«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG
Au premier chapitre des "Ages de l'intelligence", Brunschvicg, citant Alain, met en garde contre la précipitation et la hâte dans l'étude des disciplines scientifiques :
L'effort du philosophe pour suivre dans sa subtile complexité l'œuvre des hommes qui marchent en tête du corps d'exploration de la nature comporte un certain risque. « Celui qui veut savoir et non pas avoir l'air de savoir (remarque M. Émile Chartier) passera dix ans à la géométrie et à la mécanique, découvrant pour son compte toutes sortes de vérités connues, mais le vaniteux court au dernier mirage de la physique»
et certes on pourrait peut être nous reprocher d'être ici trop vaniteux, en courant au dernier mirage de "la physique des topoi" : encore faudrait il que cette dernière soit un mirage, ce qui n'est pas le cas, j'en suis absolument persuadé!
et puis cette hâte à nous promener dans le domaine si exquis des catégories et des topoi ne nous fait pas oublier les disciplines plus classiques, et notamment la mécanique, à laquelle nous avons déjà ici conscré un article, portant sur le livre de Painlevé : "Les axiomes de la mécanique" , en Octobre 2008 , intitulé "Genèse de la mécanique classique":
http://sedenion.blogg.org/themes-mecanique-235632.html
D'ailleurs Brunschvicg , immédiatement après la mise en garde citée supra, ajoute ceci , pour préciser sa pensée :
Il conviendra de ne pas perdre de vue l'observation, et pourtant de ne pas s'en laisser intimider jusqu'à reculer devant une nécessité qui est inscrite dans la nature du monde. L'esprit souhaiterait sans doute que la science ne cessât de se développer en ligne droite à partir des propositions les plus claires et qu'elle pût se borner à tirer de principes incontestés des conséquences encore inaperçues sans avoir à modifier l'ordre des éléments. Seulement il est vrai qu'il n'en est pas ainsi : l'histoire de l'individu et l'histoire de l'espèce ne présentent pas le même rythme. Il est arrivé que chaque découverte décisive, non pas seulement en physique mais en mathématique, a provoqué un retour de réflexion qui a pour résultat de transformer le caractère des éléments et des principes, érigés précipitamment en réalités ultimes et en évidences absolues
Je voudrais pour ma part reprendre le mot d'Alain : Celui qui veut savoir et non pas avoir l'air de savoir passera dix ans à la géométrie et à la mécanique, découvrant pour son compte toutes sortes de vérités connues
d'une part pour indiquer que géométrie comme mécanique valent bien dix ans d'études, si ce n'est toute une vie, mais surtout pour souligner que celui qui les étudie, comme nous ici, dans une perspective philosophique, c'est à dire selon nous religieuse, et non pas simplement scientifique ou épistémologique, ne se borne pas à "découvrir des vérités connues".... je veux dire par là que les "vérités" découvertes lors de l'approche philosophique ne se bornent pas aux purs et simples théorèmes de l'exposition scientifique.
Certes l'étude sérieuse de la mécanique, comme de toute discipline scientifique véritable, exige que l'on "mouille la chemise" en abordant les théorèmes et surtout leur démonstration, sans rechigner devant les aspects les plus "techniques".
Car se borner à apprendre en vitesse quelques résultats scientifiques spectaculaires, en évitant soigneusement la difficulté de leur aspect mathématique et de l'étude de leurs preuves, transforme la science en une nouvelle superstition : celle que l'on trouve dans les revues de vulgarisation, même sérieuses.
Mais l'approche philosophique diffère de l'approche scientifique en ce qu'elle la "redouble", en quelque sorte, dans une réflexion sur la réflexion, une pensée sur la pensée.
Les sciences (et donc les scientifiques) pensent, il n'y a là dessus aucun doute, et la position de Heidegger est à mon avis définitivement disqualifiée. Non seulement ils pensent, mais ils effectuent un travail extrêmement difficile, car ils sont en quelque sorte semblables (en tout cas pour les chercheurs théoriques de pointe) à ces pionniers qui explorent pour la première fois des régions inconnues avant eux.
La science pense, réfléchit (au moyen de la mathématisation) sur les phénomènes naturels, ce que Brunschvicg appelle le "choc de l'extériorité".
La philosophie réfléchit sur la réflexion des sciences : second degré, redoublement. Elle est l'esprit réfléchissant sur lui même, sur son "aventure d'idées" dans la marche de la science, et à de titre, comme dit Brunschvicg dans la "Modalité du jugement", elle est connaissance intégrale.
Or c'est ici qu'une question lancinante se pose touchant à la nature des propositions scientifiques qui repose selon Popper et d'autres dans leur réfutabilité.
Car si les "vérités" de la physique d'il y a trois siècles, ou même d'il y a 50 ans, sont réfutables, cela veut dire qu'elles ne sont pas définitives, éternelles, qu'elles peuvent très bien s'effondrer. Et d'ailleurs, si la relativité aussi bien que la physique quantique doivent être remplacées par une future théorie qui permettra d'unifier toutes les interactions, le philosophe qui base ses conceptions sur les "vérités" provisoires de la physique actuelle ne bâtit il pas sur du sable ?
certes on peut répondre à ce genre d'objections au moyen de considérations épistémologiques sur la "convergence" des théories (vers la vérité) : ainsi la relativité d'Einstein ne renvoie t'elle pas la physique newtonnienne au placard des fausses théories, avec celle du phlogistique ou des livres d'alchimie : elle la complète, en ne la remettant enc cause que pour les vitesses proches de celle de la lumière. Par contre les lois de Newton restent valables pour les vitesses faibles par rapport à celle de la lumière, et d'ailleurs leur validité a encore été testée expérimentalement lors des expéditions luniares ou même des envois de satellites depuis 50 ans.
mais certaines écoles épistémologiques n'admettent pas la conception de la "convergence", aussi cette réponse ne saurait elle nous satisfaire...
et cela d'autant moins qu'elle se fonde sur un schéma réaliste de la nature de la vérité....
or, si ce que nous avons dit précédemment sur l'approche philosophique comme réflexion redoublée est juste, alors cette vision "réaliste" de la vérité, comme adéquation aux phénomènes mesurés, satisfaisante pour la science et même l'épistémologie , doit céder la place en ce qui concerne la vie spirituelle et religieuse à une conception idéaliste.
