Aucun philosophe n'est pour moi plus éclairant que Léon Brunschvicg; il pourrait d'ailleurs plutôt être appelé un Sage, le premier Sage universel, qu'un philosophe, c'est à dire un "cherchant la Sagesse".
Kojève pose que Hegel est ce premier Sage; mais selon moi c'est plutôt Brunschvicg qui mérite ce titre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Brunschvicg
La restitution à sa famille par la Russie de nombreux articles et papiers est d'ailleurs un évènement dont il faut se réjouir. Sans doute avaient ils confisqué ces notes aux nazis, qui eux mêmes les avaient volées dans l'appartement parisien de Brunschvicg, que celui ci avait dû fuir en 1940.
Brunschvicg oppose l'esprit véritablement religieux aux religions positives, (de même que Schiller), le Dieu entièrement spirituel d'Occident aux "Dieux" à noms propres des religions abrahamiques ou autres.
On doit distinguer entre le "Dieu" correspondant au niveau de la "sensation" : dieu créateur et démiurge.
Puis le "Dieu" du niveau biologique : le "Père", la "Mère divine", le "Fils".
Au niveau social correspond le dieu législateur de l'Ancien Testament et du Coran.
Reste le "Dieu en Esprit et en Vérité", le Dieu entièrement spirituel c'est à dire intelelctuel qui nait de la spiritualité d'Occident au 17 ème siècle, Dieu qui est en même temps parfait Amour.
Mais quel est il, ce Dieu en Esprit et en Vérité, sinon : l'Esprit et la Vérité ? c'est à dire le Penser spirituel qui est celui de la philosophie et de la mathématique. Cette "Pensée infinie" que Hegel nommait aussi Dieu.
Rappelons d'ailleurs que dans le "Court traité", sa première oeuvre, Spinoza caractérise Dieu comme la Vérité; par contre la Substance Infinie de l'Ethique doit être considérée comme un recul de la pensée spinozienne par rapport à l'intuition géniale du Court Traité. Dans cette ligne, Brunschvicg parlera de Dieu comme "source de vérité", ou même "conscience intellectuelle pure". Pour notre part nous avons posé l'équation Dieu = Raison = Intellect Agent.
Ce penser spirituel nait de l'idéal de l'unité parfaite. Tout ce qui est au delà, dans une guise de transcendance, ne peut être que tromperie, illusion, idolâtrie. L'unité humaine spirituelle, la Sagesse une et universelle de Descartes, celle qui est décrite par Brunschvicg à la fin de "Introduction à la vie de l'esprit" (datant de 1900) comme vie religieuse parfaite venant couronner la vie scientifique, la vie esthétique (arts) et la vie morale, ne saurait être à l'origine de guerres, de rivalités, de haines, de tueries comme celles qui ont été causées par les religions des dieux à noms propres.
On trouvera sur l'autre blog de nombreuses références à Brunschvicg, qui est pour nous le véritable Maitre de spiritualité correspondant à notre époque :
http://mathesis.over-blog.com/article-5114503.html
http://mathesis.over-blog.com/article-5896103.html
ainsi que ceci sur le livre de Nizan, les "Chiens de garde", largement dirigé contre Brunschvicg :