanité.

    Or, (valeur de) vérité (d'une proposition) et contradiction sont des notions logiques, il est donc normal de s'intéresser aux affirmations coraniques du point de vue de la logique, ce que l'on va faire ici. Il est courant, lorsque l'on discute avec un musulman, de se voir mettre au défi de "montrer une contradiction dans le Coran". Il y en a des tas bien entendu, mais le problème est que l'on peut toujours jouer sur le sens des mots, et que l'on entre alors dans des discussions à n'en plus finir. Et ce d'autant que les musulmans ont trouvé un tour de passe-passe assez efficace : quand deux versets se contredisent, ils parlent de "versets abrogés" ou "abrogeant". Ainsi le vilain mot de "contradiction" est évité. Mais l'on démontrera ici, en utilisant la logique mathématique moderne, qu'il est impossible que le Coran soit à la fois parfait (au sens de : permettant de démontrer toute proposition vraie) et non contradictoire. Or comme il affirme être l'un et l'autre, le Coran ment.

    Il restera bien sûr une issue : c'est que la "perfection" du Coran soit autre que celle consistant à contenir toute vérité. Mais dans ce cas cela laisse la place à la "perfection" des autres livres sacrés (de l'hindouisme, du paganisme, du christianisme, etc...) et l'Islam n'a plus le droit de se proclamer "seule voie vers la Vérité donnée par Dieu à toute l'humanité".

    Une autre issue sera de clamer qu'il est impossible de transcrire le Coran en langage formel (car le théorème d'incomplétude de Gödel ne s'applique qu'à de tels langages) : mais dans ce cas il est impossible de vérifier ou de réfuter la non-contradiction du Coran, notion qui à la limite n'a de sens réel que pour des langages formalisés.

    Je me propose donc ici de réfuter la thèse islamique au moyen des outils de la rationalité moderne, et en particulier ceux de la théorie des catégories ,  dans son application à la logique mathématique. On a ainsi découvert récemment que les théorèmes d'incomplétude de Gödel ne sont que des cas particuliers de théorèmes très généraux dits de "point fixe" dans des catégories cartésiennes fermées.

    Je me placerai d'emblée dans la catégorie bien connue Prop des propositions élémentaires (ou plutôt, en jargon logique, "atomiques", c'est à dire non décomposables en sous-objets) : cette catégorie possède comme objets lesdites propositions (  quelle que soit leur forme : narrative, injonctive, ...) et on a une flèche entre deux objets A et B si A implique B.

    Cette proposition possède des propriétés bien connues et très satisfaisantes, en particulier elle possède toutes les limites finies. Bien entendu, la collection des "objets" est d'une infinité tellement "énorme" qu'elle se situe d'emblée hors de la collection des "ensembles", voire même des collections qui sont "plus grandes que tout ensemble", à savoir les classes, conglomérats, etc.. mais nous restons dans le cadre de la théorie des catégories, puisque la collection des morphismes entre deux objets sera toujours un ensemble, et d'ailleurs un ensemble fini (limité à deux éléments )

    Je rappelle ici la notion catégorique de limite d'un diagramme car elle est essentielle pour ce qui va suivre.

    Etant donné deux catégories C et D et un foncteur F allant de D vers C, un cône sur F consiste en :

    1 un objet c de C

    2 pour tout objet d de D, un morphisme m(d) allant de c à F(d) dans la catégorie C et tel que pour tout morphisme u dans la catégorie D allant de a vers b on ait: m(b) = F(u) * m(a) (où je note par * la loi de composition associative des morphismes dans une catégorie).

    Le point 2 de cette définition résulte donc en la donnée d'une famille de morphismes de la catégorie C indexée par les objets de D.

    La définition de la limite d'un foncteur est alors la suivante.

     Etant donné un foncteur F défini comme précédemment, une limite de F est un cône (L, (p)) possédant la propriété d'universalité, c'est à dire tel que pour tout cône (M, (q)) sur F il existe un unique morphisme m dans la catégorie C tel que pour tout objet d de la catégorie D on ait : q(d) = p(d) * m

    Je n'ai pas la possibilité sur ce clavier de transcrire les notations mathématiques bien connues d'indexation : donc par exemple (m) est à comprendre comme famille indexée par les objets de D de morphismes de C, de même pour (q).