La Vérité n'est pas l'accumulation, même structurée dans des catégories ou autres , de "vérités" factuelles ou de théorèmes.
La Vérité n'est rien d'autre que l'ascension infinie de l'humanité, (envisagée idéalement comme communauté des sujets rationnels), vers l'Idéal de Pensée pure et infinie que nous nommons "Dieu".
Et dans cette ascension, commencée certes dans le temps de l'histoire, chez Thalès, Platon et Archimède, puis chez Copernic, Galilée, Descartes et Spinoza, tous les "échelons", toutes les étapes sont "éternels".
La différence avec les "initiations" telles qu'elles sont décrites et promises par les sociétés occultes ou "ésotériques" est que cette ascension n'est pas celle d'un individu ou d'un groupe restreint d'individus (les prétendus "initiés") mais concerne toute l'humanité, même si dans sa plus grande partie elle n'en a que faire...telle est l'universalité dès le principe du Dieu des philosopphes et des savants, Dieu de la pensée pure et universelle, qui ne saurait souffrir qu'il y ait des groupes de "sauvés" ou d'élus et d'autres qui seraient "damnés" ou "simplement psychiques" ou "hyliques", par opposition aux "gnostiques".
D'ailleurs, je demande que l'on réfléchisse : pourquoi voudriez vous vous sauver, ou vous initier "tout seul" ? pour jouir de quelle position d'exception ?
C'est ce que Brunschvicg veut dire quand il décrit le "Discours de la méthode" de Descartes comme premier traité historique de la seconde naissance, et, ajouterons nous, de l'Initiation...une inititation, une seconde naissance qui est celle de l'humanité entière, considérée certes en compréhension, et non en extension,mais entière tout de même...ce qui veut dire que les hommes de toutes les époques "naissent" une seconde fois , à l'Esprit, en 1637 avec la publication du "discours de la méthode", ou plutôt avec sa "pensée" par l' homme Descartes , même s'ils sont morts il y a 30000 ans ! la vérité est "éternelle", elle est "Dieu" selon Spinoza dans le Court Traité... elle est "la nature" envisagée "sub specie eternitatis"...
Aussi la mécanique, pour ne parler ici que d'elle, est elle un acquis éternel de la pensée, de l'Esprit, dans son "itinéraire vers le Dieu des philosophes et des savants".
Et c'est ici que le livre de Paul Painlevé permet de baliser précisément cette ascension spirituelle, en trois étapes : géométrie, statique et enfin dynamique.
Toutes les sciences, même les plus abstraites, comme l'arithmétique et l'analyse, ont une origine expérimentale.
Celle de l'arithmétique se trouve dans la notion de nombre, qui s'est formé en nous parce que nos sensations forment des groupes séparés;des êtres qui vivraient dans un milieu continu pour leur sens, n'auraient aucune idée d'unités disctinctes, ni par suite de nombre.
Les origines expérimentales de la géométrie se trouvent quant à elles dans nos contacts quotidiens avec les corps matériels solides; ses axiomes sur les figures invarialbes énoncent sous une forme épurée les propriétés de formes des solides matériels.
De même la mécanique porte sur le mouvement des corps, corps "fixés" abstraitement par la géométrie.
On s'explique alors facilement que le développement de la géométrie (euclidienne) ait précédé historiquement, de 20 siècles à peu près, celui de la mécanique en tant que science du muvement des corps (solides, puis liquides et gazeux dans la mécanique des fluides).
Selon l'éclairante formule de Painlevé : "de même que la Terre a une carcasse solide, notre conception de l'Univers a une ossature : la géométrie".
Le mouvement est par nature changeant, presqu'insaisissable : il exige une technique expérimentale, pour les observations, puis un cadre rationnel d'analyse, permettant de déduire du phénomène intégral les chnagements élémentaires, infinitésimaux.
Loin de s'imposer à nos sens comme les propriétés des solides, les lois fondamentales du mouvement ne pouvaient être décelées que par une technique expérimentale et une mathématique déjà très élaborées.
Mais il faut aussi faire la différence, à l'intérieur du cadre conceptuel de la science appelée "mécanique", entre la science propre du mouvement, à savoir la dynamique, et la science de l'équilibre, la statique : les remarques ci dessus ne s'appliquent qu'à la dynamique, et c'est ce qui explique que la statique soit bien plus ancienne, remontant aux travaux d'Archimède.
Elle diffère cependant essentiellement de la géométrie : cette dernière étudie les propriétés des figures invariables formées par un ensemble de points, sans s'occuper des causes qui maintiennent cet équilibre, causes et conditions qui font le thème de la statique (théorie de l'équilibre du levier, hydrostatique chez Archimède, etc..).
