
entendu Samedi soir 5 décembre, en ouverture du JT de France 2, à 20 heures:
en Italie, une directrice de crèche a été arrêtée après qu'une caméra (installée discrètement par la police) l'ait prise en flagrant délit de tortures sur des bébés! on la voyait par exemple forcer une petite fille d'un an à avaler son vomi !
mais heureusement, hier soir dimanche, aussi au début du JT de France 2, tous les "experts" nous jurent que "cela ne pourrait pas se produire en France" !
ouf ! on est rassurés !
mais de tels faits terrifiants ne sont pas propres à l'Italie berlusconienne; en France, récemment, à Villeurbanne, une adolescente de 16 ans, "non scolarisée" , a été arrêtée pour viol et tortures sur une jeune fille de 17 ans, attardée mentale , qu'elle avait livrée à un débile de 37 ans habitué des hopitaux psychiatriques, (un de "ces dix millions qu'on paye à rien foutre" selon les récentes déclarations scandaleuses ,en tout cas ayant provoqué un scandale sur bobochannel 4, du maire d'une commune proche de Verdun) avant de la violer elle même devant ses deux "copines" qui faisaient les "commentaires"!
Le blog (appartenant à la réacosphère, ou fachosphère, c'est selon que vous êtes sur Bobochannel 1 ou 2) "Fdesouche" s'interrogeait sur la variété des "prénoms" donnés à la violeuse dans les journaux : est ce Amel ? Sanaa ? Virginie ? et le blog suggérait que le prénom "réel" devait être plus "proche" de celui de la nouvelle Miss France (Malika) que de celui de Geneviève de Fontenay...
cet univers, qui devient de plus en plus le nôtre, porte un nom, depuis deux siècles : c'est l'univers sadien, celui décrit dans l'oeuvre du marquis de Sade.
Il s'agissait d'un monde de fiction bien sûr : mais peu à peu, il s'incarne, et devient réel ; en notre temps, à notre époque démocratique et "universaliste", celle de la "mondialisation heureuse", selon la formule de Guy Sorman.
Il s'agit de l'ultime étape d'une évolution prévue par Saint Augustin, où la cité du Diable, centrée sur l'amour de soi même et l'obéissance à ses pulsions, même les pires, prend la place de la cité centrée sur l'amour de Dieu.
nous ne sommes ici ni sur Bobochannel ni sur libération, donc il serait étonnant que nous cédions à la mode de la "culture de l'excuse" : peut être la tortionnaire italienne, ou la violeuse-tortionnaire de Villeurbanne ont elles été violées pendant leur enfance ? si c'est le cas, c'est très regrettable, mais cela ne saurait les exempter de leur responsabilité !
Eh bien pourtant je vais , non pas céder à la mode, mais suggérer quelque chose qui risque de surprendre, voire choquer : ces crimes horribles dépassent de très loin les pâles protagonistes qui les ont commis (comme les dépassent, d'ailleurs, les héroïnes de Sade : il me semble bien me souvenir que dans la "Philosophie dans le boudoir", la jeune Eugénie, "initiée" par Mme de Saint-Ange, va jusqu'à violer sa propre mère ! ce que ne ferait sans doute pas Amel ! mais il est vrai que je ne connais pas tous les détails concernant "ces gens là", qui d'ailleurs m'intéressent très peu).
Il y a du démoniaque dans ce "nouvel univers" qui est le nôtre : mais il serait simpliste, et trop facile, de dire que les démoniaques, ce sont ces jeunes tortionnaires, et que nous, les civilisés, tellement horrifiés, nous sommes les gens bien !
Les démons, les démoniaques, ou en tout cas les complices du démoniaque, c'est nous !
nous les européens dits "civilisés", qui sommes coupables d'avoir toléré bient trop de saloperies, d'avoir été, en somme, bien trop tolérants !
et ici je ne parle pas de ce qui s'est passé de 1940 à 1945, mais de ce qui est survenu après ....
Nous qui sommes nés après la guerre, disons entre 1945 et 1960, on nous accuse de beaucoup de choses, et l'on a sans doute raison!
Mais il faut nommer et définir le "délit" précisément, pour ne pas ajouter encore aux malheurs du monde : nous sommes coupables, et nous sommes responsables, de n'avoir pas su, ni pu, ni voulu, enrayer l'irruption finale et sans doute définitive du démoniaque dans la sphère dite "humaine"!
