«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG
Je m'aperçois que dans l'article récent à propos de l'analyse de Caroline Brancher :
j'ai oublié le principal : la critique prétendûment philosophique de la stratégie de "Riposte laïque"
Cela commence page 19 du torchon de Prochoix :
http://www.prochoix.org/pdf/Riposte.laique.Brancher.Prochoix.pdf
"C'est dans la longue diatribe contre le philosophe de la laïcité Henri Pena-Ruiz que Riposte laïque aura définitivement tombé le masque".
De quoi s'agit il ? de rien d'autre que de séparer le monde en deux camps : les "bons universalistes" et les "méchants particularistes" dont Riposte laïque serait le bras armé !
D'abord je note qu'il est un peu "orienté" de présenter Pena-Ruiz comme "LE" philosophe de la laïcité... sous-entendu : c'est lui l'expert, c'est lui qui SAIT, donc si vous vous opposez à lui vous êtes ridicules ...
tout cela parce que ce monsieur a écrit un livre chez Folio : "Qu'est ce que la laïcité ?" !
en somme Prochoix nous ressert le vieil et éculé "argument d'autorité" ! cela prend à peu près la forme (implicite):
"Henri Pena Ruiz est l'expert en laïcité puisqu'il a écrit un livre appelé : Qu'est ce que la laïcité ? et qui fait autorité chez tous les fans de gauche de la laïcité ! donc Riposte laïque, qui le contredit, a tort !"
et hop ! passez muscade, circulez y a rien à voir !
J'exagère ? à peine !
à peine parce qu'effectivement Prochoix tente d'entrer dnasune argumentation plus détaillée : mais celle ci est tellement niaise et simplistequ'ils feraient mieux de s'en abstenir et d'en rester au stade primaire que je viens de décrire.
Car comme on dit :
"plutôt garder le silence et passer pour un con que de parler et mettre ainsi fin à tous les doutes"...
Mais Prochoix a décidé de mettre fin à tous les doutes et de devenir mètre-étalon de la connerie, à Sèvres ! car Caroline Brancher ne fait rien de moins que l'énormité de poser la fausse équation :
laïcité = liberté de conscience
pour accabler ensuite Riposte laïque, qui ferait le choix du "particularisme" et du "refus de l'universalisme" en voulant "dénier" aux pays et ressortissants musulmans la "valeur universelle" qui est la "liberté de conscience" !
évidemment, comme dit Michel Blanc dans "Les bronzés font du ski" :
"sur un malentendu ça peut marcher"
Le seul ennui est que ce beau raisonnement s'effondre si l'on lit Huntington ET Henri Pena Ruiz.
Ce dernier ne définit pas du tout la laîcité comme "liberté de conscience", ce qui serait en rester à un niveau de généralité propre à faire passer n'importe quel sophisme (c'est d'ailleurs le but de Prochoix) mais bien, classiquement, comme la neutralité confessionnelle de la puissance publique.
Et il s'avère alors que cette "valeur", ou plutôt ce mode de fonctionnement politique, n'est pas du tout universel, mais limité à un certain nombre de pays européens, avec de grandes différences d'ailleurs. Mais ni les USA ni les pays musulmans ne sont laïques selon cette définition, bien entendu !
Quant à Huntington, il est de fait que, loin d'encourager l'Occident à étendre à toute la planète ses valeurs , il prévient solennellement des risques de conflits majeurs qu'une telle attitude pourrait engendrer .
Aussi la politique de Bush, visant à universaliser la démocratie, est elle l'antithèse absolue de ce que propose Huntington...et l'on étonnerait sans doute beaucoup Caroline Brancher en la taxant de "bushiste", or c'est pourtant le cas!
enfin, à cela près qu'elle n'est pas prête à aller jusqu'au bout, jusqu'à la guerre, pour mettre en oeuvre ses belles arguties sur l'universalisme...qui resteront donc forcément des voeux pieux.
S'affranchir de tout particularisme serait effectivement du suicide, Riposte laïque a raison !
et il n'y a aucun conflit entre particularisme et universalisme, bien au contraire : on le sait depuis la logique et la philosophie de Hegel, qui nous enseigne à ne jamais sacrifier l'un des trois niveaux : singulier, particulier, universel.
"Universaliser" notre identité particulière, française, ce serait du néo-colonialisme !
Seul est universalisable ce qui est en droit universel : et dans ce cas, effectivement, la liberté de conscience, qui est la valeur la plus haute, doit être universalisée !
mais cela ne se fera pas sans de durs combats, qui espérons le pourront rester des combats d'idées (mais j'avoue ne guère me faire d'illusions là dessus).
