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Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis

l'esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées

L'homme OCCIDENTAL

«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG

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    Prochoix : particularisme, universalisme, et langue de bois | 22 septembre 2009

    Je m'aperçois que dans l'article récent à propos de l'analyse de Caroline Brancher :

    http://www.blogg.org/blog-30140-billet-_riposte_laïque___analyse_d_une_strategie___prochoix_-1081738.html

    j'ai oublié le principal : la critique prétendûment philosophique de la stratégie de "Riposte laïque"

    Cela commence page 19 du torchon de Prochoix :

    http://www.prochoix.org/pdf/Riposte.laique.Brancher.Prochoix.pdf

    "C'est dans la longue diatribe contre le philosophe de la laïcité Henri Pena-Ruiz que Riposte laïque aura définitivement tombé le masque".

    De quoi s'agit il ? de rien d'autre que de séparer le monde en deux camps : les "bons universalistes" et les "méchants particularistes" dont Riposte laïque serait le bras armé !

    D'abord je note qu'il est un peu "orienté" de présenter Pena-Ruiz comme "LE" philosophe de la laïcité... sous-entendu : c'est lui l'expert, c'est lui qui SAIT, donc si vous vous opposez à lui vous êtes ridicules ...

    tout cela parce que ce monsieur a écrit un livre chez Folio : "Qu'est ce que la laïcité ?" !

    en somme Prochoix nous ressert le vieil et éculé "argument d'autorité" ! cela prend à peu près la forme (implicite):

    "Henri Pena Ruiz est l'expert en laïcité puisqu'il a écrit un livre appelé : Qu'est ce que la laïcité ? et qui fait autorité chez tous les fans de gauche de la laïcité ! donc Riposte laïque, qui le contredit, a tort !"

    et hop ! passez muscade, circulez y a rien à voir !

    J'exagère ? à peine !

    à peine parce qu'effectivement Prochoix tente d'entrer dnasune argumentation plus détaillée : mais celle ci est tellement niaise et simplistequ'ils feraient mieux de s'en abstenir et d'en rester au stade primaire que je viens de décrire.

    Car comme on dit :

     "plutôt garder le silence et passer pour un con que de parler et mettre ainsi fin à tous les doutes"...

    Mais Prochoix a décidé de mettre fin à tous les doutes et de devenir mètre-étalon de la connerie, à Sèvres ! car Caroline Brancher ne fait rien de moins que l'énormité de poser la fausse équation :

            laïcité = liberté de conscience

    pour accabler ensuite Riposte laïque, qui ferait le choix du "particularisme" et du "refus de l'universalisme" en voulant "dénier" aux pays et ressortissants musulmans la "valeur universelle" qui est la "liberté de conscience" !

    évidemment, comme dit Michel Blanc dans "Les bronzés font du ski" :

    "sur un malentendu ça peut marcher"

    Le seul ennui est que ce beau raisonnement s'effondre si l'on lit Huntington ET Henri Pena Ruiz.

    Ce dernier ne définit pas du tout la laîcité comme "liberté de conscience", ce qui serait en rester à un niveau de généralité propre à faire passer n'importe quel sophisme (c'est d'ailleurs le but de Prochoix) mais bien, classiquement, comme la neutralité confessionnelle de la puissance publique.

    Et il s'avère alors que cette "valeur", ou plutôt ce mode de fonctionnement politique, n'est pas du tout universel, mais limité à un certain nombre de pays européens, avec de grandes différences d'ailleurs. Mais ni les USA ni les pays musulmans ne sont laïques selon cette définition, bien entendu !

     Quant à Huntington, il est de fait que, loin d'encourager l'Occident à étendre à toute la planète ses valeurs , il prévient solennellement des risques de conflits majeurs qu'une telle attitude pourrait engendrer .

    Aussi la politique de Bush, visant à universaliser la démocratie,  est elle l'antithèse absolue de ce que propose Huntington...et l'on étonnerait sans doute beaucoup Caroline Brancher en la taxant de "bushiste", or c'est pourtant le cas!

    enfin, à cela près qu'elle n'est pas prête à aller jusqu'au bout, jusqu'à la guerre, pour mettre en oeuvre ses belles arguties sur l'universalisme...qui resteront donc forcément des voeux pieux.