Or nous avions tous les éléments en main pour comprendre ce qui arrivait : nous avions les oeuvres du marquis de Sade, largement disponibles pour tout le monde dès les années 60 et même sans doute avant, pour nous expliquer et nous décrire le terme final de la "rébellion contre la religion de la conscience libertine". Terme final qui a été décrit aussi dans le film "Portier de nuit", et qui est que les camps de concentration sont l'aboutissement du projet des "libertins" des "120 journées de sodome", comme je crois cela est montré dans le film de Pasolini, que je n'ai pas vu...
mais non contents de ne pas savoir lire Sade, nous nous sommes empressés de "couvrir" le caractère réel du "libertinage" : celui ci est devenu de nos jours un mode de vie "cool", "branché", dont les initiés passent des petites annonces dans "Le Nouvel Obs" (ou dans Libération quand il y avait encore la rubrique "Chérie") , et, pourquoi pas, racontent dans un livre ce qui s'est passé, quel fut leur "score" : ce genre de "muflisme" était d'ailleurs annoncé dans "Ulysse" de Joyce !
Nous savions, ou nous aurions dû savoir, que nous soyions juifs ou non, ce qui s'était passé dans les camps, de 1933 (car cela avait commencé bien avant 1942) à 1945.
Nous savions ce qui s'était passé de 1914 à 1918, et qui explique largement, à défaut d'excuser, ce qui s'est passé de 1933 à 1945.
Nous savions mais nous n'avons pas su, ni pu, ni voulu, en tirer les conséquences et commencer par le commencement : travailler sur nous mêmes, sur notre conscience, sur ce qui nous rapproche donc les uns les autres et fait de nous, si nous le voulons bien, les citoyens d'un monde commun qui est le monde de l'Esprit.
Nous avons préféré nous "révolter", comme nous y appelait un grand philosophe, devenu très "tendance" après 1945, après que le dernier des philosophes qui était peut être le premier des Sages, Léon Brunschvicg, soit disparu, le 18 janvier 1944 : le "nouveau patron de la philosophie française," Jean-Paul Sartre, s'étant lui même "rebellé" contre le mandarin Brunschvicg dans les années 30, nous disait que "l'on a raison de se révolter"...il nous disait aussi "qu'un anticommuniste est un chien"...
Nous qui étions nés entre 1945 et disons 1960, il faut bien définir des dates précises, même si cela n'a guère de sens, nous nous sentions "mal" : si nos pères avaient résisté, avaient été des "héros", nous étions écrasés par cette stature des "pères héroïques", tout autant d'ailleurs qu'eux l'avaient été par celle des grand-pères héroïques de 1914-1918, et que nous l'étions nous mêmes encore...
s'ils avaient collaborés, nous étions brûlés, consumés par la honte... et pourtant les péchés des pères ne se transmettent pas par le sang...
et bien sûr, si nous étions allemands, c'était encore bien pire !
mais ce n'était guère mieux si nous étions juifs : car nous SAVIONS qu'était survenu l'impensable et l'innommable, et nous étions en souffrance de ne pas pouvoir nommer l'innommable!
Nous qui sommes nés, disons entre 1945 et 1960, nous n'avons pas eu "notre mère la guerre", et c'est heureux car je suspecte que nous n'aurions pas été à la hauteur.
Nous avons seulement eu les honteuses guerre d'Indochine et d'Algérie, et encore, ce fut pour ceux qui étaient nés avant nous : même à cela, nous avons "coupé" !
Nous avons seulement eu, dans les années 60 et 70, la honteuse guerre du Vietnam, et nous nous sommes révoltés contre elle, et nous avions raison sur ce point car dans cette guerre, les libérateurs de 1944 ont commis des massacres inimaginables d'horreur, du haut de leurs B52 !
mais nous avions tort d'avoir raison, car en fait, tout cela ne nous engageait pas : nous n'allions pas risquer notre peau, et quitter notre douillet confort, celui de l'appartement de papa-maman dans le Paris d'alors, qui n'était pas encore devenu hors de prix, et nos cinq douches quotidiennes, pour aller combattre après de ces vietnamiens martyrs, qu'ils soient du nord ou du Sud...
nous nous sommes contentés de crier "Ho Ho Ho chi Min Che Che Guevara" à tue tête... nous ne faisions pas encore le petit "moonwalk" des trois pas en vant deux pas en arrière comme les débiles mentaux des manifs d'aujourd'hui, mais l'esprit y était, ou plutôt l'absence de tout esprit...
bref nous étions des petits cons...et il y avait 95 % de chances que nous devenions des grands cons ving ans plus tard...ce que nous n'avons pas manqué de faire...à 95 %, voire même 99 %, faisant mentir les probabilités...mais il est vrai que s'y associe la thermodynamique, un pas trop con peut devenir un gros con en même pas dix ans, on appelle cela le second principe de la thermodynamique !