    On pourra se reporter pour plus de clarté à n'importe quel manuel, par exemple Borceux  : "Handbook of categorical algebra" Tome 1 page 56 (Cambridge), ou bien n'importe quel cours en ligne, taper sur Google des mots clés comme "category functor", le meilleur à mon avis est celui d'Awodey en format pdf.

    La limite d'un diagramme est alors un cas particulier, puisqu'un diagramme dans une catégorie C peut être considéré comme un foncteur allant vers C depuis un ensemble fini I considéré comme catégorie discrète (sans flèches).

    Dans le cas qui nous occupe, la limite d'un diagramme consistant en une collection finie de propositions reliées éventuellement par des flèches d'implication sera tout simplement leur conjonction au sens logique : c'est à dire la proposition les impliquant toutes et telle que toute proposition impliquant toutes les propositions du diagramme implique aussi leur conjonction (propriété d'universalité de la limite).

    Dans ce schème conceptuel, le Coran peut alors se formaliser comme une sous-catégorie de Prop, et même comme une sous-catégorie de la sous-catégorie des propositions vraies (si l'on admet avec les musulmans que le Coran est entièrement véridique). Nous noterons cette catégorie Cor, et l'on aura donc , si l'on note < le foncteur d'inclusion:

                          Cor < True < Prop

    Comment se traduit la notion de perfection dans ce schème ? très simplement : elle implique que pour toute proposition vraie ne figurant pas comme objet dans Cor , on puisse exhiber au moins un "chemin" fini de flèches successives menant à cette proposition et prenant son origine avec un objet de Cor.

    Parmi les objets de Cor, on distinguera ceux qui en sont en quelques sorte les axiomes ou encore les objets initiaux, tels qu'on ne puisse les dériver d'aucun autre objet, mais qu'à partir d'eux on puisse dériver par morphisme d'implication tout autre objet de Cor, et donc à cause de ce qu'on a vu précédemment toute vérité. On aura donc une famille d'objets, finie évidemment , non reliés entre eux par des flèches. On pourra alors former la limite du diagramme ainsi formé, qui ne sera autre dans ce cas que le produit catégorique des objets considérés. Nommons A (comme le "Grand Autre" de Lacan) ce nouvel objet, non présent (éventuellement) dans le Coran mais dérivé de lui rationnellement et représentant, sous la forme d'une proposition finie , la quintessence de la Vérité Absolue qu'est d'après l'Islam le Coran.

    De par les assertions précédentes, on voit que de A découlera, par voie d'implication, toute vérité. En particulier, tous les théorèmes de l'arithmétique en découleront.

     On se trouve donc en présence, dans un langage formel de type catégorique, d'un système d'objets récursif et consistant (puisque réduit à un seul objet) et permettant de déduire l'arithmétique. Nous nous trouvons donc dans les conditions d'application du second théorème d'incomplétude de Gödel, qui affirme qu'il existe une proposition vraie non déductible du système d'axiomes proposé (ou , dans notre formulation catégorique, non dérivable de l'objet A par une série de morphismes).

    Nous aboutissons donc à une contradiction, ce qui implique qu 'il est faux que le Coran soit parfait et non-contradictoire : or comme il affirme être l'un et l'autre, le Coran est une imposture.

    22 Septembre 2009 :  GRANDE VICTOIRE SUR L'ISLAM

    L'islamiste Fegrouch, dans les commentaires à cet article, a reconnu hier soir que le Coran n'est pas parfait, et donc qu'il est imparfait, plein d'erreurs et de contradictions. Ce que tout le monde sait déjà depuis longtemps, mais il aura fallu prendre le détour de cette "démonstration" pour forcer les musulmans a reconnaître leur fraude.

    Au passage donc, le verset 11-1 est un mensonge, car il affirme :

    "C'est un livre dont les versets sont parfaits en style et en sens".