    S'affranchir de tout particularisme serait effectivement du suicide, Riposte laïque a raison !

    et il n'y a aucun conflit entre particularisme et universalisme, bien au contraire : on le sait depuis la logique et la philosophie de Hegel, qui nous enseigne à ne jamais sacrifier l'un des trois niveaux : singulier, particulier, universel.

    "Universaliser" notre identité particulière, française, ce serait du néo-colonialisme !

    Seul est universalisable ce qui est en droit universel : et dans ce cas, effectivement, la liberté de conscience, qui est la valeur la plus haute, doit être universalisée !

     mais cela ne se fera pas sans de durs combats, qui espérons le pourront rester des combats d'idées (mais j'avoue ne guère me faire d'illusions là dessus).

    Puis Caroline Brancher continue de plus belle, en accusant Riposte laïque de trahir les luttes féministes et celles en faveur des homosexuels!

    là encore les mêmes méthodes staliniennes sont employées : on se prévaut du courrier de quelques  lecteurs pour conclure à la ligne directrice "réactionnaire" de Riposte laïque !

    et l'on termine par une accusation ignoble :

    "Riposte laïque pourrait n'être qu'un site raciste supplémentaire sur la toile",

    avant d'encourager de manière ambigüe , dans la meilleure tradition stalinienne ou khmer rouge, les "associations responsables" à intenter un procès:

    "si cette plainte (annoncée par le MRAP) est en rapport avec les nombreuses attaques dont les musulmans sont la cible sur Riposte laïque, un tel procès serait salutaire  et permettrait l'importante clarification dont le camp laîque a tant besoin"

    On voit ici avec évidence que cette fameuse "clarification" qu'appelle de ses voeux Prochoix n'est autre que la "normalisation" opérée par les grandes purges staliniennes ou soviétiques, à Prague en 1968 par exemple....

     

    Publié par topos à 18:07:59 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) |

    L'antidote au poison post-moderne : l'homme occidental selon Brunschvicg | 10 juillet 2009

    Pour replacer les réflexions sur ce qu'est vraiment l'Occident dans une juste perspective, je commence par cet extraordinaire court texte de Brunschvicg définissant ce qu'est "L'homme occidental", il date si je me souviens bien de la fin des années 20, on le trouve en annexe à la fin du premier tome des "Ecrits philosophiques":

    "L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes.

    Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait.

    Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde.

    Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique......

    quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre.

    Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en  chassant les imaginations matérialistes  qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient"

    Il est impossible de surestimer la portée et la valeur de ce texte merveilleux, qui place évidemment la barre très haut, en exposant de manière claire et succincte (mais sans rien omettre) les exigences de probité intellectuelle et morale qui définissent le véritable Occident.

    En même temps il s'agit d'une antidote au poison du désespoir et du nihilisme qui frappent nos consciences, par médias interposés, depuis...bien longtemps !

    Car il est impossible de vivre, de vivre humainement, dans la honte de ce que l'on est et dans la "mauvaise conscience" ...

    Or ce texte de Brunschvicg nous explique non pas ce que nous sommes, mais ce que nous devons être, et en même temps il nous fait comprendre pourquoi nous en sommes arrivés au point de rupture où nous en sommes, par notre propre faute , paresse et lâcheté: parce que nous n'avons pas eu le courage et la force de faire ce qu'il fallait pour être dignes de devenir des "occidentaux véritables", de devenir donc ce que nous sommes.

    Dans le même ordre d'idées, le grand Kant définissait ainsi les Lumières :

     "Les Lumières sont la sortie de l'humanité hors de l'état de tutelle dont elle est elle même responsable".

