• La thèse latine de Brunschvicg sur le web

    Je crée peu à peu sur ce blog de nouvelles pages permanentes, certaines nouvelles, certaines recopiées de mes anciens blogs.

    Et c'est en créant ce matin la page donnant les références pour lire à peu près toute l'oeuvre de Brunschvicg sur Internet :

    http://mathesis.blogg.org/page-l_oeuvre_de_brunschvicg_sur_le_web-792.html

    que j'ai eu l'heureuse, la merveilleuse, la divine surprise (soit dit sans provocation aucune, pas sur ce sujet là !) de découvrir que de nouveaux titres étaient maintenant disponibles en lecture libre, grâce à Google...

    eh oui ! moi je remercie Google, pour ceci en tout cas, je remercierais même Allah  ou Bouddha s'ils nous faisaient un cadeau aussi somptueux !

    Sur le site Internet Archive vous avez maintenant à votre disposition l'ouvrage "L'idéalisme contemporain" (dont j'ai déjà commenté ici quelques articles) et la thèse latine de Brunschvicg, de 1897, qui forme le pendant de son ouvrage peut être le plus important : "La modalité du jugement" (où toute l'oeuvre ultérieure est comme contenue en germe) :

    "Qua ratione Aristoteles metaphysicam vim syllogismo inesse demonstraverit"

    Ceci est donc à cette adresse :

    http://www.archive.org/search.php?query=Brunschvicg%20AND%20mediatype:texts

    vous pouvez lire les ouvrages en plusieurs formats : Pdf (cela ne marche pas toujours), djvu, "full text" (pratique pour recopier des petits bouts de texte) ou bien, cliquer sur "Read Online",c'est le plus pratique...

    Eh oui ! 1897 ! c'était l'heureux temps de la Belle époque (pour une minorité de privilégiés certes, la masse des ouvriers des villes européennes vivaient dans des conditions de misère épouvantables, et quant aux paysans, qui formaient encore la majorité de la population, leur sort n'était pas non plus très enviable.... mais l'est il plus aujourd'hui ? ).

    C'était l'époque où seule une poignée de privilégiés pouvait voyager, faire du "tourisme" (le mot n'existait pas à l'époque), aller de ville en ville dans toute l'Europe en se retrouvant "entre soi", entre gens de "bonne compagnie"... je ne veux pas les défendre ni les louer, de toutes façons cette société est indéfendable... mais la nôtre l'est elle plus, qui met à la rue un nombre croissant de SDF ?

    D'ailleurs cette époque n'allait pas durer : ceux qui naissaient dans ces années là étaient promis à la plus monstrueuse boucherie qui ait jamais ensanglanté le monde, 20 ans plus tard...mais nous, n'allons nous pas nous aussi vers l'horreur , vers une épouvante encore plus montrueuse, qui verra des bombes "sales", chimiques, bactériologiques, faire des centaines de milliers, ou des millions de morts au coeur de grandes villes européennes, en l'espace de quelques heures ?

    qui peut savoir ?

    mais quoiqu'il puisse arriver : n'ayons pas peur ! c'est là le message que nous transmet Brunschvicg!

    Il est un "présent éternel", celui du monde de l'esprit , du monde des idées platoniciennes, et il nous est possible d'accéder à cette éternité ici-bas, dans cette vie qui est la seule (les balivernes religieuses sur un corps glorieux et une existence "après" la mort ne sont que mensonges) .. et alors, alors seulement, il nous est permis de dire : "Mort, où est ta victoire ?"

    C'était l'époque où un Lord Kelvin pouvait annoncer sans rire, et surtout sans provoquer l'hilarité générale, que la physique avait terminé sa tâche, que le monde était entièrement expliqué et compris par la science, que désormais il n'y aurait plus de nouvelles découvertes théoriques importantes, seulement des améliorations dans les mesures....ceci quelques années avant la relativité restreinte d'Einstein et les quantas de Planck !

    C'était l'époque où l'Europe régnait encore sur le monde, de manière indiscutable et indiscutée, et hélas en profitait pour exploiter les pays non européens économiquement, pour les coloniser, mais aussi, ne l'oublions pas, pour leur apporter les premiers rudiments de la notion moderne de droits : ainsi, avant l'arrivée des français en 1830, c'était la chari'a , soit un terrifiant régime d'apartheid maintenant les non musulmans dans un statut inférieur, qui régnait en Algérie. Doit on la regretter ?

