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Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis

l'esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées

L'homme OCCIDENTAL

«L'homme occidental, l'homme suivant Socrate et suivant Descartes, dont l'Occident n'a jamais produit, d'ailleurs, que de bien rares exemplaires, est celui qui enveloppe l'humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d'unité morale. Rien de plus souhaitable pour lui que la connaissance de l'Orient, avec la diversité presqu'infinie de ses époques et de ses civilisations. Le premier résultat de cette connaissance consistera sans doute à méditer les jugements de l'Orient sur l'anarchie et l'hypocrisie de notre civilisation, à prendre une conscience humiliante mais salutaire, de la distance qui dans notre vie publique comme dans notre conduite privée, sépare nos principes et nos actes. Et, en même temps, l'Occident comprendra mieux sa propre histoire: la Grèce a conçu la spéculation désintéressée et la raison politique en contraste avec la tradition orientale des mythes et des cérémonies. Mais le miracle grec a duré le temps d'un éclair. Lorsqu'Alexandre fut proclamé fils de Dieu par les orientaux, on peut dire que le Moyen Age était fait. Le scepticisme de Pyrrhon comme le mysticisme de Plotin ne s'explique pas sans un souffle venu de l'Inde. Les "valeurs méditérranéennes", celles qui ont dominé tour à tour à Jérusalem, à Byzance, à Rome et à Cordoue, sont d'origine et de caractère asiatique...... quant à l'avenir de l'Occident, il n'est pas ici en cause : une influence préméditée n'a jamais eu de résultats durables, et prédire est probablement le contraire de comprendre. Toute réflexion inquiète de l'Européen sur l'Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l'empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la raison occidentale, qui est la raison tout court, de faire surgir, ainsi que l'ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en chassant les imaginations matérialistes qui sont ce que l'Occident a toujours reçu de l'Orient» Léon BRUNSCHVICG

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    Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis : un jeu de perles de verre

    TOPOSOPHIA ou comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer D-ieu plus que l' être-pour-la-mort .....


     Nul n'entre ici s'il ne se soumet à la discipline fonctorielle.


     



     «Nous nous affranchirons du temps simplement vital, dans la mesure où nous en découvrirons la racine intemporelle. La vie, nous savons trop qu'elle est sans pitié pour les vivants. Elle peut se définir comme l'ensemble des forces qui résistent à la mort..... jusqu'à l'inévitable dénouement qui la révèle comme l'ensemble des forces qui acheminent à la mort.....  


    ...il est malaisé de décider si l'armée des vivants peut avoir l'espérance, suivant la magnifique image que nous a proposée  Bergson, de "culbuter la mort"; mais, puisque le salut est en nous, n'est il pas assuré que l'armée des esprits débouche dans l'éternité, pourvu que nous ayons soin de maintenir à la notion d'éternité sa stricte signification d'immanence radicale


    ... il ne s'agit plus pour l'homme de se soustraire à la condition de l'homme. Le sentiment de notre éternité intime n'empêche pas l'individu de mourir, pas plus que l'intelligence du soleil astronomique n'empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai le jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s'installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l'instant du présent, qui permet d'intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l'expérience du passé, celles là même aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l'avenir. Rien ici qui ne soit d'expérience et de certitude humaines. Par la dignité de notre pensée nous comprenons l'univers qui nous écrase, nous dominons le temps qui nous emporte; nous sommes plus qu'une personne dès que nous sommes capables de remonter à la source de ce qui à nos propres yeux nous constitue comme personne....


    ...ainsi, par-delà toutes les circonstances de détail, toutes les vicissitudes contingentes, qui tendent à diviser les hommes, à diviser l'homme lui-même, le progrès de notre  réflexion découvre dans notre propre intimité un foyer où l'intelligence et l'amour se présentent dans la pureté radicale de leur lumière. Notre âme est là ; et nous l'atteindrons à condition que nous ne nous laissions pas vaincre par notre conquête, que nous sachions résister à la tentation qui ferait de cette âme, à l'image de la matière, une substance détachée du cours de la durée, qui nous porterait à nous abîmer dans une sorte de contemplation muette et morte. La chose nécessaire est de ne pas nous relâcher dans l'effort généreux, indivisiblement spéculatif et pratique, qui rapproche l'humanité de l'idée qu'elle s'est formée d'elle-même....


    ...si les religions sont nées de l'homme, c'est à chaque instant qu'il lui faut échanger le Dieu de l'homo faber, le Dieu forgé par l'intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l'homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d'aimer, qui menace d'en restreindre l'espérance et d'en limiter l'horizon.


    Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l'égoïsme inhérent à l'instinct naturel, que nous avons transporté dans tous les instants de notre existence cette attitude d'humilité sincère et scrupuleuse, de charité patiente et efficace, qui fait oublier au savant sa personnalité propre pour prendre part au travail de tous, pour ne songer qu'à enrichir le trésor commun !


    ...Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n'est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n'est pas contre moi est avec moi. Mais pour accomplir l'Évangile, il faut aller jusqu'à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n'a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi.


    Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l'expansion infinie de l'intelligence et l'absolu désintéressement de l'amour, l'unique vérité dont Dieu ait à nous instruire....


    ....ce qui s'oppose avec Socrate à la force matérielle du passé social, c'est l'humanité idéale que portent en soi la découverte et le développement de la raison pratique, c'est une sorte de Médiateur tel que sera le Verbe selon Malebranche dans les Méditations chrétiennes, ou le Christ selon Spinoza dans le Tractatus theologico-politicus.


    Le Médiateur est présent chez Galilée devant le Saint Office, comme plus tard, devant la violence acharnée des critiques, chez Lavoisier ou chez Cauchy, chez Pasteur ou chez Einstein. C'est lui aussi qui est, devant les condamnations prononcées par les autorités sociales, présent chez le Pascal des Provinciales et chez le Voltaire de l'affaire Calas, chez le Rousseau de l'Emile et chez le Kant de la Religion dans les limites de la simple raison.


    Cette présence est ce qui rend heureux le modèle de justice que Platon a dépeint dans le second livre de la République:


    "il sera fouetté, torturé, mis aux fers, on lui brûlera les yeux; enfin, après lui avoir fait souffrir tous les maux, on le mettra en croix, et par là on lui fera sentir qu'il faut se préoccuper non d'être juste mais de le paraître"


    Or le juste parfait, quelle que soit sa destinée, du point de vue physique ou social, est heureux non en songeant à l'avenir, par l'espoir d'un temps où serait matériellement compensé et récompensé le sacrifice actuel, mais par une joie immédiate, intérieure et pleine qui ne laisse place à aucune idée de sacrifice, où il s'exalte au contraire dans le sentiment d'incarner la justice éternelle et universelle ....