La statique exige donc la géométrie, et ne pouvait être créée qu'après elle. Mais tant qu'lle reste isolée de la dynamique, elle est une science incomplète, une branche séparée du tronc. Ainsi l'hydrostatique archimédienne peut à la rigueur expliquer la forme générale des surfaces d'équilibre des océans, mais est incapable de rendre compte des perturbations périodiques, appelées marées, que subit cet équilibre.
C'est par l' union de la statique et de la dynamique que la mécanique a pu jouer son rôle de science-guide de toutes les autres, ce qui correspond à l'étape "philosophique-scientifique" appelée mécanisme.
La mécanique moderne est née le jour où la méthode expérimentale de Galilée, lorsqu'il laissa tomber des balles de plombs ou d'autres corps du haut de la tour de Pise ou observa les mouvements de billes sur des plans inclinés, détrôna les méthodes a priori des scolastiques.
Encore faut il noter que l'expérience ne servait le plus souvent à Galilée que de confirmation de choses qu'il savait, ou pressentait, déjà. La science moderne est certes issue de l'union du rationalisme mathématique et du dispositif expérimental, mais le premier possède un rôle prépondérant. Et les idées a priori des créateurs de la mécanique, et donc de la physique, moderne : Galilée, Kepler, Newton, ils les devaient aux modifications opérées par Copernic et son école au principe de l'inertie tel que le concevaient les scolastiques.
On comprend ainsi que le développement de la mécanique ait été si tardif, et une fois commencé si prodigieusement rapide; une fois assurée de son statut de science intégrale , elle ne pouvait que prendre le pas sur les autres "prétendues" sciences du Moyen age.
Et la mécanique est en quelque sorte le "type idéal" de toutes les sciences modernes, sur lequel elels doivent se modeler; de l'exactitude de ses axiomes dépend celle de toute science.
Publié par topos à 10:43:58 dans Physique | Commentaires (0) | Permaliens
A mon avis, deux grands "représentants" de l'humanité moderne (c'est à dire nous tous) dans la littérature sont : Faust (mis en scène par bien des auteurs, dont Marlowe, et surtout Goethe) et Hans Castorp , le "héros" du grand roman initiatique de Thomas Mann : la Montagne magique (Zauberberg) écrit en 1924.
On pourra me dire : oui mais ce sont des personnages d'oeuvres de fiction, qui n'existent donc pas ! comment pourraient ils "représenter" l'humanité moderne, qui est composée d'êtres humains en chair et en os ? encore Faust acquiert il peu à peu la consistance d'un véritable mythe, mais La montagne magique n'est qu'un roman... une grand roman certes, mais un roman parmi des milliers d'autres !
Voire...
j'oppose à ces allégations un avis tranchant, qui était d'ailleurs celui de Thomas Mann : loin d'être "seulement" des fictions, les mythes ont en fait plus de réalité que les faits et évènements (souvent dérisoires) du monde quotidien. Si, comme le dit le personnage de Shakespeare (et comme le répète le détective Sam Spade, magistralement interprété par humphrey bogart, à la fin du "Faucon Maltais" de John Huston) , "nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves" , alors on peut commencer à concevoir que "le rêve dans le rêve" peut avoir plus d'importance que le rêve lui même !
d'ailleurs le film "Picnic at hanging rock" (cf article précédent) commence par cette "récitation" d'une douce voix féminine : "ce que nous voyons et percevons n'est qu'un rêve à l'intérieur d'un rêve"...
Sans être d'accord sur tout avec la "science spirituelle" d'orientation anthroposophique de Rudolf Steiner, je retiens certaines de ses intuitions géniales, notamment celles sur le sens de Faust; d'une manière générale je laisse tomber dans l'anthroposophie tout ce qui est manifestement trop imprégné de théosophie et d'occulte (les hiérarchies spirituelles, la réincarnation, l'Atlantide, etc...), ou plutôt je le considère comme des "mythes", pour lesquels joue ce que je dis un peu plus haut.
Aussi ai je analysé le mythe de Faust dans l'article suivant en relation avec l'anthroposophie :
http://www.blogg.org/blog-50434-billet-faust_de_goethe___la_rencontre_avec_le_mal-1068597.html
"Faust est le représentant de l'humanité moderne; Hans Castorp de "La montagne magique" aussi, d'ailleurs il existe de profondes proximités entre les deux ouvres, ou plutôt les deux "mythes", car ce sont, comme le dit Thomas Mann au début de son oeuvre, des récits hermétiques. Dans tous les sens de ce terme.
Oswald Spengler, dans le "Déclin de l'Occident", qualifie d'ailleurs de "faustienne" l'humanité occidentale.
Que voulons nous dire par humanité occidentale ? l'humanité européenne ? l'humanité de race blanche ?
non, mais l'humanité "moderne", celle qui se situe en héritage de l'évènement de la science moderne, l'évènement copernicien-galiléen-cartésien.
Là encore, l'anthroposophie apporte un éclairage nouveau : car la période "moderne" coïncide avec celle de l'âme de conscience, qui commence selon Steiner en 1413. Un penseur important de cette époque, prédécesseur de ceux qui fondent la science, est Nicolas de Cuse."
J'ai d'ailleurs aussi commencé à étudier, là encore en relation avec l'anthroposophie, "La montagne magique" ici :
quant à l'opposition tracée par Rudolf Steiner, et fondamentale en anthroposophie, entre les deux "puissances du Mal" que sont Ahriman et Lucifer (reprise par Raymond Abellio dans "La structure absolue" avec le couple Lucifer-Satan) elle est à mon avis d'une très grande importance, et d'une "réalité" qui là encore dépasse la réalité quotidienne qui est celle du "rêve ordinaire" (celle dont parle T S Eliot dans "La terre gaste", lorsqu'il dit : j'ai entendu la clef tourner une fois, une seule fois, dans la serrure").