    Le Coran est donc mensonge et imposture, et tous ses prétendus "commandements" , comme celui de porter le voile, ou celui, raciste, interdisant à une musulmane d'épouser un non musulman, sont nuls et non avenus !

    Il est évident que les vérités essentielles trouvées par la science moderne ne sauraient émaner, logiquement ou non, du Coran, puisque la science moderne se caractérise par la rupture avec l'aristotélisme, alors que la métaphysique adossée au Coran et à l'Islam n'a jamais su dépasser ce stade de la mentalité humaine, qui selon Brunschvicg correspond à celle d'un enfant de 8 ans.

    quelques mots maintenant sur la Vérité, c'est à dire la religion du Verbe intérieur, ou christianisme des philosophes et des savants, que ce blog entend promouvoir...

    L'islamiste Fegrouch dit que la perfection n'appartient qu'à Dieu seul, et donc que le Coran ne saurait être parfait... laissons tomber le Coran, qui n'émane pas de Dieu mais des pires bas-fonds de l'âme humaine; il reste que la perfection "n'appartient pas" à Dieu comme un attribut à une substance : là, nous sommes encore dans la formulation aristotélicienne!

    Dieu est Perfection, en tant qu'il est Unité absolue.

    Dieu est Un-Trine, c'est à dire qu'il se confond avec le Verbe intime "immanent" à chaque conscience humaine, et accessible à ceux qui font l'effort de rompre avec le moi vital pour gagner leur moi spirituel.

    Ce Verbe, ou Logos, ou Pensée infinie, ou Raison absolue, ou encore Vérité, il est ce que nous appelons ici "Mathesis universalis".

    Ce ne saurait être un système propositionnel ou axiomatique!

    Il consiste en les Principes infinis et absolus de toute connaissance et de toute vérité. Ces Principes ne sauraient être "formulés" en un langage, qu'il soit naturel ou formel. Il faut plutôt parler à leur propos comme Wittgenstein à propos de ce qu'il appelle "élément mystique" , (en ajoutant toutefois que la Mathesis n'a rien de mystique, mais est plutôt supramystique)  :

    "ils ne peuvent être dits, mais ils se montrent, dans l'activité intellectuelle infinie de la recherche de la vérité dans la science et la philosophie"

    Et ce Verbe-Logos-Mathesis est parfait, il est perfection absolue puisqu'il n'est pas "un autre" que Dieu. C'est d'ailleurs la vérité éternelle qui émane du prologue de l'Evangile de Jean:

    1. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.
    2. Il était au commencement en Dieu.
    3. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.
    4. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,
    5. Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

    18 novembre 2009 : suite aux insultes antisémites à répétition dans les commentaires  à cet article...

    Je me vois contraint et forcé de faire passer ce blog en mode "commentaires non autorisés" devant l'afflux permanent d'insultes à caractère antisémite visant ma personne, et provenant de lecteurs musulmans qui ne supportent pas que l'imposture du Coran soit enfin démontrée de manière rigoureuse et indubitable.

    Or j'ai souvent dit que cette "démonstration" est très criticable, employer l'artillerie lourde du théorème de Gödel pour démontrer l'imposture du Coran, c'est un peu comme utiliser un missile nucléaire pour écraser un moustique.

    Par contre elle n'est pas un nouveau symptôme de la "Gödelite aigüe"  qui a frappé plusieurs auteurs, Regis Debray par exemple, et que des gens comme Alan Sokal, Jean Bricmont ou Jacques Bouveresse ont avec raison diagnostiquée : car je précise bien que l'une des premières conditions pour qu'elle marche, c'est qu'il soit possible de transcrire le Coran en langage formel.

    Oui, seulement si ce n'est pas possible, il n'est pas possible non plus de vérifier que le Coran est non contradictoire, ou du moins il y aura des débats incessants sur cette question, car les gens ne s'entendront pas sur le sens des mots : or c'est une thèse, la non contradiction, à laquelle tiennent les musulmans, et ils ont bien tort, car elle n'est en rien un signe de l'origine divine d'un écrit : sinon, l'annuaire téléphonique serait une oeuvre de Dieu !