    ....Le drame de la conscience religieuse depuis trois siècles est défini avec précision par les termes du Mémorial du 23 novembre 1654 : entre le Dieu qui est celui d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et le Dieu qui est celui des philosophes et des savants, les essais de synthèse, les espérances de compromis, demeurent illusoires.


     ....si l’univers, inorganique ou organique, existe en tant que tel, c’est grâce à l’activité une et indivisible d’une pensée qui, par la combinaison du calcul, et de l’expérience, a su coordonner à l’infini les mouvements des choses et les événements de la vie. La science accomplit la nature ; et, par là même, elle donne à l’homme conscience d’une aptitude à la vérité universelle où il nous paraît bien difficile de ne pas apercevoir la vocation de l’esprit.


    Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives.


     L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. »


    Léon Brunschvicg              

    Servante de Thrace, je t'aime et je te hais ! | 06 novembre 2009



    L'anecdote immémoriale de Thalès de Milet et de la servante de Thrace est  racontée, notamment, par Platon (Théétète 174a):

    «

    Socrate :
    L’exemple de Thalès te le fera comprendre, Théodore. Il observait les astres et, comme il avait les yeux au ciel, il tomba dans un puits.
     Une servante de Thrace, toute mignonne et pleine de bonne humeur, éclata de rire, à ce que l'on raconte, en disant qu’il s’évertuait à savoir ce qui se passait dans le ciel, et qu’il ne prenait pas garde à ce qui était devant lui et à ses pieds.

    La même plaisanterie s’applique à tous ceux qui passent leur vie à philosopher. Il est certain, en effet, qu’un tel homme ne connaît ni proche, ni voisin ; il ne sait pas ce qu’ils font, sait à peine si ce sont des hommes ou des créatures d’une autre espèce ; mais qu’est-ce que peut être l’homme et qu’est-ce qu’une telle nature doit faire ou supporter qui la distingue des autres êtres, voilà ce qu’il cherche et prend peine à découvrir. Tu comprends, je pense, Théodore ; ne comprends-tu pas ?»

    Voici ce qu'en dit Brunschvicg dans "Le progrès de la conscience dans la philosophie occidentale" :

    «la sagesse du philosophe qui s'est retiré du monde pour vivre dans l'imitation de Dieu a, comme contre-partie inévitable, la maladresse et la gaucherie qui le mettent hors d'état de s'appliquer aux affaires de la vie pratique, qui font de lui, comme jadis de Thalès, la risée d'une servante thrace. Est il légitime de se résigner à cette séparation de la vertu philosophique et de la réalité sociale, qui s'est traduite, dans l'histoire d'Athènes, par des évènements tels que la condamnation de Socrate ? n'est ce point manquer à l'intérêt de l'humanité que de l'abandonner aux opinions absurdes et aux passions désordonnées de la multitude ? et la misanthropie n'est elle point, en définitive, un péché contre l'esprit au même titre que la misologie ? (Phédon, 89b)  »

    Thalès est l'un des personnages, plus ou moins mythiques, qui personnifient la fondation grecque de l'Occident.
    Sa "théorie philosophique" qui fait de l'eau le principe de l'univers mérite mieux que des railleries : elle est de nature héraclitéenne, et signifie que ce qui est de l'ordre du flux, du changement, est "plus fondamental" que ce qui est de l'ordre du fixe, du substantiel.
    Au fond, Thalès est peut être l'ancêtre de la physique quantique....

    Ce qui est en jeu dans cette historiette, tout à fait charmante, de Thalès et de la petite servante, qui prendra plus d'une forme au cours de l'Histoire (le philosophe Hans Blumenberg en a fait une recension dans son livre "Le rire de la servante de thrace"), ce n'est rien moins que l'entrée en scène du Dieu des philosophes et des savants, c'est à dire de l'universalité des théories rationnelles de l'Univers, face aux "dieux" ethniques orientaux qui sont ceux de la servante.

    Telle est d'ailleurs l'explication suggérée par Blumenberg :

    «
    peut être la servante de Thrace avait-elle confondu la théorie des étoiles avec le culte de celles-ci, et avait à ce niveau tenu ses propres dieux pour les plus forts.....

    .....ce que l'astronome devait voir pour assurer la pérennité de sa science nous pouvons le découvrir ; ce qu'il a vraiment vu pour être captivé par sa theoria, nous ne le savons pas..pour la servante de Thrace qui voit le Milésien marcher dans la nuit dans une posture particulièrement inadaptée, l'hypothèse la plus vraisemblable est qu'il était à ce moment en train d'honorer ses dieux. Alors il est légitime qu'il trébuche car ses dieux n'étaient pas les bons...pour elle il n'y avait pas de dieux de son pays dans la direction où Thalès dirige son regard, vers le ciel étoilé. Ils étaient là où le Grec devait ensuite tomber.C'est pourquoi il lui fut permis de ressentir une joie maligne »

    mais ce rire ne traduit que l'éternelle incompréhension  de l'opinion et du "sens commun", avec sa conception terre à terre et limitée aux besoins vitaux, de l'existence,  vis à vis de la science et de la philosophie, qui se soucient de l'Un qui est le Tout.

    Heidegger, quant à lui, n'ignore pas l'anecdote de la servante, et voici ce qu'il déclare :

    «C'est pourquoi nous devons définir la question : "qu'est ce qu'une chose ?" comme étant de celles qui provoquent le rire des servantes »

    La philosophie s'oppose selon lui à la science, dont il ne considère que l'aspect utilitaire-technique, parlant d'arraisonnement techno-scientifico-commercial, comme le "sans utilité pratique" qui suscite le rire de ceux qui sont obnubilés par les chiffres du "rendement" ; la chute du philosophe (dans le puits, le placard, ou en tout cas loin des medias) est donc un signe du fait qu'il cherche du bon côté....

    Mais la science se limite t'elle à la technoscience et au profitable-concurrentiel dans une "guerre économique" entre pays qui serait l'ultime destin de l'humanité, sur fonds de démocratie  et de droits de l'homme uniquement formels ? nous ne le croyons pas, d'accord sur ce point avec Badiou, et nous pouvons répondre à la question de ce dernier :

    "De-quoi-Sarkozy-est-il-le-nom ?"

    ceci :

    Il est le nom de la servante de Thrace !

    de Thrace ou d'ailleurs...dans un monde sans frontières qui est un village..."le Village" !



