«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG
A mon avis, deux grands "représentants" de l'humanité moderne (c'est à dire nous tous) dans la littérature sont : Faust (mis en scène par bien des auteurs, dont Marlowe, et surtout Goethe) et Hans Castorp , le "héros" du grand roman initiatique de Thomas Mann : la Montagne magique (Zauberberg) écrit en 1924.
On pourra me dire : oui mais ce sont des personnages d'oeuvres de fiction, qui n'existent donc pas ! comment pourraient ils "représenter" l'humanité moderne, qui est composée d'êtres humains en chair et en os ? encore Faust acquiert il peu à peu la consistance d'un véritable mythe, mais La montagne magique n'est qu'un roman... une grand roman certes, mais un roman parmi des milliers d'autres !
Voire...
j'oppose à ces allégations un avis tranchant, qui était d'ailleurs celui de Thomas Mann : loin d'être "seulement" des fictions, les mythes ont en fait plus de réalité que les faits et évènements (souvent dérisoires) du monde quotidien. Si, comme le dit le personnage de Shakespeare (et comme le répète le détective Sam Spade, magistralement interprété par humphrey bogart, à la fin du "Faucon Maltais" de John Huston) , "nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves" , alors on peut commencer à concevoir que "le rêve dans le rêve" peut avoir plus d'importance que le rêve lui même !
d'ailleurs le film "Picnic at hanging rock" (cf article précédent) commence par cette "récitation" d'une douce voix féminine : "ce que nous voyons et percevons n'est qu'un rêve à l'intérieur d'un rêve"...
Sans être d'accord sur tout avec la "science spirituelle" d'orientation anthroposophique de Rudolf Steiner, je retiens certaines de ses intuitions géniales, notamment celles sur le sens de Faust; d'une manière générale je laisse tomber dans l'anthroposophie tout ce qui est manifestement trop imprégné de théosophie et d'occulte (les hiérarchies spirituelles, la réincarnation, l'Atlantide, etc...), ou plutôt je le considère comme des "mythes", pour lesquels joue ce que je dis un peu plus haut.
Aussi ai je analysé le mythe de Faust dans l'article suivant en relation avec l'anthroposophie :
http://www.blogg.org/blog-50434-billet-faust_de_goethe___la_rencontre_avec_le_mal-1068597.html
"Faust est le représentant de l'humanité moderne; Hans Castorp de "La montagne magique" aussi, d'ailleurs il existe de profondes proximités entre les deux ouvres, ou plutôt les deux "mythes", car ce sont, comme le dit Thomas Mann au début de son oeuvre, des récits hermétiques. Dans tous les sens de ce terme.
Oswald Spengler, dans le "Déclin de l'Occident", qualifie d'ailleurs de "faustienne" l'humanité occidentale.
Que voulons nous dire par humanité occidentale ? l'humanité européenne ? l'humanité de race blanche ?
non, mais l'humanité "moderne", celle qui se situe en héritage de l'évènement de la science moderne, l'évènement copernicien-galiléen-cartésien.
Là encore, l'anthroposophie apporte un éclairage nouveau : car la période "moderne" coïncide avec celle de l'âme de conscience, qui commence selon Steiner en 1413. Un penseur important de cette époque, prédécesseur de ceux qui fondent la science, est Nicolas de Cuse."
J'ai d'ailleurs aussi commencé à étudier, là encore en relation avec l'anthroposophie, "La montagne magique" ici :
quant à l'opposition tracée par Rudolf Steiner, et fondamentale en anthroposophie, entre les deux "puissances du Mal" que sont Ahriman et Lucifer (reprise par Raymond Abellio dans "La structure absolue" avec le couple Lucifer-Satan) elle est à mon avis d'une très grande importance, et d'une "réalité" qui là encore dépasse la réalité quotidienne qui est celle du "rêve ordinaire" (celle dont parle T S Eliot dans "La terre gaste", lorsqu'il dit : j'ai entendu la clef tourner une fois, une seule fois, dans la serrure").