    Donc je n'ai écrit cette démonstration, qu'en désespoir de cause, devant la bêtise musulmane qui veut à toutes forces que son "livre sacré" soit "supérieur aux autres" (la Bible est pleine de contradictions selon le Coran).

    Et comme cela les fait craquer, c'est bien que je les ai "touché" quelque part : seule la vérité blesse !

    Personnellement je suis contre les lois dites "antiracistes" et j'aurais bien voulu laisser ces insultes, rien que pour montrer leur bêtise, et leur impuissance à répondre : car j'ai toujours précisé que si je suis de naissance juive, je ne me considère pas comme juif, et que cette "origine" n'intervient en rien dans mes positions religieuses et philosophiques.

    mais apparemment la vieille haine antijuive du Coran est la plus forte... et si je n'avais pas effacé ces insultes, qui sont illégales en France, je serais considéré comme complice de leur racisme, et mon blog pourrait être supprimé !

    pour ma part je n'ai rien contre les individus musulmans, bien au contraire : je veux les sauver du coran et de l'Islam !

    car enfin : qui furent, avec les juifs et les tsiganes, les principales victimes d' Hitler et du nazisme ???

    ce sont les Allemands !

    puisque l'Allemagne a été complètement détruite en 1945...

    et les peuples civilisés d'Europe ont commis un crime contre l'humanité, en se refusant à sauver les Allemands de la folie d'Hitler quand c'était encore possible sans trop de casse, de 1933 à 1936...

    Ne commettons pas un nouveau crime : sauvons les musulmans de l'Islam, cette idéologie monstrueuse et destructrice !

    Il reste que plusieurs plaintes ont été déposées, car je n'accepte pas de me plier à la "loi" des agresseurs fascistes et racistes : la dernière fois, à savoir il y a deux jours, lundi 16 novembre, j'ai du passer une demi-heure rien que pour effacer les centaines d'injures antisémites déposées par un certain "I AM".

    Mais que ce petit nazillon islamiste sache qu'il ne s'en tirera pas comme ça : des copies d'écrans ont été faites et livrées aux autorités, et l'administration de "Blogg.org", prévenue depuis longtemps, a pu déterminer son IP, qui est entre les mains de la police anti-terroriste...d'ailleurs j'ai gardé un autre de ses commentaires, correspondant à un autre article, où il me traite de "sale bâtard" (je corrige son orthographe pour lui) ; comme les "bâtards" n'ont pas encore réussi à faire voter une loi les protégeant (dommage pour eux, car ce sont des personnes respectables, comme tout un chacun), je n'ai pas à effacer cette injure, qui ne montre que la stupidité insondable de celui qui l'a écrite... et qui va connaître un avenir douloureux en prison, une fois arrêté et jugé.

    Et quant à moi, une fois justice faite, je pourrai remettre le mode "commentaires autorisés" : car j'ai le droit, comme tout le monde, ni plus ni moins de disposer d'un blog où je puisse dialoguer avec les gens intelligents et polis, y compris avec ceux qui s'opposent à mes vues, ce que j'accepte parfaitement...

    Publié par topos à 15:31:17 dans Religions | Commentaires (212) |

    la mutation de la Mathesis universalis en Europe au 17 ème siècle | 22 juin 2006

    L'élévation au concept en Occident : la Raison supplante la Foi.

     

    Que s'est il passé dans l'Europe très chrétienne du 15 ème au 17 ème siècle ?

     

    Une mutation radicale de l'humanité qui se traduit par une rupture complète de paradigmes :  l'Occident transcende définitivement l'Orient de la même façon que l'adulte dépasse l'état d'enfance. La science aristotélicienne qu'avaient perfectionnée et léguée les philosophes juifs et musulmans (Maïmonide et Averroès notamment) d'Al Andalous, ainsi que les scolastiques latins d'Europe occidentale, était encore complètement soumise aux déterminations et limitations de la connaissance sensible. La science moderne s'émancipe de ces limitations avec la révolution cartésienne.