    Quant à la servante, elle n'a plus du tout tendance à rire , et a perdu tous ses attraits : c'est en burqa qu'elle se promène maintenant dans les villes de France, et gageons que si un Thalès moderne tombait dans le puits, ou plutôt le caniveau, elle ne lui prêterait sans doute pas une main secourable pour se relever, préférant maudire ces mécréants qui tentent d'usurper la "science de Dieu" ('ilm u'llâh).

    C'est que les "dieux" souterrains de la servante d' il y a 26 siècles ont finalement réussi à gagner le ciel, où ils sont devenus "un seul dieu" qui se présente comme "le Seul véritable pour toute l'humanité".

    et de ce "dieu", on doit accorder à Salman Rushdie que :

    "non seulement il n'est pas mort, mais en plus il est très en colère !"

    tellement en rage qu'il s'amuse à précipiter des avions contre des tours....

    Publié par topos à 18:16:13 dans Philosophie | Commentaires (0) |

    Les nombres premiers | 06 novembre 2009

    Les nombres premiers :  2,3,5,7,11,13,17,19, etc... 2 bouche cruelle, 3 étoile de nuit , 5 couteau du boucher, 7 retour au Père, je dirai quelques jours vos naissances latentes ! ainsi que toi, 1, monarque , et toi, zéro, abysse !

    pourquoi les nombres premiers ? première réponse : et pourquoi pas les nombres premiers?

    un peu insuffisant quand même....

    parce qu'ils engendrent tous les autres nombres entiers (on définit des nombres "premiers" pour d'autres espèces de nombres que les entiers, mais ici nous ne parlerons que des nombres premiers entiers, de N), et que les nombres entiers sont les plus fascinants parce que les plus "connus" de tous les nombres !

    tout le monde, et surtout n'importe qui, à partir du moment où il fait ses courses, "pratique" quotidiennement les nombres entiers : 1,2,3,4,5,...

    Et c'est pour cela que l'arithmétique est dite la "reine des sciences mathématiques" , et qu'elle est bien la plus fascinante de toutes les disciplines : parce qu'elle fait appel à des techniques d'une complexité de plus en plus grande, pour résoudre des questions que n'importe qui peut "comprendre" (c'est à dire : peut comprendre au moins l'intitulé).

    Exemple : la célèbre conjecture de Goldbach, qui n'est toujours pas résolue à ce jour. Elle stipule que tout nombre pair peut être écrit sous la forme de deux nombres premiers...

    exemples : 6 = 3 + 3 = 5 + 1; 12 = 7 + 5 ; 13 = 11 + 2 etc...

    On n'a jamais trouvé de contre-exemple, de nombre pair qui ne soit pas somme de deux nombres premiers... mais on n'a jamais pu démontrer que la conjecture est vraie, et pourtant tous les plus grands s'y sont essayés, depuis des siècles, et s'y sont cassé les dents ! depuis 1742 pour être plus précis :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Conjecture_de_Goldbach

    C'est un problème de ce que l'on appelle la théorie additive des nombres... et pourtant le concept de "nombre premier" appartient à la théorie multiplicative des nombres entiers; il n'y a pas de nombres "premiers", ou insécables, pour l'addition, sauf 1, qui n'est pas considéré comme un nombre premier.

    Car quelque soit le nombre n non égal à 1, il peut toujours être "atteint" au moyen d'une somme finie de nombres différents de lui, ne fût ce que de 1 : n, c'est la somme de n nombres 1

     n = 1 + 1 + 1....+ 1 (n fois)

    par contre, s'il est premier, il ne peut pas être "atteint" par multiplication de facteurs différents de lui; par exemple 11 ne peut s'exprimer que comme le produit de 11 multiplié par 1: il n'est divisible que par lui même et 1, et c'est là la définition d'un nombre premier.

     Les nombres premiers "engendrent" tous les autres nombres entiers, en ce qu'un nombre n quelconque peut être écrit d'une seule façon (à l'ordre près) comme produit infini :

         n=  i  pi ki 

     Ici le produit s'étend à tous les nombres premiers, qui sont en nombre infini, mais l'exposant ki  n'est positif (supérieur ou égal à 1) que pour un nombre fini d'indices i.... pour tous les autrzs il est nul, et si ki

    est nul, alors   pi ki  = 1.

    l'indice i varie ici de 1 à l'infini, il est le rang de chaque nombre premier dans la suite infinie de ces nombres : 2 a le rang 1, 3 le rang 2, 5 le rang 3, etc...

    Il existe un site absolument paradisiaque pour tous les amoureux des nombres, c'est le site de Sloane :

    http://www.research.att.com/~njas/sequences/

    il contient à peu près toutes les suites possibles et imaginables (avec tout un tas d'autres informations passionantes) , pourvu qu'elles puissent être définies de manière mathématiquement rationnelle et objective ("la suite des nombres que je préfère personnellement", elle ne pourra jamais y figurer); toutes ne sont pas exprimables par une formule, et d'ailleurs la suite des nombres premiers ne peut pas être définie par une formule, c'est là l'une de ses caractéristiques les plus fascinantes.

    Pour obtenir cette suite, taper "primes" dans le cadre, ou bien taper simplement les premiers nombres : 2,3,5,7,...

    Cela donne la suite A000040 :

    http://www.research.att.com/~njas/sequences/A000040

    et l'on peut par exemple avoir la liste des 100 000 premiers nombres "premiers" avec leur rang (première colonne le rang, deuxième colonne le nombre premier) :

    http://www.research.att.com/~njas/sequences/a000040.txt

     Au fait, comment sait on que les nombres premiers forment une suite infinie ?

    Il faut le démontrer, et il existe une démonstration très simple, dûe il me semble à Euclide, qui a fasciné tout élève de première (ou de terminale ?), et l'a "initié" pour la vie à l'amour des nombres.

    Supposons que ces nombres soient en nombre fini, mettons n : il existe n nombres premiers, pas un de plus, et n est fini. les nombres premiers sont donc une suite finie : p1 = 2, p2 = 3, etc.. jusqu'à pn qui est le "dernier des premiers" !

    alors on peut certainement  former le produit de tous ces nombres, ce sera encore un nombre fini (mais pas premier, évidemment); appelons le N :

    N = p1 x p2 x....  pn

    Considérons le nombre N + 1 : il existe, aucun problème là dessus. D'après le théorème fondamental de l'arithmétique, il possède, comme tout autre nombre, une décomposition unique en facteurs premiers :

     N + 1=  j  pj kj 

    et les pj  font forcément partie de la liste finie des nombres premiers :  p1 = 2, p2 = 3, etc.. jusqu'à pn

    Or aucun de ces nombres ne peut diviser N + 1 : car si pm  est premier, il divise le produit : N = p1 x p2 x....  pn

    Donc s'il divise N + 1 et N, il divise aussi leur différence qui est 1. Or par définition, il est supérieur à 1, donc ne peut le diviser !