nos frères américains du même âge, eux au moins risquaient quelque chose : aller à la guerre, se faire tuer bêtement, ou tuer de pauvres paysans innocents, ou déserter....
mais nous, qu'avons nous risqué ? à part mourir de ridicule ? et encore, même pas, puisque cela fait bien 3 ou 4 siècles que le ridicule ne tue plus, n'est ce pas monsieur Molière ?
et qui ne risque rien n'a rien ! logique ! ou pas grand chose, ce qui est encore pire, car dans "rien", on ne s' englue pas , au moins ! alors que dans plein de petites choses, voire dans "Les choses", de Perec...on devient tout chose ! et c'est bien ce qui s'est produit !
nos frères, ou du moins nos amis, américains, ils ne nous ont pas aidés non plus, il faut dire : c'est d'eux que nous avons reçu un autre slogan à la con :
"Free your mind, your ass will follow"
je ne traduis pas, n'est ce pas ? de toutes façons, ça ne vole pas très haut...plutôt au niveau du "ass" que de celui du "mind", ou même du "spirit"...et il me semble bien que "ass" veut dire aussi : âne ?
Or c'est monté sur un âne que le Messie devait faire son entrée dans Jérusalem : pas en devenant âne lui même ! mais il est vrai que nous n'étions plus à ça près ! et puis Jérusalem, Jérusalem, nous t'avons oubliée, nous préférions le boul'mich ! les petits cafés, les petits cinés, où l'on pouvait peloter sa chérie du moment....
oui, j'ai été un peu vite tout à l'heure : nous nous sommes bien efforcés de travailler sur le "mind", et même sur la "conscience", mais c'était dans la perspective de libérer le "ass"...et surtout celui de nos copines!
bref, au lieu de nous "entraîner en Haut", comme le voulait Goethe, l'éternel féminin nous a définitivement tirés vers le bas, et nous le lui avons bien rendu ... d'ailleurs, masculin, féminin, nous ne savions plus très bien ce que cela voulait dire, il est vrai qu'entre temps la drogue, l'alcool s'étaient mis de la partie...et puis, il faut dire qu'il nous entraînait vers le haut aussi, d'une certaine façon : enfin pas nous, notre "membrum virile".
Marguerite, ou Béatrice, ou Lea l'attentive, devenait entraineuse...
tout était...comment dire...confus...brouillé ! comme nous d'ailleurs : nous étions brouillés avec l'éternité, et cela nous convenait parfaitement, nous passions mais nous ne le savions pas, et nous ne faisions que passer...là encore nous confondions: Jésus avait dit "Soyez passants", pas "soyez des badauds de l'histoire", pas "marchez en groupe et envoyez des pavés sur les CRS"...
mais on a tout confondu, et pour finir c'est nous qui avons été confondus...cons fondus : rien là que de très naturel !
et d'autant plus que sur nos jeunes années, nous qui avions l'âge de l'innnocence en 1960, est venu se déverser à partir de ces années là le torrent de merde des petites lucarnes télévisuelles, mieux vaudrait dire cuvettes de WC hertziennes, et là nous n'y pouvions rien...et la pub, à partir de l'automne 68 : cela aurait dû nous réveiller, quand mêê, mais il parait que la dose hypnotique avait été vraiment trop forte...tellement même que la plupart continuent à dormir !
Tout était confondu, brouillé, fusionnel, surtout à plus de 2 grammes, donc il ne pouvait plus y avoir d'orientation , de grande orientation je veux dire, de Voie : restait les chemins parallèles, qui se sont très vite révélés comme des chemins qui ne mènent nulle part, mais vraiment nulle part, même pas de quoi faire un livre, et les sentiers de traverse, pour les petits débrouillards....
Et d'ailleurs pourquoi dire "nous" ? il n'y a jamais eu de Nous, surtout pour quelqu'un comme moi qui avais 15 ans en 1968, l'âge le plus laid de la vie, l'âge donc d'aller se faire dépuceler à la Sorbonne, mais qui n'a pas participé à toute cette foire nauséabonde...oh, certes , je ne prétends pas que passer ces quelques semaines à biberonner le whisky de Papa fût beaucoup plus "glorieux" : si c'était un monde parfait, cela se saurait !
il reste que nous, les petits nous, les pauvres petits cons au lieu d'être les petits cons, qui avions peur de cette ambiance dionysiaque et nous sommes abstenus, nous n'avons rien fait pour aller là contre : nous sommes coupables de complicité passive....et la complicité passive c'est comme la sodomie de la même catégorie : ça ne fait du bien qu'à ceux qui aiment ça dès le départ !
Au total nous avons tout laissé passer, avec ou sans consentement : drogue, pornographie, alcool, individualisme commercialo-professionnel, tourisme généralisé, baise-en ville et séminaires à Bali, ...et puis crises, chômage...pas la peine de résumer, tout le monde connaît!