     

    Bien entendu, ce ne sera que plusieurs siècles plus tard (en fait pas avant le 19 ème siècle) que l'on verra surgir la fleur de ce qui n'était au 17 ème , chez Descartes, Leibniz, ou Spinoza , qu'à l'état de racine.

     

    Hegel , au début du 19 ème siècle, traduira cette métamorphose en des termes grandioses, dans la préface de sa "Phénoménologie de l'Esprit":

     

    "Il n'est pas difficile de voir, au demeurant, que notre époque est une époque de naissance et de passage à une nouvelle période. L'Esprit a rompu avec le monde où son existence et sa représentation se tenaient jusqu'alors; il est sur le point de les faire sombrer dans les profondeurs du passé".

     

    Descartes a pu être caractérisé par ce que l'on a appelé "la démesure de la Raison", et ceci pourrait être aussi bien appliqué à Hegel, celui qui déclare que "le réel, c'est le rationnel", et que Kojève considérait comme le dernier philosophe et le premier Sage.

     

    Ce n'est évidemment pas ici le lieu d'analyser cette mutation philosophique et scientifique apparue en Europe occidentale (et non pas en Chine, en Inde ou en Andalousie musulmane, qui disposait pourtant de toutes les ressources nécessaires sous la forme des manuscrits de la Grèce antique) : toute la bibliothèque de Cordoue ou d'Alexandrie n'y suffiraient pas. Husserl a pu caractériser en termes éclairants l'humanité européenne-occidentale née à la Renaissance comme "se donnant des tâches infinies de développement du Savoir" par opposition aux autres formes , plus anciennes et non européennes, de l'humanité, respectables certes mais limitées et seulement "naturelles-ethniques". Mais tout racisme doit être évité : la première responsabilité de l'humanité européenne supérieure est d'émanciper et de "relever" les autres formes d'humanité restées en arrière, y compris l'islamique. Il y  va de son être même.

     

    Il nous suffira ici d'indiquer ce qui est à nos yeux le premier barreau d'une échelle vertigineuse où la Raison s'affranchit des limites charnelles humaines et s'égale au Tout du réel. L'homme qui franchit cette échelle s'égale à Dieu même, et c'est d'ailleurs bien le propos de Hegel dans la "Science de la logique" de tracer le parcours Logique du Discours unitotal et universel qui est élévation au concept : Dieu même, avant et en dehors de la Création du monde ou de tout monde possible.

     

    La philosophie d'Aristote est soumise au sensible en ce qu'elle ne quitte pas le stade "prédicatif" du langage. Ce qui correspond aux stades de la certitude sensible et de la perception de la Phénoménologie de Hegel.

     

    Discourir en termes de prédicats, c'est former des propositions du type : "S est P" (avec S sujet, et P prédicat). Exemple type : "La table est ronde".

     

    Jamais ceci ne permettra de dépasser le stade du sensible et du mondain.

     

    A l'opposé se situe le stade spéculatif de la logique hégélienne, qui est un parcours de la conscience de catégorie en catégorie. Le point de départ de la logique, qui égale l'Etre au Néant, puis le couple Etre-Néant au Devenir, n'est plus prédicatif. Le langage spéculatif hégélien qui est celui de la sagesse d'Occident ne dit pas : "Dieu est un" sur le modèle du discours islamique, encore dans les langes de l'enfance orientale, dans le Tawhid,  mais "Dieu est l'Un" ce qui est entièrement différent. Forme prédicative dans le premier cas, forme équationnelle-catégorique dans le second.

     

    En termes modernes, on peut formaliser ceci grâce à la théorie des catégories (au sens mathématique cette fois). L'ontologie la plus générale s'établit à partir de termes : x, y , z etc.. et de connections logiques:

     

           Ainsi xy est une connection.