    Nous aboutissons à une contradiction, donc l'hypothèse selon laquelle les nombres premiers seraient en nombre fini est fausse !

    Il existe de nombreuses autres démonstrations, souvent bien plus compliquées, le premier chapitre du livre "Raisonnements divins" en donne six différentes :

    http://books.google.fr/books?id=0p4z8ptz6GkC&dq=raisonnement+divins&printsec=frontcover&source=bn&hl=fr&ei=lUf0SoqHLMWj4QanpYDcAw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CA4Q6AEwAw#v=onepage&q=&f=false

    Les théories nonstandard

    Parmi les domaines les plus fascinants des mathématiques, il existe des théories "non standard" des ensembles, des nombres et de l'analyse qui envisagent des nombres "non limités" (infiniment grands) ou "infinitésimaux" et les manipulent de manière rationnelle. Un disciple de l'athéisme à la Badiou dirait que l'Infini théologique est définitvement expulsé de son trône divin par la mathématique et "forcé" de descendre s'établir dans la "plaine de vérité" (expression dûe à Plutarque, si je ne m'abuse).

    Or la décomposition en facteurs premiers permet très facilement d'exprimer mathématiquement des nombres infiniment grands et de les manipuler autant que faire se peut, sans faire appel aux constructions classiques à base d'ultraproduits ; voir :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Hyperreal_number

    pour la construction des hyper-réels, et lire l'excellent livre de Robert Goldblatt (le théoricien des topos) : "Lectures on the hyperreals" pour une exposition complète:

    http://books.google.fr/books?id=TII-PX_OdloC&dq=Goldblatt+lectures+hyperreals&printsec=frontcover&source=bl&ots=Tc7sndguAE&sig=Jygc4YaCQQuSpGBn72gpcTgALAc&hl=fr&ei=wFH0Svf6C4yX4ga2xbjhAw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CBUQ6AEwAg#v=onepage&q=&f=false

    Dans la formule donnant pour tout entier sa décomposition (unique à l'ordre prés) en facteurs premiers :

     n=  i  pi ki 

    il suffit de ne plus se restreindre aux nombres "classiques" pour lesquels l'exposant ki  est nul sauf pour un nombre "fini" de pi . On envisagera donc des nombres "infiniment grands" , ayant une infinité de facteurs premiers, qui seront donc des produits vraiment infinis. On pourra par exemple parler rationnellement du nombre produit de TOUS les nombres premiers :

     P =  i  pi    (l'exposant ki  est égal à 1 pour tous les pi ).

    Mais en a t'on le droit, demanderont les fâcheux ? bien entendu ! en mathématiques, et surtout ici, on a tous les droits ! cela diverge violemment selon les topologies usuelles ? et alors ? en tout cas, pour les topologies p-adiques, cela converge, par définition !

    Et d'ailleurs, si nous l'écrivons sous forme de fonction :   P → N 

     associant à chaque nombre premier son exposant, cela se fait tout naturellement : les nombres infinis seront de telles fonctions, prenant des valeurs supérieures ou égales à 1 pour tous les premiers, ou pour un nombre infini d'entre eux.

    Mais la théorie se complique immédiatement, car les nombres ki  qui sont les exposants sont des entiers, donc ayant eux mêmes une décomposition en facteurs premiers, d'où de nouveaux exposants ki  à l'échelon supérieur, et ainsi de suite. On peut ainsi parfaitement envisager des nombres ayant un nombre infini de facteurs premiers, mais dont tous les exposants "de premier échelon" sont finis : le nombre P défini plus haut appartient à cette catégorie, puisque tous ses exposants "de premier échelon" sont égaux à 1, et donc il n'y a pas d'échelon supérieur.

    Par contre on peut définir un analogue de ce nombre P produit de TOUS les nombres premiers, en prenant pour tous les exposants non plus 1, mais le produit infini P lui même. On appellera ce nombre le produit P à l'échelon 2, et on le notera :

    Pech2 =     ∏ i  piP   (tous les exposants ki sont pris égaux à Pech1 = ∏ i  pi    ).

    Et ainsi de suite.... je ne vais évidemment pas formaliser cette théorie (que je crois nouvelle, elle est assez déjantée pour cela) ici, mais je veux juste donner une idée de ses développements possibles; on pourra ainsi définir une infinité de sortes de nombres "infiniment grands", mais manipulables dans un calcul au moins formel... une sorte particulière seront ainsi les nombres pour lesquels le nombre des facteurs premiers est fini, par exemple 2 et 3, mais pour lesquels les exposants de premier échelon sont des produits ayant un nombre infini de facteurs...etc..etc...la multiplication et la division de tels nombres sont parfaitement définies, ainsi que l'addition d'ailleurs, encore qu'il ne soit guère possible, sauf cas spéciaux, de claculer le résultat de telles additions en l'exprimant sous forme de produits de nombres premiers...

     

     

    Publié par topos à 16:09:33 dans Théorie des nombres | Commentaires (0) |

    Un épisode balzacien : Wronski et Arson, le Oui et le Non | 21 octobre 2009

    Vers les années 1815-1820 s'est produit en France un épisode assez trouble, et ce n'est pas par exagération que je le dis "balzacien" : il forme en effet l'un des évènements inspirateurs de l'un des plus grands romans philosophiques de la Comédie Humaine : "La recherche de l'Absolu". On sait que Blazac était très féru de martinisme et d'ésotérisme (voir par exemple "Séraphita") et il est hors de doute qu'il ait connu la pensée de Wronski. Que l'on relise le roman, à la fin, lors des tout derniers développements, le regard de Balthazar Claes (l'alchimiste, à la recherche de l'Absolu) tombe sur un entrefilet " Découverte et vente de l'absolu par un mathématicien polonais". Et c'est alors qu'il a son illumination et meurt en criant "Eureka"

    En fait l'épisode est réel : Wronski se trouvait désargenté et avait trouvé un (riche) disciple, le banquier Arson, auquel il avait promis monts et merveilles. Mais ce dernier se plaignait de ce que son "maitre" lui avait certes enseigné une "méthode pour apprendre" mais pas ou peu de savoirs "positifs". A la fin Wronski le mit en face d'un terrible dilemne : soit il lui "faisait une situation", soit il devrait renoncer aux leçons d'absolu ! Arson, affolé et désespéré de perdre son maitre, accepta de signer des reconnaissances annuelles de dette jusqu'en 1830 ou au delà, pour une somme assez énorme pour l'époque. Mais revenu chez lui, il trouva sans doute que l'Absolu, que Wronski lui avait définitivement permis de "trouver", ne valait pas la somme déboursée : le Christ valait il les trente deniers ? toujours est il qu'il refusa d'honorer les traites signées, d'où une série de procés que lui intenta le philosophe du Messianisme.