Cette opposition, c'est celle entre Settembrini (l'homme des lumières, de la révolte, du "placet experiri") et le jésuite Naphta (juif conveti) dans "La montagne magique".
Dans Faust, l'opposition se situe entre le premier Faust de Goethe, où Faust est soumis à la tentation luciférienne , et le second, où devenu un personnage public rempli de "pouvoir" sur les hommes, c'est à la tentation ahrimanienne qu'il succombe...
cette "réalité" suffit, si l'on admet ce que j'ai dit plus haut à propos de la force des "mythes" et plus généralement des entités "spirituelles" (les entités mathématiques en font partie, et que l'on songe par exemple à l'influence que peuvent avoir les espaces abstraits de Hilbert dans la physique quantique, et donc dans la réalité de tous les jours : GPS, ordinateurs, etc...pour ne pas parler des missiles nucléaires, j'y viens peu après).
Donc pas la peine de se forcer à "imaginer" des dieux ou des démons : pour se "représenter" Ahriman, il suffit de former une image du web, ce "réseau" en "toile d'araignée" qui nous ensert dans des mailles de plus en plus serrées... Ahriman existe, il EST ses effets, pas un "démon" qui se cacherait dans un ciel inaccessible...
Une autre "instance" de Faust, donc de l'humanité moderne, de nous tous, dont je veux parler ici, est à mon sens composée collectivement de ces scientifiques qui dans les années 40 ont participé au projet Manhattan.
La photo qui accompagne l'article a été prise dans les années 40, elle montre trois génies de la physique ou des mathématiques (et même, dsions le, de la fusion de ces deux sciences différentes : la physique mathématique) : au centre le physicien américain Richard Feynman, tout jeune à l'époque, il est né en 1918; il est entouré de deux très grands mathématiciens, à sa droite Ulam, à sa gauche Von Neumann.
Tous trois sont juifs...
c'est d'ailleurs un fait frappant de constater la prépondérance des juifs dans la physique de pointe de cette époque, et dans le projet Manhattan, dont le "directeur scientifique", Robert Oppenheimer, est juif aussi.
http://en.wikipedia.org/wiki/J._Robert_Oppenheimer
Voici la liste des participants scientifiques au projet :
http://en.wikipedia.org/wiki/Category:Manhattan_Project_people
parmi eux, on retient entre autres :
http://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Feynman
http://en.wikipedia.org/wiki/Stanislaw_Ulam
http://en.wikipedia.org/wiki/Le%C3%B3_Szil%C3%A1rd (Szilard)
http://en.wikipedia.org/wiki/Edward_Teller
http://en.wikipedia.org/wiki/John_von_Neumann
http://en.wikipedia.org/wiki/David_Bohm
aussi bien des "plutôt mathématiciens" (Ulam, Von Neumann) que des "plutôt physiciens" (Szilard, Teller) et Feynman ou Bohm, qui sont inclassables (mais inclassables de manière très différente : jamais Feynman n'aurait dialogué avec Krishnamurti).
Tous juifs....
quel est mon but en soulignant cette évidence ? de suggérer que les juifs seraient supérieurs aux non juifs en intelligence ? évidemment non !
ou alors de prétendre qu'il y aurait une "influence juive" dans ce qu'il faut bien appeler le premier stade du terrifiant danger nucléaire global (plus terrifiant encore de nos jours que du temps de la guerre froide, où pourtant l'humanité est passée plusieurs fois à deux doigts du gouffre de la destruction totale) ? non plus !
Car cette sur-représentation des juifs parmi les scientifiques américains de l'époque s'explique très simplement : ils avaient fui en masse l'Europe et les persécutions nazies. Dans la liste ci-dessus, seul Feynman est né aux USA (comme Oppenheimer d'ailleurs) : tous les autres sont des réfugiés d'Europe centrale, de Hongrie pour la plupart(alors va t'on en inférer que les hongrois sont plus intelligents que les tchéques ?) . A part peut être Von Neumann qui a émigré en 1930, donc avant qu'Hitler n'arrive au pouvoir (mais n'y avait il pas déjà des persécutions antisémites en Europe à cette date ?) .