Puis Caroline Brancher continue de plus belle, en accusant Riposte laïque de trahir les luttes féministes et celles en faveur des homosexuels!
là encore les mêmes méthodes staliniennes sont employées : on se prévaut du courrier de quelques lecteurs pour conclure à la ligne directrice "réactionnaire" de Riposte laïque !
et l'on termine par une accusation ignoble :
"Riposte laïque pourrait n'être qu'un site raciste supplémentaire sur la toile",
avant d'encourager de manière ambigüe , dans la meilleure tradition stalinienne ou khmer rouge, les "associations responsables" à intenter un procès:
"si cette plainte (annoncée par le MRAP) est en rapport avec les nombreuses attaques dont les musulmans sont la cible sur Riposte laïque, un tel procès serait salutaire et permettrait l'importante clarification dont le camp laîque a tant besoin"
On voit ici avec évidence que cette fameuse "clarification" qu'appelle de ses voeux Prochoix n'est autre que la "normalisation" opérée par les grandes purges staliniennes ou soviétiques, à Prague en 1968 par exemple....
Publié par topos à 18:07:59 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) | Permaliens
Pour replacer les réflexions sur ce qu'est vraiment l'Occident dans une juste perspective, je commence par cet extraordinaire court texte de Brunschvicg définissant ce qu'est "L'homme occidental", il date si je me souviens bien de la fin des années 20, on le trouve en annexe à la fin du premier tome des "Ecrits philosophiques":
"L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes.
Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait.
Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde.
Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique......
quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre.
Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient"
Il est impossible de surestimer la portée et la valeur de ce texte merveilleux, qui place évidemment la barre très haut, en exposant de manière claire et succincte (mais sans rien omettre) les exigences de probité intellectuelle et morale qui définissent le véritable Occident.
En même temps il s'agit d'une antidote au poison du désespoir et du nihilisme qui frappent nos consciences, par médias interposés, depuis...bien longtemps !
Car il est impossible de vivre, de vivre humainement, dans la honte de ce que l'on est et dans la "mauvaise conscience" ...
Or ce texte de Brunschvicg nous explique non pas ce que nous sommes, mais ce que nous devons être, et en même temps il nous fait comprendre pourquoi nous en sommes arrivés au point de rupture où nous en sommes, par notre propre faute , paresse et lâcheté: parce que nous n'avons pas eu le courage et la force de faire ce qu'il fallait pour être dignes de devenir des "occidentaux véritables", de devenir donc ce que nous sommes.
Dans le même ordre d'idées, le grand Kant définissait ainsi les Lumières :
"Les Lumières sont la sortie de l'humanité hors de l'état de tutelle dont elle est elle même responsable".
Les conceptions de Brunschvicg se situent aux antipodes de celles des "grands orientaux" que sont des gens aussi différents que Joseph de Maistre, René Guénon, Fritjof Schuon , ou Henry Corbin; à ma connaissance Guénon et Corbin ne nomment jamais Brunschvicg (qui pour eux doit être un peu le "diable" en personne), mais dans son livre "Structures", Gilbert Durand, disciple de Corbin, le cite plusieurs fois nommément, comme exemple même de la paranoia théorique occidentale (expression employée par Gérard Granel à propos de Husserl). Et pourtant dans ce même livre "Structures" Durand évoque les équations de la physique mathématique d'Einstein comme analogue de la "voie sèche" de l'Alchimie spirituelle, opposée à la voie humide des images, contes et mythes. Alors : paranoia théorique, ou "voie sèche" ? il faut se décider...et si durand choisit de rester dans ses contradictions, nous nous décidons, nous, pour la voie sèche et abrupte de la mathesis occidentale, par opposition à la voie humide des contes de nourrices orientaux propres à l'état d'enfance de l'humanité, datant d'avant le 17 ème siècle.
il vaut aussi la peine de citer le début du grand livre d'initiation à la spiritualité d'Occident que constitue le "Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale", qui commence par la guerre autour de Platon et du platonisme : laissera t'on Platon aux mains des orientaux et des romantiques ? ou bien le replacera t'on à sa juste place, celle de fondateur (avec son maître Socrate, qui n'a pas laissé de traces écrites) de l'Occident ?