Cette opposition, c'est celle entre Settembrini (l'homme des lumières, de la révolte, du "placet experiri") et le jésuite Naphta (juif conveti) dans "La montagne magique".
Dans Faust, l'opposition se situe entre le premier Faust de Goethe, où Faust est soumis à la tentation luciférienne , et le second, où devenu un personnage public rempli de "pouvoir" sur les hommes, c'est à la tentation ahrimanienne qu'il succombe...
cette "réalité" suffit, si l'on admet ce que j'ai dit plus haut à propos de la force des "mythes" et plus généralement des entités "spirituelles" (les entités mathématiques en font partie, et que l'on songe par exemple à l'influence que peuvent avoir les espaces abstraits de Hilbert dans la physique quantique, et donc dans la réalité de tous les jours : GPS, ordinateurs, etc...pour ne pas parler des missiles nucléaires, j'y viens peu après).
Donc pas la peine de se forcer à "imaginer" des dieux ou des démons : pour se "représenter" Ahriman, il suffit de former une image du web, ce "réseau" en "toile d'araignée" qui nous ensert dans des mailles de plus en plus serrées... Ahriman existe, il EST ses effets, pas un "démon" qui se cacherait dans un ciel inaccessible...
Une autre "instance" de Faust, donc de l'humanité moderne, de nous tous, dont je veux parler ici, est à mon sens composée collectivement de ces scientifiques qui dans les années 40 ont participé au projet Manhattan.
La photo qui accompagne l'article a été prise dans les années 40, elle montre trois génies de la physique ou des mathématiques (et même, dsions le, de la fusion de ces deux sciences différentes : la physique mathématique) : au centre le physicien américain Richard Feynman, tout jeune à l'époque, il est né en 1918; il est entouré de deux très grands mathématiciens, à sa droite Ulam, à sa gauche Von Neumann.
Tous trois sont juifs...
c'est d'ailleurs un fait frappant de constater la prépondérance des juifs dans la physique de pointe de cette époque, et dans le projet Manhattan, dont le "directeur scientifique", Robert Oppenheimer, est juif aussi.
http://en.wikipedia.org/wiki/J._Robert_Oppenheimer
Voici la liste des participants scientifiques au projet :
http://en.wikipedia.org/wiki/Category:Manhattan_Project_people
parmi eux, on retient entre autres :
http://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Feynman
http://en.wikipedia.org/wiki/Stanislaw_Ulam
http://en.wikipedia.org/wiki/Le%C3%B3_Szil%C3%A1rd (Szilard)
http://en.wikipedia.org/wiki/Edward_Teller
http://en.wikipedia.org/wiki/John_von_Neumann
http://en.wikipedia.org/wiki/David_Bohm
aussi bien des "plutôt mathématiciens" (Ulam, Von Neumann) que des "plutôt physiciens" (Szilard, Teller) et Feynman ou Bohm, qui sont inclassables (mais inclassables de manière très différente : jamais Feynman n'aurait dialogué avec Krishnamurti).
Tous juifs....
quel est mon but en soulignant cette évidence ? de suggérer que les juifs seraient supérieurs aux non juifs en intelligence ? évidemment non !
ou alors de prétendre qu'il y aurait une "influence juive" dans ce qu'il faut bien appeler le premier stade du terrifiant danger nucléaire global (plus terrifiant encore de nos jours que du temps de la guerre froide, où pourtant l'humanité est passée plusieurs fois à deux doigts du gouffre de la destruction totale) ? non plus !
Car cette sur-représentation des juifs parmi les scientifiques américains de l'époque s'explique très simplement : ils avaient fui en masse l'Europe et les persécutions nazies. Dans la liste ci-dessus, seul Feynman est né aux USA (comme Oppenheimer d'ailleurs) : tous les autres sont des réfugiés d'Europe centrale, de Hongrie pour la plupart(alors va t'on en inférer que les hongrois sont plus intelligents que les tchéques ?) . A part peut être Von Neumann qui a émigré en 1930, donc avant qu'Hitler n'arrive au pouvoir (mais n'y avait il pas déjà des persécutions antisémites en Europe à cette date ?) .
En 1939; ce sont Szilard, Teller et Wigner qui, épouvantés par l'idée (qui s'est révélée fausse par la suite) selon laquelle l'Allemagne nazie était proche de construction de la bombe atomique, ont persuadé einstein d'écrire à Roosevelt en mettant tout son poids (énorme à l'épqoue) dans la balance pour encourager le gouvernement américain à construire la bombe :
"Les physiciens nucléaires Leó Szilárd, Edward Teller et Eugene Wigner (tous les trois des réfugiés juifs hongrois) étaient convaincus que l’énergie libérée par la fission nucléaire pouvait être utilisée dans des bombes par l'Allemagne nazie. Ils persuadèrent Albert Einstein, l’un des plus célèbres physiciens au monde et lui aussi un réfugié juif, d’avertir de ce danger le Président américain Franklin Roosevelt dans une lettre datée du 2 août 1939 dont Szilárd fit le brouillon. La lettre fait état de la possibilité de créer des bombes d'une puissance encore inconnue : « des bombes d'un nouveau type et extrêmement puissantes pourraient être assemblées. »
Le texte laisse présager que la Belgique serait un précieux allié pour obtenir de grandes quantités d'uranium : « les sources les plus importantes se trouvent au Congo belge. »
Einstein demande l'appui de Roosevelt, pour que le gouvernement « porte une attention particulière à la préservation de l'approvisionnement en uranium » et qu'il soutienne la recherche sur ce domaine « qui n'est à présent accompli que dans les limites des budgets des laboratoires universitaires ».