    Les conceptions de Brunschvicg se situent aux antipodes de celles des "grands orientaux" que sont des gens aussi différents que Joseph de Maistre, René Guénon, Fritjof Schuon , ou Henry Corbin; à ma connaissance Guénon et Corbin ne nomment jamais Brunschvicg (qui pour eux doit être un peu le "diable" en personne), mais dans son livre "Structures", Gilbert Durand, disciple de Corbin, le cite plusieurs fois nommément, comme exemple même de la paranoia théorique occidentale (expression employée par Gérard Granel à propos de Husserl). Et pourtant dans ce même livre "Structures" Durand évoque les équations de la physique mathématique d'Einstein comme analogue de la "voie sèche" de l'Alchimie spirituelle, opposée à la voie humide des images, contes et mythes. Alors : paranoia théorique, ou "voie sèche" ? il faut se décider...et si durand choisit de rester dans ses contradictions, nous nous décidons, nous, pour la voie sèche et abrupte de la mathesis occidentale, par opposition à la voie humide des contes de nourrices orientaux propres à l'état d'enfance de l'humanité, datant d'avant le 17 ème siècle.

    il vaut aussi la peine de citer le début du grand livre d'initiation à la spiritualité d'Occident que constitue le "Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale", qui commence par la guerre autour de Platon et du platonisme : laissera t'on Platon aux mains des orientaux et des romantiques ? ou bien le replacera t'on à sa juste place, celle de fondateur (avec son maître Socrate, qui n'a pas laissé de traces écrites) de l'Occident ?

     

    "Joseph de Maistre écrit dans le livre Du Pape : « Lisez Platon ; vous ferez à chaque pas une distinction bien frappante. Toutes les fois qu’il est Grec, il ennuie, et souvent il impatiente. Il n’est grand, sublime, pénétrant, que lorsqu’il est théologien, c’est-à-dire lorsqu’il énonce des dogmes positifs et éternels séparés de toute chicane, et qui portent si clairement le cachet oriental, que, pour le méconnaître, il faut n’avoir jamais entrevu l’Asie. Platon avait beaucoup lu et beaucoup voyagé : il y a dans ses écrits mille preuves qu’il s’était adressé aux véritables sources des véritables traditions. Il y avait en lui un sophiste et un théologien, ou, si l’on veut, un Grec et un Chaldéen. On n’entend pas ce philosophe si on ne le lit pas avec cette idée toujours présente à l’esprit. » (IV, VII.)

    Il est remarquable que, dès les premières années du XIXe siècle, la réaction contre le rationalisme se traduise par l’« appel à l’Orient ». Le rêve que Bonaparte avait rapporté d’Égypte, n’était-il pas de restaurer cet impérialisme alexandrin qui, dès le lendemain de la mort de Platon, avait consommé la ruine de la civilisation occidentale, et dont aussi bien l’impérialisme romain a été seulement le décalque  ?"

    Henry Corbin, notamment dans ses études sur Sohravardi, définit ce qu'il appelle les "orientaux" dans une perspective spirituelle, etnon pas ethnique ou géographique; nous nous accorderons au moins sur ce point avec lui, puisque Brunschvicg déclare:

    "Aux yeux du philosophe, l’antithèse de l’Orient et de l’Occident est beaucoup moins géographique qu’historique ; et elle ne se limite nullement à une période déterminée de l’histoire européenne. Il ne serait même pas juste de la réduire à l’antithèse de la foi chrétienne et de la philosophie rationnelle ; car le caractère du christianisme, manifestement, a été de ne pas se résigner à demeurer tout entier du côté de la foi, d’aspirer à se fonder sur l’universalité de la raison"