En 1939; ce sont Szilard, Teller et Wigner qui, épouvantés par l'idée (qui s'est révélée fausse par la suite) selon laquelle l'Allemagne nazie était proche de construction de la bombe atomique, ont persuadé einstein d'écrire à Roosevelt en mettant tout son poids (énorme à l'épqoue) dans la balance pour encourager le gouvernement américain à construire la bombe :
"Les physiciens nucléaires Leó Szilárd, Edward Teller et Eugene Wigner (tous les trois des réfugiés juifs hongrois) étaient convaincus que l’énergie libérée par la fission nucléaire pouvait être utilisée dans des bombes par l'Allemagne nazie. Ils persuadèrent Albert Einstein, l’un des plus célèbres physiciens au monde et lui aussi un réfugié juif, d’avertir de ce danger le Président américain Franklin Roosevelt dans une lettre datée du 2 août 1939 dont Szilárd fit le brouillon. La lettre fait état de la possibilité de créer des bombes d'une puissance encore inconnue : « des bombes d'un nouveau type et extrêmement puissantes pourraient être assemblées. »
Le texte laisse présager que la Belgique serait un précieux allié pour obtenir de grandes quantités d'uranium : « les sources les plus importantes se trouvent au Congo belge. »
Einstein demande l'appui de Roosevelt, pour que le gouvernement « porte une attention particulière à la préservation de l'approvisionnement en uranium » et qu'il soutienne la recherche sur ce domaine « qui n'est à présent accompli que dans les limites des budgets des laboratoires universitaires ».
Il fait part de ses craintes au sujet de l'Allemagne qui a mis l'embargo sur les ventes d'uranium tchécoslovaque, et où « le fils du sous-secrétaire d'État allemand, von Weizsäcker, est attaché à l'Institut du Kaiser Wilheim » qui travaille sur ces problèmes.
La réponse de Roosevelt fut d’encourager des recherches supplémentaires sur les implications militaires de la fission nucléaire. Après le bombardement d'Hiroshima, Einstein déclara regretter amèrement d’avoir écrit cette lettre (I could burn my fingers that I wrote that first letter to Roosevelt).
La marine de guerre américaine dut accorder une première subvention de 6 000 USD, gérée par le Comité consultatif pour l'uranium, pour des expériences sur l’énergie nucléaire, ce qui donna ensuite naissance au projet Manhattan."
Einstein dut écrire à plusieurs reprises, voici les textes de ses lettres :
http://hypertextbook.com/eworld/einstein.shtml
Pour dire frontalement et brutalement ma pensée :
ces physiciens ou mathématiciens, ces Savants-Philosophes (au moins pour ce qui est d'Einstein), juifs ou non juifs, pris dans la tourmente de la guerre mondiale et du projet Manhattan, c'est à dire, il faut bien appeler les choses par leur nom, ayant d'une certaine façon "vendu leur âme au diable yankee WASP" (même si c'était pour de très nobles raisons), ils sont, collectivement, une incarnation de FAUST.
FAUST, c'est à dire nous tous hommes modernes, FAUST écartelé entre les deux "puissances du Mal" que sont l'Occident ahrimanien et l'Est (soviétique ) luciférien. Quant au nazisme je ne sais pas très bien le classer.... peut être comme une des ces formes encore plus virulentes du Mal dont parle l'anthroposophie sous les noms de "Sorat" ou des "Asuras" ?
toujours est il que le panorama spirituel de l'époque se présente à mon avis comme suit : avant les deux guerres mondiales, qui ont abouti à la destruction de l'Europe du centre, et donc de l'Europe (et de l'émergence dans les années 50 de sa négation sous une forme américanisée-mécanisée-ahrimanisée, sous la botte de laquelle nous nous trouvons toujours), l'Europe avait encore une chance (faible sans doute , compte tenu de l'antisémitisme montant au 19 ème siècle) de réaliser son destin et de devenir ce qu'elle EST, dans une admirable symbiose entre judaïsme et christianisme !