Il fait part de ses craintes au sujet de l'Allemagne qui a mis l'embargo sur les ventes d'uranium tchécoslovaque, et où « le fils du sous-secrétaire d'État allemand, von Weizsäcker, est attaché à l'Institut du Kaiser Wilheim » qui travaille sur ces problèmes.
La réponse de Roosevelt fut d’encourager des recherches supplémentaires sur les implications militaires de la fission nucléaire. Après le bombardement d'Hiroshima, Einstein déclara regretter amèrement d’avoir écrit cette lettre (I could burn my fingers that I wrote that first letter to Roosevelt).
La marine de guerre américaine dut accorder une première subvention de 6 000 USD, gérée par le Comité consultatif pour l'uranium, pour des expériences sur l’énergie nucléaire, ce qui donna ensuite naissance au projet Manhattan."
Einstein dut écrire à plusieurs reprises, voici les textes de ses lettres :
http://hypertextbook.com/eworld/einstein.shtml
Pour dire frontalement et brutalement ma pensée :
ces physiciens ou mathématiciens, ces Savants-Philosophes (au moins pour ce qui est d'Einstein), juifs ou non juifs, pris dans la tourmente de la guerre mondiale et du projet Manhattan, c'est à dire, il faut bien appeler les choses par leur nom, ayant d'une certaine façon "vendu leur âme au diable yankee WASP" (même si c'était pour de très nobles raisons), ils sont, collectivement, une incarnation de FAUST.
FAUST, c'est à dire nous tous hommes modernes, FAUST écartelé entre les deux "puissances du Mal" que sont l'Occident ahrimanien et l'Est (soviétique ) luciférien. Quant au nazisme je ne sais pas très bien le classer.... peut être comme une des ces formes encore plus virulentes du Mal dont parle l'anthroposophie sous les noms de "Sorat" ou des "Asuras" ?
toujours est il que le panorama spirituel de l'époque se présente à mon avis comme suit : avant les deux guerres mondiales, qui ont abouti à la destruction de l'Europe du centre, et donc de l'Europe (et de l'émergence dans les années 50 de sa négation sous une forme américanisée-mécanisée-ahrimanisée, sous la botte de laquelle nous nous trouvons toujours), l'Europe avait encore une chance (faible sans doute , compte tenu de l'antisémitisme montant au 19 ème siècle) de réaliser son destin et de devenir ce qu'elle EST, dans une admirable symbiose entre judaïsme et christianisme !
une jonction -fusion entre les deux entités dont des juifs allemands comme Einstein, Husserl ou Cassirer donnent une idée de la grandeur possible; la grandeur de ce qu'aurait pu devenir l'Europe par cette sybiose judaïsme-christianisme, c'est à dire la grandeur de ce qu'elle EST "archétypalement", "éternellement", en tant que cette "patrie" spirituelle ou l'Infini s'est fait corps et âme (comme recherhce infinie de la Vérité au moyen de la science mdoerne, voir husserl au début de la Krisis)...mais une grandeur perdue "temporellement" à tout jamais hélas.
C'était d'ailleurs l'idée de Nietzsche, à qui l'antisémitisme (de sa soeur notamment) faisait horreur !
Voir aussi :
Publié par topos à 17:29:18 dans Mathesis universalis | Commentaires (0) | Permaliens
Je ne suis pas musulman, mais c'est avec détermination et en toute conscience que je me joins à nos amis du blog "Islam des Lumières" pour dénoncer la campagne sournoise de diffamation dont leur religion, l'Islam des Lumières, ou "Islam des Philosophes et des Savants", est l'objet de la part de personnes ou d'organisations de peu de moralité, dont le but est difficilement compréhensible.
Certains individus voire certaines associations n'ont rien trouvé de mieux que d'inventer un faux Islam, fondé sur un livre raciste et sexiste, le Coran, et de tenter de le faire passer pour l'Islam véritable, qui est l'Islam des Lumières !
Ces personnes peu recommandables se livrent, au nom de l'Islam, à des activités scandaleuses comme le Ramadan, qui entraîne chaque année de nombreux accidents du travail ou de la circulation.
Voir le blog "Islam des Lumières" pour de plus amples informations :
http://www.blogg.org/blog-75765-billet-qui_sont_les_islamophobes__-1073244.html
Publié par topos à 11:22:09 dans racisme | Commentaires (0) | Permaliens
Quel film splendide, réalisé par Peter Weir ("Le cercle des poètes disparus") en 1975 !