    Et cette antithèse, ou même cette dualité entre Orient et Occident, elle est celle qui existe entre les néo-platoniciens de Perse dont Sohravardi est le plus grand, et les platoniciens qui se rattachent plutôt à l'augustinisme et au cartésianisme comme Brunschvicg et toute la tendance rationaliste occidentale ; elle sépare la tradition, enfermée dans les mythes et les dogmes reçus tout faits par la conscience passive de l'enfance, de la réflexion rationnelle à propos de la science, qui se  caractérise par l'autonomie, le doute cartésien vis à vis des préjugés inculqués pendant l'enfance, propre à la conscience active, virile  et non plus féminine passive ou réceptrice dans la "foi":
    "La dualité, dans le platonisme, de la réflexion philosophique et de la tradition mythologique, fournit un point de départ naturel pour une étude qui consiste à suivre les vicissitudes de la conscience occidentale, et dont la portée est nécessairement subordonnée à l’objectivité de ce que nous appellerons (d’un mot qui nous servira souvent pour exprimer l’esprit de notre entreprise) la mise de l’histoire en perspective."
    Pour échapper au piège et à la prison du relativisme post-moderne, pour qui toutes les cultures et religions se valent, puis qui passe un cran plus loin en se lavant les mains de l'exament rationnel avec un "tout se vaut" bientôt suivi d'un "à quoi bon ?", il convient de tirer les conséquences du texte de Brunschvicg , sans aucune complaisance envers l'esprit du Temps (actuel) qui n'est autre que le démon du nihilisme, celui qui nous avons vu officier il y a quelques jours à Los Angeles (voir les deux articles précédents).
    Non, tout ne se vaut pas : et la civilisation d'Occident est supérieure à celle d'Orient (celle dont les "valeurs" ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue) dans la mesure où l'autonomie active, solaire, virile, de la Raison, caractérisée par la lumière intime de la conscience parfaitement claire et lucide, et la transparence morale et intellectuelle absolue,  est supérieure à l'hétéronomie féminine, lunaire et passive de la Foi, caractérisée par l'obscurité et le mystère, qui se mue vite en (auto)mystification.
    Seulement ici attention ! ce que nous venons de dire, et que nous assumons entièrement, ne sera pas bien reçu par l'Esprit du Temps, et les accusations d'europeo-centrisme, voire de racisme, fuseront vite.
    Personnellement cela ne me fait ni chaud ni froid : il y a belle lurette que j'éprouve un complet mépris envers les "belles âmes antiracistes", ce qui ne veut pas dire que j'approuve les racismes, bien au contraire même, c'est exactement l'inverse : l'antiracisme est dévoyé parce qu'il alimente et fait vivre ce qu'il prétend combattre.
    Mais puisque je m'exprime sur un support public, autant essayer de me faire comprendre de la manière juste.
    Certes nous pourrions dire (ce qui serait parfaitement exact) que l'Occident dont nous parlons n'a rien d'ethnique, qu'il est celui de toute femme et tout homme qui entend en faire partie en se conformant à ses exigences de probité et de pureté intellectuelle et morale.
    Mais je sais très bien que cela ne suffira pas, car on nous rétorquera que nous opposons , dans un "choc de civilisations" , deux humanités, que nous cherchons le conflit, la guerre.
    Et en effet nous voulons la guerre d'idées, nous vomissons, nous aussi, les tièdes, les lâches, les partisans du compromis, du "tout se vaut"...
    Voici donc la précision supplémentaire que fera comprendre, du moins je l'espère, ce qui est en jeu ici, et qui n'est rien d'autre que le destin de l'humanité : non, nous n'opposons pas deux populations, deux humanités qui seraient l'une occidentale, l'autre orientale.
    Car l'Occident tel qu'il est défini dans le texte de Brunschvicg n'enferme aucun "héritage", aucun "avoir culturel substantiel" qui permettrait à quelqu'un de dire : "voilà, moi je suis un occidental, et je suis donc supérieur en tant qu'in dividu ou en tant que groupe aux autres aux non-occidentaux".
    Car ce texte ne définit que des exigences d'activité, de réflexion et de pensée, en aucun cas des "acquis" en lesquels nous pourions nous "reposer" dans le sentiment de supériorité satisfaite et de mépris condescendant : car cet état d'esprit, c'est justement celui des "orientaux", comme Joseph de Maistre ou Guénon !
    C'est l'état d'esprit de tous ceux qui pensent que la Vérité a été dite une fois pour toutes dans le passé, dans un Livre (que ce soit les Vedas, la Bible ou le Coran) et que donc les "fidèles de la vraie Foi" , ceux qui se réfèrent à ce Livre Saint, sont supérieurs aux mécréants, ceux qui doutent, qui remettent toujours tout en question.
    L'Occident tel que le définit Brunschvicg ne promet aucun "patrimoine culturel", aucune récompense dans les cieux, il promet seulement du sang, de la sueur et des larmes : car il appelle seulement à travailler sans relâche à bien penser , suivant la raison occidentale qui est la raison tout court, loin des imaginations matérialistes de transcendance , de "monde intelligible" , ou d'éternité imaginative, dans une durée perpétuelle , "dans les cieux"....
    qui peut dire qu'il a satisfait une fois pour toutes à ces exigences ? personne , car ce serait montrer que l'on n'a pas compris la nature de ce qui est ici proposé !
    Mais alors, si personne ne peut se dire "occidental" en ce sens, n'y a t'il pas là seulement de belles formules creuses...
    je ne le crois pas, car il me semble que trois êtres humains au moins, certainement plus, ont "incarné" ces valeurs : Spinoza, Einstein et Brunschvicg.
    Nous pouvons nous en assurer, vérifier la vérité de ce qui est dit ici, en examinant non pas leur vie, quoique celle ci soit au plus haut point digne d'être admirée, mais leur oeuvre !
    C'est à dire en accomplissant le travail , énorme et interminable, d'étudier les philosophies de Spinoza et Brunschvicg, et la physique relativiste d'Einstein. Qui n'est autre que le travail de réflexion et de pensée qui est celui auquel appelle le texte de Brunschvicg...
    Ces trois personnalités représentent trois "incarnations" de ce que Brunschvicg appelle le Médiateur dans la treizième leçon , "La conversion à l'humanité" de "Philosophie de l'esprit" , "médiateur" qui n'est autre que ce que nous pourrions appeler le Christ, ou le Verbe-Logos, qui n'a rien à voir avec le personnage historique de Jésus-Christ ni avec les imaginations et les fabulations à propos du "Fils de dieu" et de la résurrection "après la mort" qui sont celles du christianisme historique (puisque celui ci est contaminé par les valeurs asiatiques, comme le dit Brunschvicg):
    « ce qui s’oppose avec Socrate à la force matérielle du passé social, c’est l’humanité idéale que portent en soi la découverte et le développement de la raison pratique, c’est une sorte de Médiateur tel que sera le Verbe selon Malebranche dans les Méditations chrétiennes, ou le Christ selon Spinoza dans le Tractatus theologico-politicus.