    Et, en France, c'était l'époque de l'Affaire Dreyfus , où une moitié de la France se couvrit de honte en persécutant parce qu'il était juif ce capitaine polytechnicien, patriote au dessus de tout soupçon (comme presque tous les juifs l'étaient, contrairement à ce que laissaient croire les mensonges de l'action française et des mouvements antisémites)

    OUI MAIS :

    c'était l' époque où cette supériorité européenne était heureusement indiscutée car indiscutable dans le domaine de l'esprit !

    Car le domaine de l'esprit a des lois bien différentes de celles du domaine matériel : plus vous partagez les "biens" spirituels, plus vous les augmentez (c'est d'ailleurs là le sens véritable de la multiplication des pains, ou de l'eau changée en vin, dans l'Evangile : il faut absolument épurer le christianisme de ses fables "asiatiques", pour qu'il devienne la religion de l'Esprit et de la Raison, la religion de l'Europe donc) !

    Et la culture et la spiritualité européenne, cette "Terre Promise" dont parle Brunschvicg, quoique puissent en dire les racistes, les multiculturalistes et les relativistes post-modernes, elle est ouverte et offerte gratuitement à TOUS les hommes, qu'ils soient blancs, noirs, jaunes, juifs, arabes, ou autres...

    il leur suffit de le vouloir, mais alors de faire l'effort d'étudier et d'assimiler ce qui est universel dans cette culture (la science, la philosophie) tout en abandonnant leur culture d'origine quand elle est manifestement incompatible avec cette identité européenne.

    Car je suis bien désolé de dire (moi qui suis né de famille juive) que l 'on ne peut  pas être européen et faire exciser, ou même circoncire , ses enfants : ces superstitions plus grotesques les unes que les autres n'ont plus leur place dans la Terre Promise... pas plus que la magie, la sorcellerie, les transes collectives, l'astrologie, l'occultisme, le spiritisme et la croyance aux fantômes ou au surnaturel, la réincarnation, le vaudou, les marabouts, et autres imposteurs ou illuminés...

    Mais cette Europe dont je parle, c'est une Europe idéale , elle n'existe nulle part : car n'importe quelle foule assistant à un match de football ou un concert rock ou rap nous montre des phénomènes de transe collective et de possession démoniaque. Le combat d'un Mersenne contre les sorciers au 17 ème siècle est à reprendre à zéro, d'ailleurs il n'a jamais véritablement abouti à la victoire complète, comme en témoigne la ténébreuse affaire des poisons au 18 ème siècle et l'engloutissement de l'Europe, sous couvert d'ouverture aux spiritualités orientales,  sous le déluge de l' occultisme et de l'irrationalisme "théosophe" au 19 ème, qui fut le prélude et la véritable cause de la naissance du nazisme au 20 ème siècle.

    Et c'était aussi l'époque (1897) où toutes les personnes cultivées écrivaient, comprenaient, et souvent même parlaient le latin et le grec anciens, ces langues absolument nécessaires pour accéder à la Terre Promise de l'Esprit européen, dont parle Brunschvicg dans son ouvrage du même nom : "L'esprit européen", l'un des seuls qui ne soit pas encore disponible sur le web:

    après Thalès de Milet, précurseur de la physique, après Pythagore de Samos émigré dans la Grande Grèce, c’est, avec Xénophane de Colophon, le premier nom de l’école éléatique, un troisième souffle qui, parti des rives d’Asie mineure, va contribuer à déterminer le sens dans lequel l’esprit européen devait s’engager… un aède original et profond qui rompt avec les moeurs de sa corporation, qui est le véritable héros d’une piété sincère. Grâce à lui, et dès la première leçon de ce cours, nous avons gravi le sommet d’où nous aperçevons la Terre promise de la spiritualité européenne

    Et pourquoi ne pas profiter de ce "défi" (lire la thèse latine de Brunschvicg dans la version originale) pour nous remettre au latin ?

    C'est bien ce que je compte faire pour ma part... et je ferai part des résultats !

    voici comment débute la thèse :

    "IN SYLLOGISMO MENTIS VIRTUS CONSTAT



    Ut Arislotelis doctrina recte intelligatur, ad superioris
    aetatis viros, Aristotele ipso duce, nobis est respiciendum.
    Ante autem Socratem alii, humanae mentis vires nullo
    modo commensi, protinus naturam rerum tentaverant; alii
    contra ratiocinandi arte ad omnem veritatem tollendam
    omnemque fidem dissolvendam abusi erant. Sed Socratici,
    ut res ipsasvere occuparent, humano animoprius incubue-
    runt; qui ideo non physici aut sophistae verum philosophi
    bono jure dicti sunt. His enim intellectum et rem unum
    atque idem esse constabat; quod si in dubium vocaretur,
    neque intellectus neque res existere posset."


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