    Un chroniqueur de l'époque donne dans un numéro de 1831 du Figaro un tour plaisant, qui n'aurait sans doute pas déparé un roman de Balzac sur les journalistes,  à la scène : "L'un avait l'absolu et était pauvre comme Job, l'autre était riche comme Crésus mais n'avait pas l'Absolu. A la fin le premier se retira, plus riche de 300 000 francs, et l'autre était content car il avait l'absolu, mais il était ruiné".

    C'est à la fin du procès intenté par Wronski (après que plusieurs "occultistes" aient tenté de faire pression sur le pauvre Arson) que se situe l'épisode célèbre connu sous le nom "épisode du OUI et du NON"que je veux rapporter, non pas à cause de son mystère pittoresque (encore que ...) mais parce qu'il prend à mon avis un sens qui touche aux sujets abordés ici. Wronski frappa un grand coup en mettant encore une fois Arson en face d'un choix cornélien (un "point à traiter" dirait Badiou) : "est ce que OUI ou NON les leçons de Wronski lui avaient permis d'accéder à l'Absolu ? si Arson répondait NON, Wronski s'engageait devant le tribunal à lui rendre son argent en totalité. S'il répondait OUI il renonçait à son argent".

    Or le mystère se situe ici : Arson répondit OUI, alors que rien ne le forçait à le faire (on aura compris que j'écarte ici les influences occultes ou "inconscientes"et tout ce genre de calembredaines, je laisse ça à Freud, Lacan ou à Madame Soleil). Prenant acte de ce dénouement inopiné et absolument inexplicable, le tribunal décida que Wronski pouvait garder l'argent déjà touché, mais que les traites restant à courir seraient annulées!

    Alors maintenant passons à l'explication qui est selon moi la bonne de ce fait en apparence inexplicable (ou bien explicable par la psychologie humaine, autant dire donc inexplicable).

    Elle découle tout naturellement de la thèse que j'ai développée ici, selon laquelle "Dieu", ou l'Absolu, se confondrait avec le chemin qui mène à lui et que parcourt la Raison humaine (individuelle ou collective) tout en s'identifiant d'ailleurs à ce chemin. "Je suis la Voie, la Vérité et la Vie" ."Le chemin continue mais il n'y a plus de voyageur" clame Attar dans le "Langage des oiseaux". L'Absolu s'identifie à la recherche de l'Absolu ! L'Absolu est sujet, et Résultat. C'est aussi le fond de la phénoménologie hégélienne. C'est aussi l'identité de l'Etre et du Savoir, de Wronski et de Schelling. Sauf que l'élément Savoir prend le pas sur l'élément Etre.

    Le "Oui et le Non" introduit par Wronski (qui est analogue à la notion de point de Badiou) possède à mon avis un sens bien plus profond que le simple choix binaire , qui serait en somme l'ancêtre de notre cybernétique fondée sur le 0 et le 1. Il ne s'agit de rien de moins que d'introduire le disciple (donc en l'occurrence Arson) dans l'élément de la Pensée susceptible de vérité et de fausseté, la Pensée rationnelle donc, la Raison, donc d'après moi et ainsi que je l'ai démontré : le seul Absolu possible.

    Bien entendu, Wronski a dû habiller cela de tout un vocabulaire peuso-philosophique à la sauce kabbalistique, propre à impressionner le gogo qu'était le banquier et à lui faire cracher son or. Mais l'or (rationnel) caché sous le plomb (occultiste), la substantifique moelle, doit être ce que je viens de dire ici : Wronski n'a pas menti à son élève, il l'a véritablement introduit à l'Absolu par ce "oui ou non" qui n'est autre que l' objet Omega d'un topos, ce qu'on appelle "l'objet Vérité". Objet qui se résume à l'ensemble {0,1} dans le cas classique du topos des ensembles. Il l'a bien introduit à l'absolu puisque il l'a introduit à la pensée possédant une valeur de vérité, qui n'est autre que l'Absolu tout en étant la recherche de l'Absolu (du savoir absolu, de la connaissance vraie).

    Alors redescendons du logique à la psychologie, si vous voulez. Qu'a t'il bien pu se passer dans l'âme d'Arson quand ce terrible dilemne, semblable à la question posée par le sphinx à Oedipe, lui a été adressé ?

    rien d'autre qu'une épouvante devant l'abîme que l'autre ouvrait sous ses pas !

    Soit il répondait "non", mais alors il affirmait implicitement que la Raison, la pensée susceptible de "vrai ou faux", n'avait aucune valeur absolue mais simplement une valeur "opérative et utilitaire" : il se trouvait propulsé, pauvre homme du 19 ème siècle, vers l'avenir, à peu près deux siècles en avant, vers nos parages puants de talk shows, journaux télévisés ,"on ne peut pas plaire à tout le monde" (pas à moi en tout cas!) et autre festivus du loft. Vers nos enfers relativistes post-modernes! notre gouffre, notre caverne, notre cercueil bien aimé ou tels de nouveaux Draculas nous nous préparons pour un hypothétique réveil "round midnight".

    Soit il répondait "Oui" et restait un homme, un homme délesté de 300 000 francs, mais un homme. Pas un zombie post-moderne.

    Homo mathematicus aurait il supplanté homo faber et homo credulus pour aboutir à Homo Festivus Festivus, le dernier homme, notre contemporain ? il semble, il semble...mais l'antidote donnée par Brunschvicg est là qui sauve de l'abîme : que nous importe "l'humanité en extension", à nous qui connaissons "l'humanité en compréhension" ? que nous importe l'holocauste nucléaire, à nous qui sommes établis dans la seule éternité qui vaille, celle du "maintenant", de l' éternel présent ?