    Le Médiateur est présent chez Galilée devant le Saint Office, comme plus tard, devant la violence acharnée des critiques, chez Lavoisier ou chez Cauchy, chez Pasteur ou chez Einstein. C’est lui aussi qui est, devant les condamnations prononcées par les autorités sociales, présent chez le Pascal des Provinciales et chez le Voltaire de l’affaire Calas, chez le Rousseau de l’Emile et chez le Kant de la “Religion dans les limites de la simple raison”.

    Cette présence est ce qui rend heureux le modèle de justice que Platon a dépeint dans le second livre de la République:

    il sera fouetté, torturé, mis aux fers, on lui brûlera les yeux; enfin, après lui avoir fait souffrir tous les maux, on le mettra en croix, et par là on lui fera sentir qu’il faut se préoccuper non d’être juste mais de le paraître”

    Or le juste parfait, quelle que soit sa destinée, du point de vue physique ou social, est heureux non en songeant à l’avenir, par l’espoir d’un temps où serait matériellement compensé et récompensé le sacrifice actuel, mais par une joie immédiate, intérieure et pleine qui ne laisse place à aucune idée de sacrifice, où il s’exalte au contraire dans le sentiment d’incarner la justice éternelle et universelle »

    Publié par topos à 10:06:55 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) |

    quelques lectures sur Mahomet, Hitler, les religions, tout ça quoi... | 11 mai 2007

    Je vous donne juste quelques références....tapez sur Google les mots clés "Hitler Mahomet", ou bien "Hitler Islam", ou "Hitler Mufti" et vous en aurez plein d'autres, comme s'il en pleuvait...