     

    le langage prédicatif usuel n'en est qu'un cas particulier, très limité : on peut concevoir dans la connection précédente "x" comme le prédicat P, ou la qualité, et "y" comme le sujet, le support du qualificatif "x". Mais le langage usuel interdit d'itérer la prédication . Par contre le langage catégorique des mathemata permet une itération à l'infini, qui dans le cas le plus général n'est pas forcément associative (contrairement à la théorie des catégories usuelle):

     

                                   (xy)(ut)v  n'est pas identique à x(yu)(tv)

     

    Les termes doivent ici être conçus comme des flèches, des morphismes, en théorie des catégories, et la connection comme la composition de flèches.

     

    C'est ainsi que l'on peut définir un cadre, le plus général possible, pour la connaissance , affranchie définitivement du stade sensible des anciennes sagesses ou mythes.

    La terre ferme du savoir est trouvée et mise en friches.

    Publié par topos à 11:28:16 dans Mathesis universalis | Commentaires (0) |

    Spinoza PLUS les topos | 09 juin 2006

    Envisageons un instant sans nous bluffer avec des grands mots la notion d'objet absolument transcendant (c'est à dire la notion commune de Dieu chez les métaphysiciens classiques).

    Qu'est ce que cela peut bien vouloir dire : "transcendant" ? rien d'autre que ceci : qu'il ne peut y avoir aucun rapport, aucune relation, entre moi (ou n'importe qui), c'est à dire entre ma raison, ou celle de n'importe qui, et cet objet. Ou, en d'autres termes, que cet objet absolument transcendant, "DIEU", est radicalement inintelligible (ou surintelligible) par la Raison humaine. C'est d'ailleurs bien la doctrine énoncée par tous les philosophes , docteurs, ou mystiques, du christianisme, de Saint Jean Chrysostome à Saint Thomas d'Aquin.

    Mais alors une question , qui prend la forme d'une aporie, est inévitable : si cet objet est inintelligible, comment pouvez vous en dire quelque chose ? à commencer par ceci : dire qu'il est inintelligible, justement.

    Dire comme Wittgenstein dans l'aphorisme final du Tractatus logicophilosophicus que "ce dont on ne peut parler, il faut le taire", c'est encore trop dire, puisque c'est dire quelque chose "à propos" de ce dont on ne peut parler justement. Quant à l'élément mystique de Wittgenstein, qui ne peut être dit mais "se montre", je ne peux absolument pas accepter ce recul, cette régression, cette rechute dans l'ineffable qui laisse la place à tous les excès , à toutes les pathologies de l'esprit, à commencer par la tentation du repli solipciste. Car si "cela" se montre à vous, mais pas à moi, alors de deux choses l'une : soit nous dialoguons pour essayer de dépasser ce gouffre qui s'est creusé entre nous, dans notre "communauté pratiquant le jeu de notre langage", ou bien nous rentrons chacun dans notre coquille. Dans les deux cas l'élément mystique est sacrifié : au dialogue rationnel dans le premier cas, à la pusillanimité du "chacun pour soi et Dieu pour tous" dans le second.

    Je note d'ailleurs que d'après ses "Carnets secrets", écrits dans les tranchées de la première guerre mondiale, Wittgenstein n'a pu supporter son isolement au milieu d'hommes de troupes vulgaires qu'en s'en remettant à chaque instant à Dieu, au Dieu non plus des philosophes, mais au Dieu que l'on prie! c'est compréhensible ? bien entendu, tout comme la solution consistant à s'enivrer. mais là n'est pas le problème!

    Dira t'on qu'il y a en Dieu des "aspects" que l'on peut comprendre et concevoir, et d'autres qui sont inintelligibles, inconcevables, ineffables ? fort bien, mais alors ce Dieu n'a plus d'unicité, il est multiple, puisqu'on peut y distinguer une partie intelligible, et une autre qui ne l'est pas. Et puis comment fera t'on le départ entre ce qui est intelligible et ce qui ne l'est pas ? "you never know what is enough unless you know what is more than enough".