Je n'ai pas envie de raconter l'intrigue avec mes pauvres mots, de toutes façons l'intrigue n'est pas l'essentiel, puisqu'elle ouvre sur le mystère, et qu'il n'y a pas d'explication à la fin, c'est d'ailleurs ce qui fait tout le charme étrange, envoûtant et un peu terrifiant du film... voir les liens suivants pour un résumé sommaire :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pique-nique_%C3%A0_Hanging_Rock
http://en.wikipedia.org/wiki/Picnic_at_Hanging_Rock (en anglais, plus complet, contenant notamment des liens intéressants à la fin, par exemple http://www.bookmice.net/darkchilde/rock/picnic.html )
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=858 , en français, avec une analyse "philosophique" du scénario, dont j'extrais ceci :
"PIQUE-NIQUE A HANGING ROCK fonctionne comme un affrontement entre deux mondes : d'une part une grande-bourgeoisie coloniale d'origine britannique ; d'autre part, un pays, l'Australie, dominé par des forces liées à la nature et présentes depuis des millions d'années. Les "victimes" de Hanging Rock sont ainsi de jeunes gens raffinés, issus des plus hautes classes sociales anglaises. A deux reprises, l'influence de la mystérieuse roche nous est exposée : lorsque les trois jeunes filles s'y promènent avant de disparaître ; lorsque Michael l'explore seul. Ils sont d'abord pris sous une emprise hypnotique, les poussant à s'allonger et à s'endormir. A son réveil, Michael a les mains et le visage couverts de mystérieuses traces de coup, tandis que sa visite a provoqué la réapparition, non moins incompréhensible, d'Irma, une des disparues de la Saint-valentin, qui porte le même type de blessures.
Par contre, les policiers et autres australiens d'extraction plus modestes (comme Albert, le serviteur de la famille Fitzhubert) semblent épargnés par cette influence destructrice. Il est possible, dès lors, que ces colons, implantés depuis plusieurs générations sur le continent et ayant créé un mode de vie mieux en harmonie avec lui, sont tolérés par le rocher. Mais, les visiteurs liés à la société britanniques, qui tentent, eux, de reconstituer à l'identique l'univers anglais et ses coutumes se condamnent à rester des étrangers dans ce pays, qui les rejette ou les broie. "
Avant de faire brièvement ma propre analyse, je souligne que pour autant que ma mémoire est fidèle, et contrairement à ce que dit le premier lien wikipedia, en français, l'ensemble de rochers où disparaissent les jeunes filles n'est pas un ancien lieu de culte aborigène...
Le scénario n'est pas tiré d'une histoire réelle, mais d'une nouvelle de Joan Lindsay, qui au départ avait écrit un chapitre final donnant une "explication" des faits. Mais elle l'a abandonné, sur les conseils de son éditeur, et ce fut une heureuse initiative, car ce chapitre "explicatif" se situe sur le plan de la science-fiction la plus "matérialiste" (les "trous de vers" et autres "time warps"), bonne pour les neuneus qui adorent ce genre de bêtises, il est résumé ici :
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Secret_of_Hanging_Rock
mais laissons là ces nunucheries et revenons à l'analyse dont j'ai recopié l'extrait quelques lignes au dessus. Ce qui est dit est "vrai" (factuellement) mais il n'y a qu'un seul inconvénient : cela noie le "sens" réel du film dans une bouillie là encore "matérialiste" (la Nature primordiale contre les civilisés, etc...).
D'accord, il y a des vérités là dedans, encore une fois... mais la formulation naïve employée (comme par exemple : "le rocher tolère les australiens parce qu'ils ont développé un mode de vie mieux en harmonie avec le continent australien") est assez risible... surtout quand on connait les conséquences de ce "mode de vie" des colons australiens sur la vie des aborigènes, par exemple !
Je dirai pour ma part qu'il s'agit d'un film initiatique, pour la bonne raison que son thème est l'initiation : l'intiation de ces quatre femmes anglaises (les trois jeunes filles et leur "professeur", qui va les rejoindre) à ce que j'appellerai les "mystères chtoniens primordiaux". Il me semble qu'il existe de beaux poèmes de Samuel Taylor Coleridge ayant une thématique assez proche, comme "Geraldine" par exemple.
Je viens d'adopter, avec les "mystères chtoniens", une terminologie un peu à la sauce occultiste ou "ésotérique", mais je précise tout de suite que justement ce genre de livres (ceux de Rudolf Steiner par exemple, et de la littérature "anthroposophique") "trahit" un peu ce qu'il y a de plus essentiel dans cet ordre de "choses" : le mystère justement, le fait que cela ne peut pas être évoqué dans nos formulations "rationnelles quotidiennes". Aussi le langage poétique, de Coleridge, de Tennyson, ou des autres poètes qui ont traité ce genre de thèmes, me parait il nettement mieux adapté.
Il ne faut absolument pas essayer de "se figurer", ou former des hypothèses, sur ce qui est "réellement" arrivé à ces jeunes filles (et encore une fois il s'agit d'une oeuvre de fiction, qui n'a été inspirée par nul évènement "réel") sinon on trahit complètement le "sens" qui est à mon avis celui qu'a voulu donner Peter Weir à son oeuvre.
Donc ceux qui sortent en se disant : d'après moi elles ont été violées et tuées par une secte se livrant à des cérémonies païennes sous terre, ou par des sadiques, ou enlevées par des extra-terrestres, ou passées dans une autre dimension de l'espace -temps, ceux là manquent totalement la dimension spirituelle du film : car ils commettent le péché contre l'esprit qui ne sera pas pardonné, en matérialisant le spirituel.
Pa contre l'approche "symbolique" que l'on trouve plusieurs fois dans le film lui même, qui "montre" le destin des jeunes filles par le biais de cygnes nageant sur l'eau, et elle tout à fait juste. Car il me semble me souvenir que le cygne, dans l'orphisme, symbolise le "devenir" de l'âme des bienheureux "après la mort" .
De même, lors d'un passage très beau vers la fin, on montre Miranda qui "apparait" à Michael devant une sorte de grotte sombre, puis y disparait aussitôt; il y a bien des analogies avec le mythe de Perséphone, qui possède une dimension "ésotérique" évidente, et souvent évoquées dans les ouvrages "occultes".