    "Tell the children the truth" avec quelques belles photos du grand mufti de Jérusalem avec son grand copain Hitler, ou passant en revue les divisions SS musulmanes (bosniaques ou albanaises, pour la pureté "aryenne" de bons aryens):

    http://www.tellthechildrenthetruth.com/gallery/

    (au fait, en passant, on est tous d'accord que ce que les Serbes ont fait dans les années 90 c'est pas bien ! c'est même un peu méchant ! mais personne n'a envie de se demander : pourquoi une telle haine envers les musulmans ? lisez Bat Yeor, vous saurez ....vous saurez qu'au 19 ème siècle encore les serbes vivant sous pouvoir ottoman étaient soumis au statut infâmant de "dhimmis", en tant que chrétiens.... et que par exemple la soldatesque turque , s'ennuyant en garnison, venait se "servir" en jeunes filles serbes jusque dans les maisons de celles ci : ce n'était pas du viol, puisqu'elles n'étaient pas musulmanes ! ça ne vous rappelle rien sur ce qui s'est passé pendant la guerre de Bosnie ?)

    Mein Kampf et le Coran :

    http://www.coranix.com/114/mein_korampf.htm

    Grands criminels de l'Histoire:

    http://www.coranix.com/killers.htm

     

    Faith freedom :

       http://www.faithfreedom.org/French/prologue.htm

     

    et un dignitaire religieux saoudien qui verse des larmes sur ce pauvre Hitler, si "amalgamé" en Occident :

     http://www.occidentalis.com/article.php?sid=3138

     

    et puis celle là, sur Wikipedia, ils ont l'air de s'amuser commes des petits fous à propos de Mahomet :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Le_Bistro/Blog_des_trolls/Mahomet_2

     

    C'est bizarre, mais dès qu'on parle de religions, de ces religions de paix, de tolérance et d'amour, ça se gâte ! y a de l'eau dans le gaz !

    mais nous on connait le pourquoi : jamais les dieux à noms propres ne feront la paix ! pour cela, il faudra qu' ils débarrassent tous le plancher , toutes ces idoles, pour céder la place au Dieu en esprit et en vérité : la Vérité, qui est identique à l'intelligence, comme le montre Spinoza dans le "Tractatus de emendatione intellectus".

    Serions nous alors ennemis de la "liberté de culte et de pensée" ? ce serait fâcheux !

    mais il suffit de s'aperçevoir que cette fameuse "liberté de culte" est fort peu respectée actuellement : en effet, la plupart de ceux qui ont une religion l'ont acquise pendant l'enfance, à un âge où leur raison non encore développée les rendait incapables de liberté intérieure face au diktat paternel ou maternel. C'est pour ça que les religieux de tous poils aiment tellement les enfants, quelquefois trop même, au point de se retrouver au tribunal pour viol....et pas seulement viol de conscience cette fois !

    Pascal parlait de la sagesse qui renvoie à l'enfance....quant à Descartes, il disait qu'il "restait fidèle à la religion de sa nourrice", cad le catholicisme, face à un huguenot qui l'encourageait à devenir protestant...

    alors Descartes conformiste ? peut être pas, surtout en nos temps actuels où le conformisme consiste justement à aller chercher des fois "exotiques" (hindoues, islamiques, bouddhiques, etc...) pour "se donner un genre".

    Descartes dit simplement ici que la conversion véritable, dont parle aussi Brunschvicg, n'a rien à voir avec les "fausses conversions" (les conversions à une religion particulière) : comme toutes les religions sont des "contes de nourrice", autant rester fidèle "extérieurement" à la sienne propre, tout en choisissant intérieurement la véritable conversion , la conversion à l'idéalisme mathématisant et intellectualiste des grands philosophes-scientifiques comme Spinoza, Descartes, Einstein, Dirac , Von Neumann ou Brunschvicg.