Comme nous étions finalement assez inconsistants, il nous fallait être contre, forcément, pour exister : et c'est comme cela que nous avons passé notre temps à être contre, à "laisser tomber" tout héritage, à déconstruire, à dire Adieu à la Raison, sur le mode mystique, et surtout adieu à l'Occident, mais en y gardant un pied-à -terre, pour la plupart.
Nous avons tout été, comme disent les protagonistes québécois des films de Denys Arcand, des Invasions barbares , de l'Age des ténèbres, ou du déclin de l'empire américain (l'empire européen, c'était encore plus ancien), et nous sommes revenus de tout sans y être allés.
Mais au final, il nous reste à dire un grand merci à ceux d'entre "nous", la majorité, qui ont persisté dans la connerie comme quelqu'un qui n'ouvre jamais son parachute et "fait tapis", comme on dit, s'incruste dans le paysage: ceux qui il y a encore dix ans insultaient le christianisme et qui dans le même temps, ou deux ans après, viennent nous bassiner avec leur "nécessaire respect de toutes les cultures et de l'Islam en particulier"...
ceux qui comme Dominique Wolton , chercheur au CNRS (je ne sais pas ce qu'il cherche, mais en tout cas il trouvera la main du zouave dans la culotte de ma soeur, ça c'est sûr et certain, surtout compte tenu du fait que je n'ai pas de soeur, en tout cas pas à ma connaissance ) un gabarit exceptionnel celui là, "si la connerie pouvait se mesurer il serait mètre-étalon", "si les cons pouvaient voler il serait sur orbite depuis qu'il y a des étoiles et des planètes, c'est à dire au bas mot des milliards d'années", ont dit pas plus tard qu'après l'affaire des minarets que "le problème en Europe, ce sont les non-musulmans, pas les musulmans" ...
http://www.fdesouche.com/articles/85584
ils y ont été tellement "pas avec le dos de la cuiller" qu'ils ont réalisé le miracle que tous les Saints assistés des cinq cent mille diables , de la vierge Marie , de dieu le père et de toutes les saintes Houris putassières n'auraient sans doute pu accomplir :
Ils nous ont réveillés pour finir !
pour moi ce fut un peu plus tôt : après des années perdues dans la Qabbale et les mystiques orientales, forcément orientales, et les philosophies déconstructionnistes, forcément déconstructionnistes, ce fut "L'être et l'évènement", et quasi en même temps la démonstration du grand théorème de Fermat par Wiles en 1994 : un cocktail détonant s'il en fût !
en tout cas je fus tiré de mon sommeil anti-dogmatique et il me fallut encore quelques années combien les gens comme moi, qui avions une formation scientifique, nous avions été lâches de laisser notre main gauche : celle consacrée au Zen, aux spiritualités, comme nous disions, ignorer ce que faisait notre main droite : celle qui gagnait de l'argent en mettant notre talent d'ingénieurs ou de professeurs au service du système mondialisé, d'arraisonnement que nous faisions mine de détester !
puis je compris que la science, c'est justement la voie par excellence vers l'Esprit, tout autre chose que la schizophrénie où je m'étais enfermé, analogue au moteur à deux temps infernal dont Dany-Robert Dufour parle à propos de Pascal...sur ce point, Luc Ferry et Claude Allègre ont raison, seule la science pourra apporter une "solution" aux problèmes de réchauffement climatique, si cela est du moins possible, car la décroissance doublerait ou quadruplerait le nombre de chômeurs, ce qu'aucun pays occidentale n'acceptera jamais : mais ce n'est pas là la raison d'être principale de la science mdoerne, qui se présente dès Copernic comme une continuation et un perfectionnement du christianisme, une christianisation de l'entendement théorique et pratique...
de là aux philosophes du 17 ème, fondateurs de la philosophie et de la science modernes, puis à la complète réévaluation de l'héritage occidental, la route était directe : elle mène finalement à la redécouverte des "mystiques" comme Angelus Silesius, Saint Jean de la Croix, Eckhart, et de la philosophie chrétienne, Saint Augustin, Erigène, Saint Thomas d'Aquin, toute cette richesse incroyable du génie européen, et à la prise de conscience qu'il ne doit rien et n'a jamais rien dû à l'Islam
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_Eckhart
Mais je n'ai pas regretté d'avoir été réveillé dès le début des années 1990 : je n'ai ainsi pu louper aucun des épisodes clés de l'espèce de descente aux enfers de "l'intelligentsia" dite "européenne" , des attentats de 2001 aux minarets en passant par les caricatures.