"Joseph de Maistre écrit dans le livre Du Pape : « Lisez Platon ; vous ferez à chaque pas une distinction bien frappante. Toutes les fois qu’il est Grec, il ennuie, et souvent il impatiente. Il n’est grand, sublime, pénétrant, que lorsqu’il est théologien, c’est-à-dire lorsqu’il énonce des dogmes positifs et éternels séparés de toute chicane, et qui portent si clairement le cachet oriental, que, pour le méconnaître, il faut n’avoir jamais entrevu l’Asie. Platon avait beaucoup lu et beaucoup voyagé : il y a dans ses écrits mille preuves qu’il s’était adressé aux véritables sources des véritables traditions. Il y avait en lui un sophiste et un théologien, ou, si l’on veut, un Grec et un Chaldéen. On n’entend pas ce philosophe si on ne le lit pas avec cette idée toujours présente à l’esprit. » (IV, VII.)
Il est remarquable que, dès les premières années du XIXe siècle, la réaction contre le rationalisme se traduise par l’« appel à l’Orient ». Le rêve que Bonaparte avait rapporté d’Égypte, n’était-il pas de restaurer cet impérialisme alexandrin qui, dès le lendemain de la mort de Platon, avait consommé la ruine de la civilisation occidentale, et dont aussi bien l’impérialisme romain a été seulement le décalque ?"
"Aux yeux du philosophe, l’antithèse de l’Orient et de l’Occident est beaucoup moins géographique qu’historique ; et elle ne se limite nullement à une période déterminée de l’histoire européenne. Il ne serait même pas juste de la réduire à l’antithèse de la foi chrétienne et de la philosophie rationnelle ; car le caractère du christianisme, manifestement, a été de ne pas se résigner à demeurer tout entier du côté de la foi, d’aspirer à se fonder sur l’universalité de la raison"
Publié par topos à 10:06:55 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) | Permaliens
Je vous donne juste quelques références....tapez sur Google les mots clés "Hitler Mahomet", ou bien "Hitler Islam", ou "Hitler Mufti" et vous en aurez plein d'autres, comme s'il en pleuvait...
"Tell the children the truth" avec quelques belles photos du grand mufti de Jérusalem avec son grand copain Hitler, ou passant en revue les divisions SS musulmanes (bosniaques ou albanaises, pour la pureté "aryenne" de bons aryens):
http://www.tellthechildrenthetruth.com/gallery/
(au fait, en passant, on est tous d'accord que ce que les Serbes ont fait dans les années 90 c'est pas bien ! c'est même un peu méchant ! mais personne n'a envie de se demander : pourquoi une telle haine envers les musulmans ? lisez Bat Yeor, vous saurez ....vous saurez qu'au 19 ème siècle encore les serbes vivant sous pouvoir ottoman étaient soumis au statut infâmant de "dhimmis", en tant que chrétiens.... et que par exemple la soldatesque turque , s'ennuyant en garnison, venait se "servir" en jeunes filles serbes jusque dans les maisons de celles ci : ce n'était pas du viol, puisqu'elles n'étaient pas musulmanes ! ça ne vous rappelle rien sur ce qui s'est passé pendant la guerre de Bosnie ?)
Mein Kampf et le Coran :
http://www.coranix.com/114/mein_korampf.htm
Grands criminels de l'Histoire:
http://www.coranix.com/killers.htm
Faith freedom :
http://www.faithfreedom.org/French/prologue.htm
et un dignitaire religieux saoudien qui verse des larmes sur ce pauvre Hitler, si "amalgamé" en Occident :
http://www.occidentalis.com/article.php?sid=3138
et puis celle là, sur Wikipedia, ils ont l'air de s'amuser commes des petits fous à propos de Mahomet :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Le_Bistro/Blog_des_trolls/Mahomet_2
C'est bizarre, mais dès qu'on parle de religions, de ces religions de paix, de tolérance et d'amour, ça se gâte ! y a de l'eau dans le gaz !
mais nous on connait le pourquoi : jamais les dieux à noms propres ne feront la paix ! pour cela, il faudra qu' ils débarrassent tous le plancher , toutes ces idoles, pour céder la place au Dieu en esprit et en vérité : la Vérité, qui est identique à l'intelligence, comme le montre Spinoza dans le "Tractatus de emendatione intellectus".
Serions nous alors ennemis de la "liberté de culte et de pensée" ? ce serait fâcheux !
mais il suffit de s'aperçevoir que cette fameuse "liberté de culte" est fort peu respectée actuellement : en effet, la plupart de ceux qui ont une religion l'ont acquise pendant l'enfance, à un âge où leur raison non encore développée les rendait incapables de liberté intérieure face au diktat paternel ou maternel. C'est pour ça que les religieux de tous poils aiment tellement les enfants, quelquefois trop même, au point de se retrouver au tribunal pour viol....et pas seulement viol de conscience cette fois !