     

     

     

    Publié par topos à 20:16:05 dans Choc des civilisations | Commentaires (1) |

    Malaise dans la civilisation | 19 avril 2007

    Dans une université de Virginie, un étudiant sud-coréen, Cho Seung Hui, a tué 32 personnes avant de se suicider, avec deux pistolets automatiques qu'il avait acheté en toute légalité; dans une video qu'il a envoyé aux medias, il explique son geste dans un discours délirant où les références religieuses (au Christ notamment) alternent avec le ressentiment social ou sexuel ( avec une condamnation de la "débauche" et des "gosses de riches"). Il s'est aussi fait tatouer sur le corps un slogan qui intrigue les enquêteurs : "ISMAEL AX".

    Bien entendu, les médias français incriminent "la violence de la société américaine", "les armes en vente libre" ; mais comme répondent les défenseurs de cette liberté fondamentale prévue par la constitution américaine depuis 2 siècles, ce sont des gens qui tuent, pas des armes. On doit aussi souligner que cette liberté constitutionelle assimile la totalité des citoyens américains au statut des anciens aristocrates de l'époque européenne pré-moderne, qui avaient le droit de porter une épée et de s'en servir pour défendre leur honneur (plutôt que leurs biens), et que, plus prosaïquement,  les mêmes armes à feu ont pu servir à des femmes seules à se défendre et à éviter le viol dans le métro new-yorkais, ainsi qu'à éviter pas mal d'agressions, puisque les divers voyous y regardent à deux fois avant d'attaquer un individu isolé, ne sachant pas s'il ne va pas sortir une arme plus puissante que les leurs.

    Avec ce que l'on appelle la "globalisation" et l'alignement de tous les pays dits "riches" sur le modèle anglo-saxon, c'est à la réalisation de l'Etat chrétien thématisé par Hobbes dans "Leviathan" que nous assistons: la violence toujours possible de tous contre tous y est "contrôlée" par le "voyeurisme" policier universel (les caméras londonniennes) et par la répression "soft" des instincts primaux, sexuels notamment. Et quand la répression "soft" , maternante, ne suffit plus, vient la chaise électrique...

    La terrifiante équipée sauvage de ce jeune étudiant, qui rappelle celle de Richard Durn à Nanterre en 2002, est limpide comme le cristal. Le sens des mots "ISMAEL AX" est clair : Abraham engendre Itshaq, et par lui Jacob-Israel, avec son épouse "légitime" Sarah, et il engendre Ismael avec Agar la servante; Ismael mène au ressentiment arabo-musulman envers Israel l'élu, et à l'imagination fantasmatique d'un retour au véritable Abraham, "premier musulman" : un passé glorieux imaginaire pour fuir le présent insupportable. Voir aussi à propos de cette énigme sur "ISMAIL AX" :

    http://www.lefigaro.fr/international/20070418.WWW000000339_mais_qui_est_ismail_ax_.html

    Tout le délire du jeune Cho Seung-hui tient en un mot : ressentiment, et à ce titre il symbolise parfaitement l'unique sens de la modernité occidentale faussée et inversée qui se confond avec le "monde qui vient"....

    Je dis "faussée" car le véritable Occident, dont l'assomption coîncide avec la disparition de tout "sens" à l'aventure humaine, c'est tout autre chose. L'Occident nait avec Descartes et Spinoza, après sans doute qu'il ait été conçu chez des géants  de la pesnée comme Nicolas de Cuse; avec l'Occident, l'humanité en compréhension (et non en extension, hélas) dit un adieu définitif à l'enfance des fables et des contes de nourrice, et s'achemine vers la spiritualité virile de l'âge adulte, qui refuse de trembler ou d'applaudir aux vaines imaginations des mythes.

    L'Occident tient tout entier dans la science moderne et la (vraie) philosophie, qui en est la couronne.

    Cet Occident n'est en aucun cas de nature "ethnique" ou religieuse, si l'on s'en tient aux (fausses) religions des "dieux à noms propres", des dieux qui "choisissent" leurs peuples et leurs élus et condamnent les autres, non élus, ou "mécréants", "impurs", au feu éternel de la Géhenne.