    Bref, on aura compris où je veux en venir, venir qui n'est rien d'autre qu'un revenir à ce que j'avançais dans les posts précédents: si la notion de transcendance mène à une aporie, alors il ne reste comme solution, pour nous qui ne voulons pas nous taire, qui voulons nous passer (par fierté et par raison) des facilités de la Révélation, du groupe qui communie ou du silence mystique, qu'à envisgaer Dieu, l'Absolu, comme entièrement intelligible, mais de manière toutefois "asymptotique" : de l'Absolu, il faut dire qu'il est Résultat, il n'est qu'à la fin ce qu'il est. La Pensée entièrement adéquate se confond avec son objet, c'est à dire : la Raison entièrement développée se confond avec son Système ("le monde est fait pour aboutir à un Livre"). C'est, si l'on veut, notre interprétation de la Trinité : la raison (humaine) en devenir, émergeant de l'inconcevable abîme du "Père", s'achemine vers l'Esprit, c'est à dire vers elle même en tant qu'Absolu, "à la fin". 

    On doit bien convenir que Spinoza , le philosophe qui a le plus fait pour établir et fonder le projet d'intelligibilité totale du monde qui se confond avec l'Occident, n'échappe pas totalement au reproche fait plus haut : en effet, dans l'infinité d'Attributs infinis qui forment la Substance (= Dieu) il n'y en a que deux, l'Etendue et la Pensée, qui soient concevables par l'être humain. Mais alors comment sait il quelque chose à propos des autres, puisqu'ils sont inconcevables? parce qu'il faut qu'ils soient en nombre infini pour garantir la perfection infinie de la Substance ? mais l'on sait depuis Cantor qu'infinité, cela peut vouloir dire bien des choses différentes : puisqu'il y a justement une infinité d'infinis différents, les Alephs de Cantor.

    Nous proposons tout simplement de remplacer les Attributs de Spinoza par les topos. En effet, si Dieu est pour nous la Raison, c'est à dire la Pensée soumise à la vérification et à la falsification, alors son cadre d'exercice doit être une catégorie munie d'un objet spécial donnant les valeurs de vérités, ce que l'on appelle en termes techniques un "classifieur de sous-objets". C'est ce que Badiou nomme un "transcendantal" d'un monde. Dans ce cas un "monde" doit être un topos, si Badiou veut être fidèle à son langage de base. Nous proposons , à titre d'hypothèses de départ, de prendre comme catégories-monde les topos.

    Nous nous séparons donc ici de Badiou en ce que nous n'accordons aucune position privilégiée au topos des ensembles, c'est à dire de ce qu'il appelle "multiplicités pures" et qu'il assigne à l'ontologie mathématicienne (de la théorie des ensembles donc) alors que la théorie des catégories correspondrait à la logique, au discours sur ce qui apparait et non sur ce qui est. Car puisque nous partons directement de l'Absolu comme Raison (mathématicienne), peu nous chaut l'Etre en tant qu'Etre et l'ontologie.

    Notre définition projet de départ, à valider par la suite, est donc de remplacer la Substance de Spinoza par la 2-catégorie TOPOS des topos: c'est une 2-catégorie dont les objets (ou "0-cellules") sont les topos, dont les 1-morphismes sont ce que l'on appelle les morphismes géométriques. Rappelons que si E et F sont deux topos, un "morphisme géométrique" f entre E et F :

                                        f :  E   ---------------------> F

     consiste en une paire de foncteurs :

                                        f* :   F  -------------------> E (appelé "image directe de f")

     et

                                         f* : E  -------------------->  F (appelé "image inverse de f")

      donnée avec une adjonction  :  f* Adj  f*  (le foncteur image directe de f possède comme adjoint à gauche le foncteur image inverse de f)

      et telle que f* soit cartésien (cad préserve les limites finies).

    Soit une paire de morphismes géométriques :  f,g :  E ------------------> F

    alors on définit une transformation géométrique :  @ : f ------------ g comme une transformation naturelle (ou morphisme de foncteurs) entre les foncteurs images inverses :

                                                                    @ : f*  --------------> g*

     Ces transformations géométriques joueront le rôle de 2-morphismes dans la 2-catégorie TOPOS

    C'est là notre définition dogmatique de l'Absolu : il convient maintenant de suivre les développements (dans les travaux des mathématiciens) des études sur cette      2-catégorie afin de parvenir à l'Absolu comme Résultat. A la fin ! c'est à dire dans très longtemps. Hitler s'était donné mille ans, il ne nous en faudra pas moins d'un million !