    Redevenons vulgaires et cyniques, puisqu'on l'exige de nous : s'il répondait "Non" il perdait tout, s'il répondait "Oui" il perdait 300 000 francs. Nouvelle version du pari pascalien, sauf qu'ici il ne s'agissait pas d'un pari sur une vague promesse pour le "post mortem" mais d'un Savoir démonstratif indubitable. Wronski avait dû lui démontrer (sous une autre forme) ce que j'ai démontré ici : à savoir, qu'il existe bien un Dieu, un absolu, et qu'il n'est autre que la Pensée Infinie par laquelle Hegel nomme aussi Dieu : la "source de vérité" qui nous meut, la Raison. Dans le langage du messianisme wronskien, la Raison absolue qui donne à l'humanité la possibilité (ou pas!) de procéder à son auto-création (ou de s'effondrer dans l'animalité). Kojève et Fukuyama, avec leur "fin de l'Histoire", ne disent pas autre chose.

    Ou encore : soit il acceptait le choix forcé par Wronski, ce qui voulait dire (en leur langage codé que ne pouvait pas comprendre le tribunal, mais les tribunaux ont ils encore quelque chose à faire là dedans ? rappelons nous que nous sommes en 1820, l'homme post-moderne, "festivus festivus" et "antifacho sur rollers" avec son "envie de pénal" n'a pas encore paru sur la scène) qu'il admettait qu'il est un Absolu unique qui est justement à l'oeuvre dans le fait qu'on puisse répondre par oui ou par non. Mais alors s'il entre dans ce choix, cela veut dire qu'il entre dans la carrière de l'absolu, donc qu'il a déjà répondu "OUI". Donc il est forcé de répondre OUI. Car s'il répond NON, cela signifie qu'il répond NON tout en ayant toujours déjà répondu OUI. L'Absolu s'effondre dans la pusillanimité de la simple présence animale, du "ceci" singulier. Mais alors il ne peut plus répondre à l'appel, ni même être appelé. Il a sauté hors de son nom, celui qui lui a été donné justement par celui qui l'a mis sur cette voie. Mais on ne peut pas sauter dehors, justement. Ce qui peut seffondrer c'est le "hors concept". Mais lui est dans le Concept, puisque justement il a été initié par Wronski. Donc la réponse est forcée par le fait même qu'il y ait la question. Et cette question ne peut lui être adressée que parce qu'il est entré pour toujours dans la "terre des questions". L'être il est vrai s'identifie ici au Savoir, en ce que l'inconsistance logique (le fait de répondre non alors qu'il a toujours déjà répondu oui) s'identifie avec l'anéantissement de l'être.

    Oedipe n'était autre que le Sphinx lui même.

    Il n'a sans doute pas fallu longtemps au banquier Arson pour faire son calcul et choisir la seule case concevable : celle du "OUI" (exactement l'inverse du choix laissé aux français en 2005 donc).

    C'est cela, la Sagesse forcée de Badiou  (ou encore la Voie de l'homme rusé de Gurdjeff). Qui n'a rien à voir avec TINA (le "there is no alternative" de Margaret thatcher), c'en est même exactement l'inverse.

    Il est d'ailleurs aussi remarquable de constater que cet épisode rappelle un des grands rêves par lesquels Descartes a commencé sa carrière de géant, rêves rapportés par Baillet : il voyait en songe un manuscrit sur lequel est écrit "EST ET NON" (OUI et NON).

    Il ne lui restait plus qu'à décrire la méthode (dans le Discours) qui n'est autre que la "mathesis universalis" des "Regulae ad directionem ingenii". Méthode (ou Voie) qui se confond avec le Palais (à jamais inacessible, et pour cause, si l'on prend au sérieux l'idée que le pas vers la fin ne mène qu'à une fin qui est un nouveau pas) auquel elle mène....

    "A Xanadu donc Koubla Khan se fit contruire un splendide palais" : ce sont aussi ces vers de Coleridge qui signent le début de Citizen Kane

    Publié par topos à 15:22:40 dans Histoire | Commentaires (0) |

    Un article important de REDEKER sur le nouveau corps | 15 octobre 2009

    http://www.rebelles.info/article-le-nouveau-corps-de-l-homme-entre-sport--publicite-et-pornographie--37441906.html

    "Le nouveau corps de l'homme entre sport, publicité et pornographie"

    On pourra s'étonner du ton neutre, détaché, voire même quelquefois admiratif avec lequel Redeker aborde cette épouvante post-moderne : la substitution de la médecine à la religion et l'identification du corps au moi, l'invention par notre époque d'un corps nouveau qui n'a rien  à voir avec celui que prétendaient apporter les régimes totalitaires.

    quelques formules frappantes :

     "Le corps nouveau, c'est avant tout le corps qui a absorbé le moi, qui a en quelque sorte gobé le moi."

    La démiurgie publicitaire et pornographique de notre époque est replacée dans sa dimension "eschatologique" , consistant à "prendre la place" du Grand Oeuvre alchimique (qui était, rappelons le, d'ordre spirituel):

    "Depuis son apparition sur le cadavre de feu la réclame, la publicité accomplit un grand oeuvre de portée anthropologique : une transmutation majeure. Le grand oeuvre de la publicité consiste dans une double sublimation : le rabattement du moi sur le corps, et l'élévation du corps au moi. "

    Redeker fait la démonstration imparable du fait que sport (le sport médiatisé à l'extrême et technologisé, dans le dopage par exemple) , publicité et pornographie ne sont pas des "accidents contingents" de notre société, mais appartiennent à son essence même:

    "Le sport, la publicité et la pornographie ne sont pas des zones secondaires de notre modernité, de simples divertissements. N'étant pas une simple mise en spectacle des corps tels qu'ils existent, ils sont plutôt le logiciel programmatique du corps humain à venir. Matriciels, voyons en eux le berceau de l'homme du XXIe siècle. Un point commun les rassemble : l'âme et le moi, appelés à perdre leur indépendance, s'y dissolvent dans le corps"

     Il est donc vain, par exemple, de rêver d'un sport sans dopage...

    et la "croisade" que j'envisageais dans un article récent tourne court : on ne peut pas sauter par dessus son époque, on ne peut pas dire : "arrêtez le monde ! je veux descendre !"

    ou alors...ou alors...le peut on ?

    C'est ce que prétendent en tout cas, d'une part les "révolutionnaires" en peau de lapin du genre Tiqqun, altermondialistes, écologistes, NPA, Julien Coupat et toute cette bande d'énergumènes au cerveau complètement lobotomisé par la propagande de quelques illuminés, ou de quelques leaders très malins..

    mais aussi, d'autre part, des "cherchants" d'un tout autre domaine que celui du rationalisme scientifique et philosophique : celui de l'ésotérisme au sens large.