Mais il est important, à mon sens, de ne pas fuir, avec ces images très belles à la David Hamilton, la dimension "chtonienne" et explicitement sexuelle de l'aventure, visible par exemple dans le fait que les jeunes filles enlèvent leur corset et leurs chaussures, que la "professeur" qui va les rejoindre enlève sa robe et monte la pente juste avec ses collants, etc..
sous ce rapport, tout ce qui est dit plus haut à propos de l'époque victorienne est juste...
A mon avis, la littérature occultiste, mystique, anthroposophique ou théosophique trahit la "réalité" de ce que l'on appelle "initiation" en le rationalisant bien trop. Car la marque principale de l'intitation est son aspect terrifiant et destructeur de toute "forme", puisque l'individualité y est totalement perdue, ce pour quoi elle est assimilée à une sorte de "mort".
Je veux aussi souligner que le rationalisme, le vrai, ne nie absolument pas le "mystère" ou les dimensions "occultes" ou "initiatiques". Il se représente la "Raison" comme une île, une toute petite île perdue au milieu d'un océan d'incompréhensible et de "mystérieux".
Mais cette petite "île" de la conscience claire et rationnelle vaut mieux que tout l'océan : parce qu'elle constitue notre effort spirituel, notre activité proprement humaine , notre "noblesse" qui consiste à ne pas se laisser submerger par l'irrationnel, à lui dire, un peu comme Dieu dans le "Livre de job" quand il s'adresses à la mer :
"tu iras jusque là, mais pas plus loin !"
L'époque victorienne , ou celle de la bourgeoisie du 19 ème siècle et de son positivisme scientiste, s'est fracassée contre le mur du temps que fut la guerre de 1914-1918 et y a disparu corps et âme.
D'ailleurs, elle avait déjà rendu les armes en 1905, avec l'émergence de la relativité d'Einstein et de la physique des quantas de Planck, qui avaient donné un démenti terrible à l'appréciation fate à la fin du 19 ème siècle par Lord Kelvin :
"la physique a résolu tous les problèmes, maintenant il n'y aura plus que des gains de précision dans les mesures" !
les "mystères chtoniens" se sont alors manifestés dans les "joyeuses" années d'après guerre, ce fut le début de la démocratisation de la drogue, une tendance qui s'est encore accélérée après 1945. Et le cortège dionysiaque des thaumaturges et autres disciples de Pan a envahi jusqu'à notre terre d'Europe depuis lors...
disons le tout net : la mentalité victorienne et la "belle époque" de la bourgeoisie de 1900 étaient fondées sur une hypocrisie fondamentale et répugnante.
Mais doit on pour autant souhaiter l'éclipse totale (allusion à un fameux film d'Antonioni, qui à mon avis traite exactement de ce thème là) de la Raison ?
non car les "mystères chtoniens ou initiatiques" coïncident, s'ils n'ouvrent pas à une dimension "supérieure", dite "solaire" ou "céleste" , avec une destruction totale, celle qui guette l'humanité en ce début de 3 ème millénaire.
Certes l'intégration des niveaux inférieurs (ceux du dionysiaque, du chtonien, au niveau quotidien : du sexe) est absolument nécessaire, sinon , pour en revenir à l'histoire du film, les jeunes filles resteraient des "oies blanches" victoriennes et bourgeoises. Sans aucune chance donc de s'ouvrir aux dimension supérieures de l'Etre.
Mais le dionysiaque et le chtonien, s'ils ne cèdent pas la place à autre chose, à des "mystères supérieurs", disons apolliniens, n'amènent qu' à la destruction de la personne.
Comme on le voit maintenant tous les jours, avec le malheureux destin de ces jeunes filles qui "fuguent", semblables à la chèvre de Monsieur Seguin qui voulait tant quitter son pré carré et ennuyeux et aller vivre en liberté dans la montagne où est le loup: qui fuguent pour tomber dans la drogue, puis la prostitution, puis la mort... une mort toute prosaïque, qui n'a plus rien d'initiatique !
Cette voie supérieure, c'est pour nous, rationalistes, la philosophie "rationnelle" ; selon l'approche spirituelle dite "anthroposophique", la rationalié ne suffit pas.
Mais nous nous séparons de l'anthroposophie, pour les raisons que j'ai indiquées plus haut, et pour d'autres, qu'il n'est pas lieu de spécifier ici.
j'ajouterai seulement qu'il existe dans la philosophie une "voie" qui déclare explicitement qu'elle dépasse la philosophie rationnelle "seulement négative" dans ce qu'elle caractérise comme une "extase de la Raison" (et non pas une raison extatique, qui serait inspirée par le cortège des thaumaturges et autres chamanes) : je veux parler de la dernière philosophie de Schelling, appelée par lui "philosophie positive", ou "philosophie de la Révélation" c'est à dire explication philosophique des "mystères chrétiens".
Et j'aurai encore à parler de cette philosophie là, sans aucun doute ...
mais aujourd'hui, je préfère terminer avec un petit coup de Wittgenstein pour la route... le Tractatus est lisible sur le web en édition biliingue, allemand-anglais, à l'adresse suivante :
http://www.kfs.org/~jonathan/witt/tlph.html
à tous ceux qui voudraient quand même "parler" (sur un mode prosaïque, non poétique) du destin de ces jeunes filles du film, je répondrai à coups de versets du Tractatus : (en anglais hélas.. mille excuses..trop fatigué ce soir pour traduire):
The feeling that the world is a limited whole is the mystical feeling.
