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FICHTE

Johan Gottlieb FICHTE : c'est sans doute le plus important des philosophes de ce qu'il est convenu la "métaphysique allemande", qui a pu être comparée à ces hautes chaines de montagnes majestueuses par rapport aux quelles notre philosophie contemporaine, analytique ou continentale d'ailleurs, apparaitrait comme aimables collines pour randonneurs touristiques pas très sportifs (en fait je crois que la comparaison avait été faite pour la philosophie analytique).


C'est en tout cas le seul qui ne cède pas (le comparer à Schelling sur ce point !)  aux prestiges trompeurs de la "philosophie de la Nature", si poétique, si attirante par rapport aux sèches abstractions mathématiques de la science : oui , mais le fait est que ce sont les sèches abstractions qui sont en prise avec le réel.


Et ce n'est sans doute pas un hasard si Brunschvicg le place au plus haut, avec Descartes et Spinoza.


Il est cepndant clair que Fichte critique Spinoza sur la notion de substance et de Dieu substantiel : ce qui forme le fond de la querelle de l'athéisme , c'est cela, et Fichte s'en explique très clairement : ce que n'ont pas admis les pouvoirs en place, et la raison pour laquelle ils l'ont forcé à quitter son poste, c'est que sa conception de dieu ne laisse aucune place à un dieu substantiel, un dieu qui "existerait" dans le monde, ou dans "l'Etre", à part de nous, en face de nous. Un Dieu qui serait un "étant", ou même un "sur-étant". C'est cela qui n'a pas été admis, et un intellectuel comme goethe a applaudi des deux mains à la décision de réprimer Fichte.


Mais Fichte est un esprit très religieux, et sa "seonde période", comme il est admis généralement, accorde une importance cruciale à la philosophie de la religion.


Au fond, sa conception de l'absolu complète celle qui est développée ici de Dieu comme Raison en acte s'autodéveloppant. Il le voit comme liberté, comme évènement du Moi libre se posant, surgissant de par son auto-position.


Mais la Raison ne peut être que Liberté, si l'on y réfléchit bien, plus précisément raison et liberté ne peuvent être que les deux faces d'une même médaille qui est l'absolu, puisque l'on ne peut remonter au delà sans se contredire : c'est la raison qui donne les explications, et donc on ne peut remonter à un au delà de la Raison pour expliquer le fait qu'il y ait la Raison.


De même le caractère de l'acte absolument libre est qu'il se suffit à lui même, qu'il se fonde lui même, qu'il ne saurait avoir d'autre fondement que lui même.


On peut donc poser l'équation : Raison= Liberté = Moi surgissant librement (cad : se posant librement lui même).


Au fond, le fameux théorème d'incomplétude de Gödel en est une confirmation, de cette identité de la raison et de la liberté, contre ce qui serait le rêve d'une mécanisation de la pensée (si le scientisme a existé, alors il a été ce rêve, ou plutôt ce cauchemar)

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