    Il est ainsi un roman de Mircea Eliade, "Les dix neuf roses" qui décrit un groupe d'hommes cherchant  à "sortir de l'Histoire", grâce à un "passage" réservé à un petit nombre d'élus, chaque année, le  25 décembre (les deux solstices sont appelés "porte des hommes" et "porte des dieux" dans l'ésotérisme hindou) :

    http://www.mollat.com/livres/mircea-eliade-les-dix-neuf-roses-9782070394906.html

    et c'est d'ailleurs là le rêve qui sous-tend toute son oeuvre, tout autant que celle d'un Guénon, ou, dans un tout autre sens, d'un Cioran.

    Car si l'histoire n'est rien d'autre que "chute dans le temps" (Cioran) ou "éloignement progressif et accéléré du Principe" (Guénon), alors le salut ne peut consister qu'à s'en affranchir...

    Il ne faut pas se le cacher, et c'est ce que souligne l'article de Redeker, c'est aussi une telle "sortie", ou "fin de l'histoire", que cherche notre époque démiurgique. Le matérialisme démocratique n'est pas tout à fait matérialiste, ni démocratique d'ailleurs...

    Dans le même ordre d'idées, est annoncée depuis longtemps l'irruption "messianique" de la Singularité, à savoir cette cassure finale ou la vitesse du progrès technologique deviendra si rapide que l'on assistera à une mutation ontologique de l'humanité et donc de l'histoire et de la "réalité" même. Le corps humain sera complètement transformé grâce aux nanotechnologies, et l'immortalité sera accessible puisque l'on pourra "télécharger" son esprit, sa conscience, exactement comme un logiciel informatique...

    voir là dessus les sites et ouvrages de Ray Kurzweil, le grand Gourou-Messie de cette société ... pas si secrète que ça, puisqu'ils vous envoient une lette quotidienne par email si vous en faites gentiment la demande à  http://www.kurzweilai.net/index.html?flash=1 , voir aussi :

    http://singularity.com/

    http://en.wikipedia.org/wiki/Raymond_Kurzweil

    http://en.wikipedia.org/wiki/Technological_singularity

    http://books.google.fr/books?id=88U6hdUi6D0C&dq=ray+kurzweil+singularity&printsec=frontcover&source=bn&hl=fr&ei=AujWSobCL8OJ4QbO8bjWCA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=9&ved=0CC0Q6AEwCA#v=onepage&q=&f=false

     

    Il y a quelques années sur Arte on a pu voir un film sur l'influence de la Kabbale hébraïque et du mythe du Golem sur ces technologies de pointe de la Silicon Valley : Ray Kurzweil y était longuement interviewé, et il est évident qu'il s'agit d'un expert (sur le Golem en particulier).

     Quant à nous, nous resterons les convives de pierre, et nous ne prendrons pas part à ces noces, ni à ce festin !

    Redeker a raison de citer Descartes dans son article , pour souligner combien notre époque se caractérise par la rupture avec ce qui est la fondation même de la modernité, le cartésianisme au sens large (comprenant Malebranche, Spinoza...jusqu'à Brunschvicg), combien notre époque donc n'est plus moderne, mais post-moderne :

    «Au XVIIe siècle, le cogito de Descartes, "Je pense donc je suis", s'institue de ce que justement la pensée, assimilée au "je", lui-même assimilé à l'âme, se dévoile en tant que distincte du corps : un corps ne peut penser, encore moins se penser comme "je" »

    Eh bien nous, nous préférons obéir au mot d'ordre de Rimbaud : "Il faut être absolument moderne".

    Car enfin, qu'est ce que c'est, le "corps nouveau", ou même la "Singularité" ?

    rien d'autre que de nouvelles transcendances, de nouvelles "autorités", venant s'ajouter aux anciennes : Dieu des religions, à savoir le Dieu d'Abraham et non pas le Dieu des philosophes et des savants qui est immanence radicale ; corps ; monde; argent; nations, groupes communautaires, religions, "races", tribus...; sexe ; prolétariat ; langage; police; curés ; rabbins; psychiatres ; barmen ; la petite caissière asiatique ensorcelante à la supérette en bas de chez moi...etc..etc..etc...

    Ainsi, pour mes 90 ans, on me téléchargerait un pénis  quantique ? je deviendrais le Rocco Siffredi du 3ème millénaire ?

    c'est ma femme qui va être surprise, comme dirait l'inspecteur Colombo, surtout que ça risque de se bousculer au portillon...prévenez les martiennes !

    S'échapper de la Jérusalemn terrestre-céleste pour tomber dans une partouze cosmo-planétaire ?

    non merci ! je suis de l'ancien temps moi...celui où l'on apportait un bouquet de roses à la dame....

     Etre "absolument modernes", pour nous, c'est garder jusqu'au bout la fidélité au fondateur de la modernité, à Descartes donc, et au cartésianisme (celui de Malebranche, Spinoza, Fichte et Brunschvicg ), ce qui veut dire pousser jusqu'au bout  la pensée de Descartes....une tentative que personne n'a osé accomplir, à part quelques rares penseurs comme Brunschvicg, ou Husserl.

    la "cassure en deux" de l'Histoire, elle a déjà eu lieu, avec Copernic, Galilée  et Descartes...

    Le cogito de Descartes nous semble être cette rupture inouïe, ce "partage de la ligne des temps", qui peut encore aujourd'hui, surtout aujourd'hui, briser la prison et les chaînes où la démoniaque mondialisation nous enferme, nous ligote  de plus en plus étroitement.. comment nous libère t'il sans même faire usage de grenades ?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Prisonnier

    en ouvrant sur Dieu, le Dieu des philosophes et des savants(bien que Descartes soit toujours resté "fidèle à la religion de sa nourrice", i e bon catholique, et qu'il y ait des ambiguïtés entre Dieu de la bible et Dieu des philosophes dans son oeuvre, mais où n'y en a t'il pas ?) .

    Dieu qui ne se découvre que dans la conscience, pas dans le ciel, ou dans une éprouvette, ou une puce quantique...

    "J'ai premièrement en moi la notion de l'infini que du fini, c'est à dire de Dieu que de moi-même"

    "la nature intellectuelle qui, non limitée, nous donne l'Idée de Dieu et limitée, celle d'un ange ou d'une âme humaine".

    Nous voulons donc faire l'ange plutôt que le cyborg... au risque de faire la Bête.