(Is not this the reason why men to whom after long doubting the sense of life became clear, could not then say wherein this sense consisted?)
et , bien sûr , le dernier verset , le septième (comme, au septième jour, D-ieu s'est reposé parait il de son oeuvre):
Publié par topos à 18:05:38 dans Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
Dans le dernier numéro 643 de "Marianne" , consacré aux "sacrés faux culs", à savoir les intégristes religieux, Michel Onfray, "ze" philosophe qui a écrit le célébrissime "Traité d'athéologie", est interviewé.
Pour ma part, ce filousophe m'indispose, et son "athéisme" (oh mais pardon il s'agit d'athéologie, pas d'athéisme..mille excuses !) m'inciterait plutôt à entrer dans les ordres... quand on le compare aux fulgurances de l'athéisme chrétien qui est celui de Nietzsche...oui, parfaitement, "athéisme chrétien", il ne s'agit pas d'une faute de frappe !
et ce monsieur nous ressert sa vieille soupe des "religions comme pulsions de mort", qui échangent les plaisirs certains de l'ici bas (sexe, bons vins, etc...) contre un supposé au delà ...ou, encore, comme on dit :
"boire un petit coup c'est agréable....et tirer un coup dessous la table c'est encore mieux... un ptit cul que tu tiens vaut mieux que deux tu l'auras gros bêta"
en somme, Michel Onfray est un traditionnaliste, un chantre de l'éternelle "sagesse des Nations" !
mais quand l'entretien aborde l'Islam, alors là le "lion" se change en..."lionceau" ...jugez plutôt ...c'est msieu Onfray qui parle :
"le problème est donc moins dans le port d'un voile que dans la lecture d'un livre dont bon nombre d'enseignements sont clairement et explicitement en contradiction avec la loi française. Si l'on veut vraiment un débat clair, il faudra aborder la question des sourates homophobes, antisémites, belliqueuses, misogynes, phallocrates, qui tombent clairement sous le coup de la loi française"
Eh oui ! admirez la détermination ! en voilà un homme, et un vrai !
En 1932, gageons que Michel Onfray se serait écrié, la main sur le coeur :
"le problème est donc moins dans le port d'une croix gammée que dans la lecture d'un livre dont bon nombre d'enseignements sont clairement et explicitement en contradiction avec la loi allemande. Si l'on veut vraiment un débat clair avec Monsieur Hitler , il faudra aborder la question des chapitres racistes, antisémites, belliqueux, revanchards, va-t-en-guerre, qui tombent clairement sous le coup de la loi française comme de la loi allemande"
ah ça on aurait vu ce qu'on aurait vu ! et les "chemises brunes" se le seraient tenu pour dit !
"il faudra"
quand ça , "il faudra" ?
bah attendez ! y a pas le feu au lac quand même !
mais il faudra... un jour... plus tard ... pas demain j'ai rendez vous avec Monique nique nique.... pas non plus après demain, j'ai ma séance de golf avec Pierre-Edouard ...
mais il faudra un jour...promis juré...dans le futur quoi... à la Saint Glin Glin, quand les poules auront des dents, le jour où l'on rasera gratis... bon, allez, ciao amigo, on se téléphone, on se prend un pot , on se fait une bouffe, mais on en discute hein...sans faute !
mais attention... il faudra, mais pas pour réprimer ou pour interdire, c'est facho ça ! c'est réservé à l'Irlande , un pays de cathos, comme par hasard, suivez mon regard (d'ailleurs Benoît XVI le pape panzer il aurait pas du sang irlandais ?) :
http://www.bivouac-id.com/2009/08/24/nouvelle-loi-contre-le-blaspheme-en-irlande/
et nous, on n'est pas des fachos, on est des occidentaux post-modernes et multiculturalistes éclairés (par les néons ou les Lumières) , amis du débat sans concession....démocrates quoi !
Non, il faudra : "pour que l'on puisse avoir un débat clair"....chez Ruquier par exemple, ou bien chez Ardisson...allez, lâchons nous complètement : pourquoi pas chez Delarue, ou au beau milieu de "Secret Story", ou de "Plus belle la vie" ?
le moins qu'on puisse dire c'est que Rifka Bary (voir article précédent) doit être rassurée, avec de tels héros, de tels mâles qui assurent comme c'est pas pensable ! eux vont la défendre contre sa famille qui veut la tuer parce qu'elle a quitté l'Islam !
il faut vous dire qu'en ce moment "les zéros sont fatigués" car ils sont tellement occupés avec les méchants agents de la CIA de bush qui "menaçaient les suspects de tuer leurs enfants s'ils ne parlaient pas", ou "avec une arme non chargée", ou même une perçeuse...on ne peut pas faire deux choses à la fois quand même !
espérons que ces obamaphiles, quand ils en auront terminé avec ces "fachos de la CIA" , s'occuperont des agissements de la police iranienne envers les manifestants contre Ahmadinejjad :
http://www.bivouac-id.com/2009/08/23/le-calvaire-dun-jeune-manifestant-iranien/
pour les inspirer, nous les encourageons à lire cet article d'un blog consacré aux Berbères :
http://www.blogg.org/blog-13255.html#1072620
Publié par topos à 10:55:44 dans Religions | Commentaires (0) | Permaliens
qui pourrait mieux parler de moi que moi ? mais qui pourrait mieux parler de moi que n'importe quel autre, qui me voit en face à face ?
une fourmi noire,
dans la nuit noire,
sur la terre noire,
sous une pierre noire,
D-ieu seul la voit
et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?
"le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG
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