une jonction -fusion entre les deux entités dont des juifs allemands comme Einstein, Husserl ou Cassirer donnent une idée de la grandeur possible; la grandeur de ce qu'aurait pu devenir l'Europe par cette sybiose judaïsme-christianisme, c'est à dire la grandeur de ce qu'elle EST "archétypalement", "éternellement", en tant que cette "patrie" spirituelle ou l'Infini s'est fait corps et âme (comme recherhce infinie de la Vérité au moyen de la science mdoerne, voir husserl au début de la Krisis)...mais une grandeur perdue "temporellement" à tout jamais hélas.
C'était d'ailleurs l'idée de Nietzsche, à qui l'antisémitisme (de sa soeur notamment) faisait horreur !
Voir aussi :
Publié par topos à 17:29:18 dans Mathesis universalis | Commentaires (0) | Permaliens
"le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique...
ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète.
Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort.
L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan"
Léon Brunschvicg
tout est dit, et bien dit, dans cette citation de Léon Brunschvicg, qui illumine de manière frappante l'opposition irréductible entre foi et raison, entre Dieu d'Abraham et Dieu des philosophes et des savants, entre la spiritualité pure de la philosophie véritable, fondée sur la science véritable, et que nous appelons ici Mathesis universalis (ce que Brunschvicg sans doute n'aurait pas admis) et l'idolâtrie de la vie et des instincts et pulsions charnelles qui sont l'arrière-fonds des "religions", de toutes les religions. Qu'elles soient (prétendûment) monothéistes, polythéistes, ou "sans dieux" (mais avec bodhisattvas)
Et opposition aussi, bien entendu, entre l'éternité véritable, qui est celle de l'immanence radicale de l'intimité à soi même de l'esprit, et fausse éternité conçue comme une prolongation indéfinie (plutôt qu'infinie) de la durée dans un "post mortem" vaseux ou dans des cycles de "réincarnations" et autres balivernes infantiles.
Brunschvicg (1869-1944), le Maître providentiel pour notre temps de détresse, est aussi celui qui , lors de la fameuse "querelle de l'athéisme" de 1928, reprend à son compte le mémorial de Pascal mais selon une visée exactement inverse :
"Le drame de la conscience religieuse depuis trois siècles et demi est défini avec précision par les termes du Mémorial de Pascal du 23 novembre 1654 : entre le Dieu qui est celui d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et le Dieu qui est celui des philosophes et des savants, les essais de synthèse, les espérances de compromis, demeurent illusoires. "
Or il ne sert à rien de se voiler la face : de nos jours, c'est l'Islam, et sous sa forme la plus sombre et la plus obscure, qui représente les religions, LA religion-type, charnelle et soumise aux instincts de vie, et donc de mort.
Le choix qui est laissé à l'humanité du 21 ème siècle est le suivant : soit une conversion massive et planétaire à l'Islam, avec les conséquences tragiques qui en découleront pour nos descendants encore épris de dignité et de liberté, ou bien sursaut imprévisible et hélas improbable d'une élite intellectuelle et morale qui saura encourager les autres hommes à prendre le chemin de l'intégrité et du renouveau.
La mathesis universalis, reprise par Descartes et Leibniz des anciens grecs, puis transmise à notre temps via Husserl, est pour nous la "religion" véritable, qui est tout aussi bien la philosophie et la science véritable, qui doit prendre la place des prétendues "religions", si toutefois le sursaut dont nous parlons doit advenir. Elle n'est autre que la Sagesse humaine et divine à la fois, la Sagesse éternelle, dont la lumière illumine l'esprit de tout homme de bonne volonté, de la même manière que la lumière du soleil les yeux de chair.