    Publié par topos à 11:17:29 dans Mathesis universalis | Commentaires (0) |

    sauver les étincelles | 07 juin 2006

    Au cours de l'un des trois "grands rêves" (rapportés sommairement dans les "Olympica") par lesquels s'annonce son baptême philosophique, Descartes entend en songe comme un "coup de tonnerre", et, s'éveillant en sursaut, aperçoit flottant dans l'air de sa chambre d'innombrables étincelles.

    Le "coup de tonnerre", pour nous, c'est la première vérité établie péremptoirement sur la terre de l'Absolu (= Dieu) comme étant la Raison (humaine), c'est à dire la pensée qui se fixe des conditions de vérité (et donc aussi de fausseté). Ce qui exclut l'art comme la poésie ou bien la doxa du quotidien (que nous dirons "journalistique"). Les étincelles c'est ce qui reste à sauver de ce que l'on appelle "philosophie" et qui devrait plutôt être appelé "philosopher". La philosophie c'est l'exposition qui est aussi construction du système de la Raison, de la mathesis universalis, une fois trouvée une première vérité (= un objet initial dans une catégorie des vérités) dans l'ordre du savoir (dit "analytique"). C'est en somme la Voie unique. Le "philosopher", c'est le chemin d'accès, propre à un individu particulier compte tenu de ses caractéristiques culturelles, ethniques, historiales, à la philosophie.

    Y a t'il quelque chose à sauver ? c'est une hypothèse qui a été faite ça et là (par Schelling notamment) que la philosophie est aussi son accès à elle même dans un commencement absolu. Dans cette hypothèse, il n'y aurait plus qu'à détruire (à faire table rase) de ce qui prend l'apparence de la raison en se nommant à tort "philosophie" mais participe plus en fait de la religion ou du divertissement. C'est alors une "Destruktion" heidegerienne globale qui est à l'ordre du jour. Point de chemin d'accès, mais une libre décision de l'individu philosophant qui décrète à un point de la durée : "Ici dorénavant la Raison parle".

    Nous ferons ici l'hypothèse inverse (dans le sillage de Hegel par exemple) qu'il y a une propédeutique, un chemin d'accès, des multiples chemins d'accès menant hors de la "brousse" (de la doxa) à la Voie de la Mathesis.

    La tâche qui se propose alors à nous consiste à élaguer, à cribler, à trier , dans ce qui se donne le nom de philosophie, entre ce qui est du domaine de l'utilisable (pour nous) et ce qui est mort.

    A commencer par les grandes philosophies, celles étudiées et sans cesse commentées par  Brunschvicg dans son "Progrès de la conscience occidentale" par exemple : Platon, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte etc...

    Prenons par exemple Fichte, que Brunschvicg met au plus haut, dans la querelle de l'athéisme : il oppose de la manière la plus claire qui soit le dieu des traditions ethniques, le dieu de l'homo credulus comme de l'homo faber, celui que l'on prie, auquel l'on demande des faveurs, au Dieu comme horizon et source de l'Esprit de Vérité. Mais cela ne l'empêche pas de mêler à ces  considérations des éléments bien moins purs ressortissant à la morale et au devoir. C'est ici que se situe la tâche d'éclaircissement, c'est à dire au sens propre d'Aufklärung. Faire le tri entre le bon grain (ce qui est purement du domaine de la Raison en acte) et l'ivraie du moralisme , du sentimentalisme et du religieux.

     

    Publié par topos à 18:24:15 dans Philosophie | Commentaires (0) |

    1|

    Moi

    qui pourrait  mieux parler de moi que  moi ? mais qui pourrait mieux parler de moi que n'importe quel autre, qui me voit en face à face ?


    une fourmi noire, 


    dans la nuit noire,


    sur la terre noire,


    sous une pierre noire,


    D-ieu seul la voit


    et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?

    Notre CREDO

    "le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG

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