    Publié par topos à 12:44:35 dans Philosophie | Commentaires (0) |

    AMADEUS | 14 octobre 2009

    Je ne suis pas spécialiste, mais il semble que le film de Milos Forman, Amadeus (1984) s'éloigne un tant soit peu de la vérité historique :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Amadeus_(film)

    mais peu importe, car il raconte une histoire , et quelle histoire chargée de sens, et c'est ainsi qu'il faut le considérer.

    Comme c'est Antonio Salieri qui parle , lors de sa confession en 1823, c'est bien lui le personnage central du film. Et toute l'intrigue consiste en la descente aux enfers de cet homme qui s'est voué à Dieu et à la musique, à la musique comme service de Dieu, comme rendant grâce à Dieu.

    J'ai beaucoup apprécié le film, que j'ai vu plusieurs fois, malgrès ses défauts évidents, mais si j'en parle ici, c'est évidemment parce qu'il s'agit d'une illustration presque parfaite du discours que je tiens ici depuis des années.

    C'est d'ailleurs là l'un des principaux défauts du film : le trait est un peu trop forcé, le personnage est presque caricatural, en particulier au cours de la scène où, dépité, il raconte brusquement à l'ecclésiastique qui l'entend en confession, après sa tentative de suicide , la manière dont brusquement il a décidé de ne plus servir dieu , mais au contraire de contrecarrer ses desseins, par jalousie envers Mozart. Ce Mozart qui lui est tellement supérieur musicalement parlant, et encore, supérieur n'est pas le bon terme : Mozart est l'infini, Salieri le zéro, et il le sait, puisqu'il est musicien.

    Et ce savoir le tue.

    quel est il, le sens ? il est tellement évident que l'on pourrait là aussi accuser Forman d'avoir forcé le trait. Je ne le connais pas, je ne sais pas quel était son but, peut être, sans doute même, compte tenu de ce que je sais quand même de lui, voulait il faire un film athée, montrant que le génie (et Mozart est un génie, personne ne pourra le nier) est non seulement par delà le Bien et le Mal, mais par delà Dieu et le diable.

    Salieri sacrifie tout à Dieu, il se voue entièrement à lui et à sa gloire pense t'il, il sacrifie même sa vie sexuelle en s'obligeant à rester chaste pour mieux "sublimer" dans sa musique (croit il).

    Eh bien non ! Salieri est profondément impie et athée.

    Le véritable esprit religieux, c'est Mozart, Mozart qui dans le film est le paillard qui trousse toutes les jolies filles qui passent à sa portée, Mozart qui s'nivre, Mozart sûr de lui même et d'un immense orgueil, l'orgueil des gens vraiment supérieurs et qui le savent.

    Seulement, pour s'en convaincre, il faut accepter les thèses énoncées ici à propos du dieu des philosophes, qui est le Dieu véritable, le Dieu en esprit et en vérité, et de son opposition et incompatibilité radicale avec le Dieu des religions, le Dieu d'Abraham.

    Car à quel "Dieu" peut on "sacrifier" quelque chose, ce que l'on a de "meilleur" : le premier né des israélites dans la Torah, et notamment Isaac, premier né d'Abraham, ou Ismael dans le Coran ?

    Au Dieu d'Abraham , pour qu'il nous rende quelque chose en retour, ne fût ce que pour que sa colère ne s'enflamme pas contre nous!

    Cela, c'est l'esprit de sauvagerie qui animait les antiques tribus au milieu desquelles est né le monothéisme, et c'est l'esprit qui anime Salieri.

    il sacrifie tout à Dieu, et pense "mériter" quelque chose en retour, la gloire musicale. Or quand il voit que c'est Mozart qui obtient cette gloire, Mozart le paillard, Mozard le buveur, Mozart le moqueur, le méprisant, alors Salieri commence  à sombrer dans la folie.

    Car enfin : quand on croit au Dieu des religions (et Salieri y croit) , le Dieu qui sait tout et qui peut tout, comment peut on former le projet de "lutter contre les plans de Dieu" ? à moins d'être complètement fou !

     Salieri sombre donc dans la folie, et tombe dans l'enfer de "ces 32 années de torture" que Dieu lui a donné de vivre après la mort de Mozart.

    Mais cette folie, elle était déjà en lui depuis le début : elle consiste à vouloir "échanger" quelque chose avec Dieu : je te sacrifie ma vie , je reste chaste pour Toi, mais en retour tu me dois la Gloire, sinon tu n'es pas juste.

    Comme il en va différemment avec le Dieu des philosophes, et avec la religion épurée de tout soupçon de matérialisme que la philosophie véritable a pour "mission" de promouvoir !

    Le Dieu des philosophes n'est pas "quelqu'un " qui nous connaît individuellement par notre nom et a la "puissance" d'intervenir dans le cours des évènements pour nous punir ou nous récompenser.

    Il est radicalement immanent à la conscience, et la "récompense" ou la "punition" , c'est nous même qui nous l'infligeons ou nous la conférons!

    La chute dans l'enfer qui est celle de la vie de Salieri, ce n'est rien d'autre que sa propre manière délirante d'envisager la vie et le monde.

    Ici encore, je ne peux faire mieux que de citer, encore une fois, Brunschvicg :

    «si les religions sont nées de l'homme, c'est à chaque instant qu'il lui faut échanger le Dieu de l'homo faber, le Dieu forgé par l'intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l'homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d'aimer, qui menace d'en restreindre l'espérance et d'en limiter l'horizon....

    Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l'égoïsme inhérent à l'instinct naturel....

    ....le juste parfait, quelle que soit sa destinée, du point de vue physique ou social, est heureux non en songeant à l'avenir, par l'espoir d'un temps où serait matériellement compensé et récompensé le sacrifice actuel, mais par une joie immédiate, intérieure et pleine qui ne laisse place à aucune idée de sacrifice....

    ....L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également»

    Ne dirait on pas que ces paroles ont été prononcées à l'intention de Salieri, pour le ramener à la raison peut être et le "sauver" ?

    Publié par topos à 18:32:20 dans Cinéma | Commentaires (0) |

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    Notre CREDO

    "le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan" Léon BRUNSCHVICG

    Moi

    qui pourrait  mieux parler de moi que  moi ? mais qui pourrait mieux parler de moi que n'importe quel autre, qui me voit en face à face ?


    une fourmi noire, 


    dans la nuit noire,


    sur la terre noire,


    sous une pierre noire,


    D-ieu seul la voit


    et ici le diable souffle : Dieu....et la police, peut être ?)

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