Pascal parlait de la sagesse qui renvoie à l'enfance....quant à Descartes, il disait qu'il "restait fidèle à la religion de sa nourrice", cad le catholicisme, face à un huguenot qui l'encourageait à devenir protestant...
alors Descartes conformiste ? peut être pas, surtout en nos temps actuels où le conformisme consiste justement à aller chercher des fois "exotiques" (hindoues, islamiques, bouddhiques, etc...) pour "se donner un genre".
Descartes dit simplement ici que la conversion véritable, dont parle aussi Brunschvicg, n'a rien à voir avec les "fausses conversions" (les conversions à une religion particulière) : comme toutes les religions sont des "contes de nourrice", autant rester fidèle "extérieurement" à la sienne propre, tout en choisissant intérieurement la véritable conversion , la conversion à l'idéalisme mathématisant et intellectualiste des grands philosophes-scientifiques comme Spinoza, Descartes, Einstein, Dirac , Von Neumann ou Brunschvicg.
Publié par topos à 20:16:05 dans Choc des civilisations | Commentaires (1) | Permaliens
Dans une université de Virginie, un étudiant sud-coréen, Cho Seung Hui, a tué 32 personnes avant de se suicider, avec deux pistolets automatiques qu'il avait acheté en toute légalité; dans une video qu'il a envoyé aux medias, il explique son geste dans un discours délirant où les références religieuses (au Christ notamment) alternent avec le ressentiment social ou sexuel ( avec une condamnation de la "débauche" et des "gosses de riches"). Il s'est aussi fait tatouer sur le corps un slogan qui intrigue les enquêteurs : "ISMAEL AX".
Bien entendu, les médias français incriminent "la violence de la société américaine", "les armes en vente libre" ; mais comme répondent les défenseurs de cette liberté fondamentale prévue par la constitution américaine depuis 2 siècles, ce sont des gens qui tuent, pas des armes. On doit aussi souligner que cette liberté constitutionelle assimile la totalité des citoyens américains au statut des anciens aristocrates de l'époque européenne pré-moderne, qui avaient le droit de porter une épée et de s'en servir pour défendre leur honneur (plutôt que leurs biens), et que, plus prosaïquement, les mêmes armes à feu ont pu servir à des femmes seules à se défendre et à éviter le viol dans le métro new-yorkais, ainsi qu'à éviter pas mal d'agressions, puisque les divers voyous y regardent à deux fois avant d'attaquer un individu isolé, ne sachant pas s'il ne va pas sortir une arme plus puissante que les leurs.
Avec ce que l'on appelle la "globalisation" et l'alignement de tous les pays dits "riches" sur le modèle anglo-saxon, c'est à la réalisation de l'Etat chrétien thématisé par Hobbes dans "Leviathan" que nous assistons: la violence toujours possible de tous contre tous y est "contrôlée" par le "voyeurisme" policier universel (les caméras londonniennes) et par la répression "soft" des instincts primaux, sexuels notamment. Et quand la répression "soft" , maternante, ne suffit plus, vient la chaise électrique...
La terrifiante équipée sauvage de ce jeune étudiant, qui rappelle celle de Richard Durn à Nanterre en 2002, est limpide comme le cristal. Le sens des mots "ISMAEL AX" est clair : Abraham engendre Itshaq, et par lui Jacob-Israel, avec son épouse "légitime" Sarah, et il engendre Ismael avec Agar la servante; Ismael mène au ressentiment arabo-musulman envers Israel l'élu, et à l'imagination fantasmatique d'un retour au véritable Abraham, "premier musulman" : un passé glorieux imaginaire pour fuir le présent insupportable. Voir aussi à propos de cette énigme sur "ISMAIL AX" :
http://www.lefigaro.fr/international/20070418.WWW000000339_mais_qui_est_ismail_ax_.html
Tout le délire du jeune Cho Seung-hui tient en un mot : ressentiment, et à ce titre il symbolise parfaitement l'unique sens de la modernité occidentale faussée et inversée qui se confond avec le "monde qui vient"....
Je dis "faussée" car le véritable Occident, dont l'assomption coîncide avec la disparition de tout "sens" à l'aventure humaine, c'est tout autre chose. L'Occident nait avec Descartes et Spinoza, après sans doute qu'il ait été conçu chez des géants de la pesnée comme Nicolas de Cuse; avec l'Occident, l'humanité en compréhension (et non en extension, hélas) dit un adieu définitif à l'enfance des fables et des contes de nourrice, et s'achemine vers la spiritualité virile de l'âge adulte, qui refuse de trembler ou d'applaudir aux vaines imaginations des mythes.