    Mais si par "religion" on entend la véritable religion, qui est la conscience intellectuelle à l'oeuvre dans la science et la philosophie, alors l'Occident se confond avec cette religion véritable et (seule) universelle, et qui seule peut permettre que le voeu de Thomas Mann à la fin de la "Montagne magique" soit exaucé, et que l'Amour puisse s'élever un jour du brasier des guerres et des tueries "au nom des dieux à noms propres".

    Et cette religion là est accessible à tout homme ou femme, indépendamment de sa naissance et de son passé; comment y accéder ? c'est très facile et très difficile à la fois, là encore c'est Brunschvicg qui nous en donne l'accès le plus direct dans le premier chapitre de "De la vraie et de la fausse conversion":

    "L'unique nécessaire c'est de ne pas laisser échapper le sens de la conversion véritable, c'est de pratiquer l'ascétisme du renoncement total à l'idolâtrie elle-même, de rompre, sans réserve et sans réplique, avec toutes les analogies physiques qui condamneraient Dieu à demeurer le reflet d'une image humaine, l'ombre d'une ombre".

    En somme la fausse conversion c'est la conversion à une religion déterminée et à l'adoration d'un certain dieu à nom propre;la conversion véritable, c'est la conversion à la Raison, c'est à dire la concentration de l'attention à l'étude de la science et de la philosophie, considérée uniquement comme auto-éducation de la pensée à travers la science (et surtout la mathématique et la physique mathématique), selon l'acception de Brunschvicg.
    La fausse conversion ne peut mener, comme l'absence de conversion, qu'au nihilisme, au désespoir et à la lutte vitale des individus, ou des peuples, pour une durée indéfinie.
    Bien sûr il ne s'agit pas de brûler ou "jeter au feu", selon le voeu de Hume, tous les écrits qui ne sont pas fondés sur l'approche expérimentale et la formalisation mathématique. mais de mettre en premier ce qui est primordial: l'éducation à la pensée critique, au jugement. C'est à dire, selon nous, à la Mathesis.
    Sans la conversion véritable, sans la rupture complète avec les diverses idolâtries, alors c'est l'instinct vital et ses surimpositions imaginaires qui prend le dessus. Il arrive que la jalousie et le ressentiment morbide envahissent l'esprit et n'amènent à des sursauts de violence déchainée, comme dans le cas de ce jeune étudiant sud coréen, comme chez les kamikazes marocains ou irakiens, ou même ceux qui ont perpétrés les attentats de Londres en 2005 et qui étaient anglais.

    Publié par topos à 16:54:04 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) |

    Affaire Redeker : de la lecture | 20 novembre 2006

    On lira avec intérêt, à propos de l'affaire Redeker, ce blog du "Gai Luron", intitulé "presque rien sur presque tout", qui est un véritable "hâvre d'intelligence" sur le web francophone :


      http://presqueriensurpresquetout.unblog.fr/tag/actualite/laffaire-redeker/


    S'attarder notamment, si du moins on a le coeur bien accroché, sur l'article à propos de "Redeker vu par l'extrême gauche".


    (on lira aussi les développements sur l'affaire Georges Frèche, dans la catégorie "antiracisme").


    Oui : il faut avoir le courage de regarder la réalité française en face. La France, ce pays qui donne à ses électeurs le choix entre le nabot fossoyeur de la laïcité et promoteur du racisme positif (oh pardon, la "discrimination positive", comme ils disent) et la....j'arrête, je pourrais être poursuivi pour sexisme.


    En 2007 : c'est....c'est ...c'est.....c'est Golène (sur un air de lambada) 


     

    Publié par topos à 15:05:23 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) |

    1|

    Moi

    qui pourrait  mieux parler de moi que  moi ? mais qui pourrait mieux parler de moi que n'importe quel autre, qui me voit en face à face ?


    une fourmi noire, 


    dans la nuit noire,


    sur la terre noire,


    sous une pierre noire,


    D-ieu seul la voit


    et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?

    Notre CREDO

    "le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG

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