Son "Dieu" est le Dieu des philosophes et des savants, qui est Esprit, et Vérité. Or la Vérité n'est pas dite "au commencement" et une fois pour toutes par un "Dieu" incompréhensible et "tout puissant" ou encore "tout connaissant"qui n'est qu'épouvantail pour les peuples enfants et ignorants ; la vérité coïncide avec la recherche de la vérité, qui constitue l'essence même de l'humanité, son coeur spirituel.
Ce "Dieu" de la spiritualité pure s'oppose radicalement au (faux) Dieu des religions d'avant la science et d'avant la mutation du 17 ème siècle européen, dans la même mesure ou l'Esprit s'oppose à la force, la Raison à la violence.
Nous développons cette recherche dans les blogs suivants:
http://mathesisuniversalis.multiply.com/
http://islamvsmathesis.multiply.com/
http://mathesisuniversalis0.multiply.com/
http://brunschvicgmathesis.multiply.com/
http://descartesmathesis.multiply.com/
http://mathematicalphysics.multiply.com/
http://mathesisuniversalis.blogg.org
http://principiatoposophica.blogg.org
Publié par topos à 18:06:39 dans Mathesis universalis | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis ce matin (France Info, Europe 1 etc..) les médias semblent s'emballer sur ce qu'ils appellent le "décodage" du fameux groupe de Lie "exceptionnel" (le plus gros) : E8.
Le Monde n'est pas en reste et annonce que "l'un des plus grands secrets mathématiques" a été percé par une vingtaine de chercheurs !
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-884723@51-884724,0.html
En fait , pour avoir l'opinion de gens qui connaissent ce dont on parle, on se reportera plutôt à l'excellent blog de John Baez et alii, "N-category cafe", voici ce qu'ils disent sur E8 :
http://golem.ph.utexas.edu/category/2007/03/news_about_e8.html
On y apprend que le "décodage", ou la "percée du secret", consiste en un calcul gigantesque d'une matrice 453060 par 453 060 de polynômes de "Kahzdan-Lusztig-Vogan", qui peut être comparé au fameux "décodage du génôme humain", non par l'importance pratique ni même par la difficulté mais par la taille gigantesque des calculs informatiques nécessités.
Ce calcul fait partie du groupe "Atlas des groupes de Lie et de leurs représentations", qui consiste à déterminer les représentations unitaires de tous les groupes de Lie, cf :
et :
Bien entendu on doit applaudir cette avancée, mais une fois encore la pressse grand public se passionne plus pour le calcul (et ses répercussions techniques) que pour les découvertes théoriques de l'intelligence humaine , qui n'est selon nous rien d'autre, dans sa dimension mathématique en tout cas, que la Pensée absolue, c'est à dire la vraie notion de "Dieu".
E6, E7 et E8 correspondent aussi aux trois générations de fermions en physique des particules :
http://en.wikipedia.org/wiki/E8_(mathematics)
http://www.lns.cornell.edu/spr/2000-09/msg0028118.html
http://www.tony5m17h.net/E678.html
http://www.valdostamuseum.org/hamsmith/Lie.html
Publié par topos à 16:48:05 dans Mathesis universalis | Commentaires (0) | Permaliens
Quelques mots touchant au "virage à droite" qui a déjà été évoqué à propos de ce blog....
"Révolte contre le monde moderne" est un livre bien connu (sinon bien lu) de Julius Evola, un aristocrate italien haut en couleurs qui est souvent rapproché de René Guénon dans les cercles "traditionnalistes". Et ce, bien à tort, de l'aveu de Guénon lui même, qui reproche à Evola son attirance jamais désavouée pour la "philosophie".
La doctrine de Guénon, adoptée en partie par Evola, évoque une "tradition primordiale", située sur la mythique Hyperborée qui selon lui est l'emplacement de ce que les anciens appellent "âge d'or" de notre cycle actuel d'humanité, qui dure 64800 ans. Nous serions actuellement à la fin de l'âge de fer, c'est à dire à la fin du cycle, prévu par certains auteurs (comme Gaston Georgel) pour 2030.