L'Occident tient tout entier dans la science moderne et la (vraie) philosophie, qui en est la couronne.
Cet Occident n'est en aucun cas de nature "ethnique" ou religieuse, si l'on s'en tient aux (fausses) religions des "dieux à noms propres", des dieux qui "choisissent" leurs peuples et leurs élus et condamnent les autres, non élus, ou "mécréants", "impurs", au feu éternel de la Géhenne.
Mais si par "religion" on entend la véritable religion, qui est la conscience intellectuelle à l'oeuvre dans la science et la philosophie, alors l'Occident se confond avec cette religion véritable et (seule) universelle, et qui seule peut permettre que le voeu de Thomas Mann à la fin de la "Montagne magique" soit exaucé, et que l'Amour puisse s'élever un jour du brasier des guerres et des tueries "au nom des dieux à noms propres".
Et cette religion là est accessible à tout homme ou femme, indépendamment de sa naissance et de son passé; comment y accéder ? c'est très facile et très difficile à la fois, là encore c'est Brunschvicg qui nous en donne l'accès le plus direct dans le premier chapitre de "De la vraie et de la fausse conversion":
"L'unique nécessaire c'est de ne pas laisser échapper le sens de la conversion véritable, c'est de pratiquer l'ascétisme du renoncement total à l'idolâtrie elle-même, de rompre, sans réserve et sans réplique, avec toutes les analogies physiques qui condamneraient Dieu à demeurer le reflet d'une image humaine, l'ombre d'une ombre".
En somme la fausse conversion c'est la conversion à une religion déterminée et à l'adoration d'un certain dieu à nom propre;la conversion véritable, c'est la conversion à la Raison, c'est à dire la concentration de l'attention à l'étude de la science et de la philosophie, considérée uniquement comme auto-éducation de la pensée à travers la science (et surtout la mathématique et la physique mathématique), selon l'acception de Brunschvicg.
La fausse conversion ne peut mener, comme l'absence de conversion, qu'au nihilisme, au désespoir et à la lutte vitale des individus, ou des peuples, pour une durée indéfinie.
Bien sûr il ne s'agit pas de brûler ou "jeter au feu", selon le voeu de Hume, tous les écrits qui ne sont pas fondés sur l'approche expérimentale et la formalisation mathématique. mais de mettre en premier ce qui est primordial: l'éducation à la pensée critique, au jugement. C'est à dire, selon nous, à la Mathesis.
Sans la conversion véritable, sans la rupture complète avec les diverses idolâtries, alors c'est l'instinct vital et ses surimpositions imaginaires qui prend le dessus. Il arrive que la jalousie et le ressentiment morbide envahissent l'esprit et n'amènent à des sursauts de violence déchainée, comme dans le cas de ce jeune étudiant sud coréen, comme chez les kamikazes marocains ou irakiens, ou même ceux qui ont perpétrés les attentats de Londres en 2005 et qui étaient anglais.
Publié par topos à 16:54:04 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) | Permaliens
On lira avec intérêt, à propos de l'affaire Redeker, ce blog du "Gai Luron", intitulé "presque rien sur presque tout", qui est un véritable "hâvre d'intelligence" sur le web francophone :
http://presqueriensurpresquetout.unblog.fr/tag/actualite/laffaire-redeker/
S'attarder notamment, si du moins on a le coeur bien accroché, sur l'article à propos de "Redeker vu par l'extrême gauche".
(on lira aussi les développements sur l'affaire Georges Frèche, dans la catégorie "antiracisme").
Oui : il faut avoir le courage de regarder la réalité française en face. La France, ce pays qui donne à ses électeurs le choix entre le nabot fossoyeur de la laïcité et promoteur du racisme positif (oh pardon, la "discrimination positive", comme ils disent) et la....j'arrête, je pourrais être poursuivi pour sexisme.
En 2007 : c'est....c'est ...c'est.....c'est Golène (sur un air de lambada)
Publié par topos à 15:05:23 dans Choc des civilisations | Commentaires (0) | Permaliens
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qui pourrait mieux parler de moi que moi ? mais qui pourrait mieux parler de moi que n'importe quel autre, qui me voit en face à face ?
une fourmi noire,
dans la nuit noire,
sur la terre noire,
sous une pierre noire,
D-ieu seul la voit
et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?
"le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG
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