Tous ces auteurs "traditionnalistes", qu'ils soient "orthodoxes" comme Guénon ou "lucifériens" comme Evola , ont en commun un véritable mépris (qui confine à la haine) pour l'Occident moderne et ses valeurs : démocratie, rationalité, universalisme , métissage.... Guénon ne perd pas une occasion pour rabaisser ce dont l'Occident haï , et considéré comme une "anomalie", est le plus fier : la science moderne. il lui oppose une prétendue "science traditionnelle", dont alchimie et astrologie seraient les derniers vestiges, bien dégradés.
L'Occident moderne et son processus de "dégradation des valeurs" commence selon Guénon avec Philippe Le Bel, et plus précisément en 1307, date du procès des Templiers. On trouve une vision analogue chez un très grand romancier comme Hermann Broch, notamment dans "Les somnambules".
Ce genre de thèses s'oppose point par point aux conceptions modernistes et historicistes qui, soyons honnêtes, sont plutôt celles qui ont été endossées par nous jusqu'ici. Ainsi par exemple, Léon Brunschvicg , dont nous nous sommes plusieurs fois réclamés ici, oppose la mentalité des aristotéliciens et des scolastiques médiévaux, celle selon lui d'un enfant de 6 ans, à la spiritualité véritable qui est celle de Descartes, Spinoza et autres grand fondateurs de la rupture moderne. Véritable parce qu'une "norme d'accès à la Vérité" est pour la première fois trouvée dans une physique mathématique, dont les succès croissants sont vérifiables, et vérifiés.
Or comme Spinoza, dans le "Court traité", procède à l'identification de "Dieu" à la "Vérité" (Brunschvicg , lui, dira que "Dieu" est la source de la Vérité, ou aussi qu'il est cette présence d'immanence radicale en l'homme qu'on nomme conscience intellectuelle), on peut formuler les choses ainsi : au 17 ème siècle, l'Europe moderne fait naitre "Dieu" en établissant pour la première fois dans l'histoire une voie d'accès à lui, sous la forme d'une norme mathématique de vérité (dans la physique mathématique initiée par Descartes).
Mais Brunschvicg , mort en 1944 après avoir dû fuir Paris en 1940, n'a pas pu ne pas constater (dès 1914, et même bien avant) ce terrible processus de dégradation des valeurs qui est aussi la part d'ombre de l'Occident moderne. Et s'il avait vécu l'après guerre, il n'aurait pas pu ne pas voir la montée inéluctable du communisme totalitaire, et du nihilisme relativiste de la "trahison des clercs", qui mènera à Mai 1968 et à sa révolte infantile.
Nous ne voulons pas ici encenser Guénon, mais accorder à Hermann Broch sa vérité essentielle : oui, l'Occident se ronge lui même, et ce qu'il dégrade, ce sont ses propres valeurs. Tel William Wilson, il se suicide en croyant tuer son double.
La "Mathesis universalis" leibnizienne dont ce blog tire son nom est prise par la mentalité "officielle" (la "vulgate" positiviste) comme le symbole de la rationalité moderne.
mais je ne vois aucune rationalité moderne (contemporaine), plutôt une irrationalité croissante qui évoque un véritable ballet de sorcières (et que décrit aussi Broch dans le prologue à une autre de ses grands romans : "Les irresponsables").
David Rabouin, un philosophe français contemporain qui est l'un des meilleurs spécialistes des relations entre mathématiques et philosophie au 17 ème siècle, et qui doit faire paraitre aux PUF cette année sans doute un livre titré "Mathesis universalis" qui constituera un évènement majeur de la vie intellectuelle au 21 ème siècle, montre avec évidence, et sur des textes précis, qui ne nous sont connus dans leur intégrité que depuis 10 ans, que cette image convenue de Leibniz "grand ancêtre des logiciens modernes" est complètement fausse. Il caractérise quant à lui la "mathesis universalis" comme "une logique de l'imagination", à la fois au vu de textes cartésiens (comme les Regulae 12 et 14) et leibniziens, et trace une ascendance spirituelle de Leibniz chez Proclus, le Proclus tout au moins du "Commentaire au premier livre des éléments d'Euclide".
C'est ici l'endroit pour introduire une hypothèse, qui selon nous n'a rien d'absurde, et permettrait d'expliquer pourquoi l'Occident et la modernité scientifique, tout en étant "supérieurs" sur le plan des principes, sont aussi à l'origine du processus de dégradation que plus personne ne peut nier, et qui est compliasmment utilisé par les prédicateurs islamiques pour convertir les masses crédules.
Il s'est produit, selon nous, ou du moins selon notre hypothèse, qui devra être validée ou non, une rupture de l'élan créateur spirituel européen qui était encore celui des derniers grands métaphysiciens du 17 ème siècle et du début du 18 ème siècle : Leibniz et Malebranche.
Cette rupture prend la forme, au 18 ème siècle, d'une séparation complète entre la science, et d'abord de la mathématique, qui devient peu à peu autonome, et de la philosophie, qui, frustrée, ira un peu plus tard (chez Hegel) jusqu'à clamer être la seule à détenir un "savoir absolu".
Puis au 19 ème, on assiste à l'émergence du positivisme, de la technoscience moderne, etc.... tout cela est bien connu.
Mais pour le comprendre il faut analyser en profondeur ce qui s'est passé au 18 ème siècle, donc chez des mathématiciens comme Mac Laurin, Taylor, Euler, Lagrange, et leurs collègues "philosophes", qui étaient les encyclopédistes, et les philosophes dits des "Lumières" (et aussi d'autres, comme Berkeley l'évêque). Un terrain d'études privillégié étant la philosophie de "l'infini" et la mathématique du calcul infinitésimal.
Notre hypothèse serait donc en gros celle ci : immédiatement après la mort de Leibniz le projet de "Mathesis universalis", qui était rien moins que l'imposition de modèles formels mathématiques à "toute la réalité", s'est enlisé dans son Autre technicien et son obsession de l'efficacité et de l'emprise sur la "nature".
une hypothèse qui est ma foi assez proche de celle de Husserl dans la Krisis.
Publié par topos à 16:42:05 dans Mathesis universalis | Commentaires (2) | Permaliens
(et bientôt les Cahiers de topologie d'Ehresmann sur NUMDAM !!!)
It appears that we have some stiff competition. The NUMDAM project has
an impressive list of journals digitized:
http://archive.numdam.org/numdam-bin/browse
with some nice metadata available
http://www.numdam.org/en/infotech.php
Another snapshot is provided by
http://www.library.cornell.edu/math/digitalization.php
at Cornell.
As far as OCR of mathematics is concerned, my efforts with Google have
not yielded anything "new". For reference these were interesting:
http://answers.google.com/answers/threadview?id=3304
http://units.sla.org/division/dpam/pam-bulletin/vol31/no1/mathematics.html
http://www.inftyproject.org/en/
http://portal.acm.org/citation.cfm?coll=GUIDE&dl=GUIDE&id=190438
http://portal.acm.org/citation.cfm?id=628842 (and its references)
Even this large list
http://tev.itc.it/OCR/ResearchProjects.html
of research projects only mentions 1 that has to do with mathematics.
However, I have searched for sources of freely available TIFFs for
experimental purposes - and did not really find any. While it might be
possible to get some from Cornell (see
http://historical.library.cornell.edu/math/help.html), this is not obvious.
Publié par topos à 16:24:52 dans Mathesis universalis | Commentaires (0) | Permaliens
qui pourrait mieux parler de moi que moi ? mais qui pourrait mieux parler de moi que n'importe quel autre, qui me voit en face à face ?
une fourmi noire,
dans la nuit noire,
sur la terre noire,
sous une pierre noire,
D-ieu seul la voit
et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?
"le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG
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